Actualisé 29.01.2019 à 12:50

Festival SundanceWeinstein revient à Sundance... dans un film

Un documentaire sur la chute du producteur Harvey Weinstein a été présenté au Festival Sundance dans l'Utah vendredi.

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afp/mag
AFP/Eduardo Munoz Alvarez

Pendant plus de vingt ans, Harvey Weinstein a fait la pluie et le beau temps au festival de Sundance, déboursant des millions de dollars pour acquérir les pépites du cinéma indépendant. Il y revient cette année, mais dans un film, «Untouchable», qui retrace sa chute brutale en donnant la parole à ses victimes.

Signé Ursula Macfarlane, «Untouchable» («Intouchable»), n'a pas pour objet de faire de nouvelles révélations, mais plutôt de retracer, le plus scrupuleusement possible, la grandeur et la décadence de celui qui fut l'un des hommes les plus puissants d'Hollywood - et attend aujourd'hui son procès pour viol et agression sexuelle.

Les victimes racontent

Le festival de Sundance (qui se déroule chaque année aux Etats-Unis, dans l'Utah), ancien terrain de chasse de Weinstein, a présenté le film vendredi en avant-première mondiale, quelques heures après la projection de «Leaving Neverland», un documentaire-fleuve donnant la parole à deux jeunes hommes assurant avoir été agressés sexuellement par Michael Jackson durant leur enfance.

Ce sont aussi les victimes qui constituent la colonne vertébrale de «Untouchable». Inconnues ou célèbres, elles racontent les abus, les menaces et l'appétit sexuel insatiable de Weinstein, agissant en toute liberté et en toute impunité. Parmi elles, l'actrice Rosanna Arquette, l'une des premières à avoir publiquement accusé le producteur dans un article du New Yorker signé Ronan Farrow. «Il était temps», a-t-elle déclaré à l'AFP sur le «tapis noir» de l'avant-première. «On voyait de plus en plus d'agressions, et d'abus de pouvoir de la part d'un homme très puissant, qui pouvait détruire une vie d'un claquement de doigts. Il était vraiment temps».

«Changement de paradigme»

Ursula Mcfarlane a été contactée par les producteurs d'«Untouchable» juste après les révélations du New York Times et du New Yorker, en octobre 2017. Elle a dit oui sans hésiter, confie-t-elle à l'AFP. «Trump s'était installé à la Maison Blanche, et il y a eu ce grand moment, la Marche des Femmes», se souvient-elle. «Je pense que les gens sentaient la colère monter en voyant ce type (Harvey Weinstein) et plein d'autres comme lui, s'en sortir toujours, sans jamais être inquiétés».

«Cela fait des dizaines d'années que des femmes ont essayé de parler et de révéler l'histoire, poursuit la réalisatrice, mais elles ne pouvaient pas, parce que tout le monde avait peur. Ce niveau de pouvoir et de crainte qu'il était capable de susciter, c'est très choquant».

Ursula Macfarlane pense elle aussi que le changement est irréversible. «La prise de conscience du problème est clairement en train de changer et je pense que le monde d'Harvey Weinstein n'existera plus, je le pense vraiment. Mais cela pourrait prendre plus de temps que nous ne le souhaitons. C'est ça le problème».

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