WEF 2007 - Micheline Calmy-Rey défend la société multiculturelle

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WEF 2007 - Micheline Calmy-Rey défend la société multiculturelle

La présidente de la Confédération Micheline Calmy- Rey a défendu samedi la société multiculturelle.

La présidente de la Confédération Micheline Calmy- Rey a défendu samedi la société multiculturelle. Intervenant à l'Open Forum de Davos, elle a affirmé que la volonté de respecter les différences unissait les Suisses et a appelé à œuvrer pour réussir l'intégration des étrangers.

«Une culture unique constitue la fin de la culture», a déclaré la présidente de la Confédération lors de son discours d'ouverture d'un atelier de l'Open Forum consacré à la société multiculturelle.

Elle a elle-même admis avoir plusieurs identités comme Valaisanne, Genevoise, un peu Bernoise, mais aussi comme femme, romande et sociale-démocrate.

La Suisse n'est pas une nation fondée sur une langue, une religion et une appartenance ethnique uniques, a-t-elle rappelé. «Ce qui nous unit, c'est la volonté de respecter chaque individu et chaque groupe dans sa différence et, en même temps, la volonté de prendre en main de façon commune les préoccupations communes», a-t-elle déclaré.

Egalité des chances

Elle a ajouté que la question de la diversité en Suisse était également posée par la communauté étrangère, qui représente 21% de la population du pays. «La diversité n'est alors pas une illusion en Suisse, mais une réalité», a-t-elle déclaré pour répondre à l'interrogation de l'atelier de l'Open Forum.

Et les étrangers ou les immigrés de première génération sont plus pauvres et davantage au chômage que la moyenne suisse. Les immigrés de deuxième génération sont en revanche en moyenne mieux représentés dans les universités que les Suisses.

Plaidant pour l'intégration et l'égalité des chances, elle a souhaité que les statistiques ne soient plus différentes à l'avenir entre les ressortissants suisses et les étrangers.

Optimiste

Mme Calmy-Rey est restée optimiste sur la capacité de la Suisse à gérer les évolutions de sa société, grâce à son histoire marquée par les migrations. Elle a appelé à débattre des différences de valeur, sur l'intégration des étrangers et sur l'identité.

«La Suisse est historiquement perçue comme un exemple d'une intégration réussie. Je ne vois pas pourquoi elle ne pourrait pas surmonter les défis modernes de la cohabitation multiple», a-t-elle lancé.

Elle a toutefois demandé que tous les habitants de la Suisse respectent la Constitution fédérale et les règles juridiques et sociales. «Celui qui ne suit pas ces règles sera sanctionné», a-t-elle déclaré.

Intégration

Pour le conseiller national Hans Fehr (UDC/ZH), l'intégration, notamment des musulmans, ne peut être réussie que par la langue, le travail et le respect du droit. Et les immigrés doivent rester une minorité, a-t-il déclaré, évoquant des propos du général Charles de Gaulle, ancien président français.

L'islamologue zurichoise Rifa'at Lenzin a elle déclaré que le monde chrétien n'intégrait pas très bien les représentants des autres confessions. Le pasteur Thomas Wipf, président de la Fédération suisse des Eglises protestantes (FEPS), a remis en cause cette idée en rappelant la coexistence entre les religions à Jérusalem depuis des siècles.

(ats)

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