Affaire «Tigris»: Widmer-Schlumpf ordonne une enquête
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Affaire «Tigris»Widmer-Schlumpf ordonne une enquête

La conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf a ordonné une enquête sur l'unité d'intervention rapide de la police judiciaire fédérale «Tigris».

La sous-commission de gestion du Conseil national chargée de son département va également poser des questions.

La ministre de justice et police a indiqué samedi en marge de l'assemblée des délégués du PBD qu'une enquête allait être menée sur les activités de cette troupe de choc, dont l'existence a été dévoilée jeudi par la «Weltwoche» et confirmée par l'Office fédéral de la police (fedpol).

Eveline Widmer-Schlumpf veut notamment savoir dans quel contexte les interventions de «Tigris» ont eu lieu ces trois ou quatre dernières années, et si certaines outrepassaient son mandat, a-t- elle déclaré dimanche dans un entretien au journal dominical «Zentralschweiz am Sonntag». Elle attend des réponses claires «ces prochains jours».

Pas de dissolution en vue

«Un groupe d'intervention fédéral ne peut être engagé qu'en collaboration avec des corps de police cantonaux, sauf s'il s'agit de tâches précises, notamment d'envergure internationale. Tout le reste de la politique de sécurité est du ressort des cantons».

Il s'agit aussi de savoir quels cantons étaient au courant et lesquels ne l'étaient pas, ajoute Eveline Widmer-Schlumpf. Certains affirment qu'ils travaillent très bien et de manière intensive avec «Tigris», explique la ministre.

Pour la cheffe du département de justice et police, dissoudre l'unité de choc serait «une réaction disproportionnée». Cette troupe a une existence officielle et les commandants de police ont été mis au courant en 2005. L'important est que les compétences de «Tigris» soient clairement définies.

Politiques fâchés

De nombreux politiciens fédéraux ont en tout cas été fâchés d'apprendre par la presse l'existence de «Tigris». La présidente de la sous-commission de gestion du National chargée du DFJP, Maria Roth-Bernasconi (PS/GE), a annoncé dans plusieurs médias qu'elle allait poser rapidement des questions à son sujet. Elle veut connaître les bases légales de cette troupe et savoir si le Parlement n'aurait pas dû approuver sa création.

Rien d'étonnant à ce que de nombreux parlementaires n'aient pas été au courant de l'existence de «Tigris», selon Eveline Widmer- Schlumpf. La faute au renouvellement du Parlement, estime la conseillère fédérale dans «Zentralschweiz am Sonntag». Et de préciser que les membres de la sous-commission avec lesquels elle travaille sont tous des nouveaux.

Pas une troupe de sécurité

Composée de 14 membres, «Tigris» a été créée dans le cadre du projet d'efficacité destiné aux autorités de poursuite judiciaire de la Confédération, selon fedpol. Ses coûts sont comptabilisés dans le budget de la police fédérale et elle se trouve sous le contrôle des commissions de gestion du Parlement, affirme l'office.

Fedpol réfute l'argument selon lequel «Tigris» comporte des éléments de police de sécurité. La troupe est engagée lors de menaces accrues sur ordre du Ministère public de la Confédération ou de l'Office fédéral de la justice.

Lorsque son engagement est demandé par un canton, les lois cantonales s'appliquent. Dans ces cas, l'intervention se déroule toujours avec l'accord des autorités cantonales, indique fedpol.

(ats)

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