Affaire Polanski: Widmer-Schlumpf prévenue de l'arrestation
Actualisé

Affaire PolanskiWidmer-Schlumpf prévenue de l'arrestation

La ministre de la justice Eveline Widmer-Schlumpf a été prévenue vendredi que Roman Polanski serait interpellé samedi à Zurich.

L'Office fédéral de la justice l'a exceptionnellement avertie.

«L'office a fait une exception car il a jugé qu'il s'agissait d'un cas particulier qui allait entraîner des réactions politiques», explique la ministre. Ses propos sont reproduits dans l'édition de mercredi de la «Neue Zürcher Zeitung».

La ministre souligne que cette décision n'a pas eu d'influence sur la procédure juridico-policière. Elle estime en outre qu'il n'y a «par principe» pas d'intervention politique dans une procédure de ce type.

Eveline Widmer-Schlumpf a répété qu'il n'y avait aucune raison de ne pas exécuter le mandat d'arrêt délivré par les Etats-Unis. Dans pareil cas, la Suisse aurait attendu la même attitude d'un autre pays.

Roman Polanski, 76 ans, a été arrêté samedi à sa descente d'avion à Zurich. Il se rendait à un festival qui allait le récompenser pour l'ensemble de son oeuvre. Le cinéaste franco-polonais a notamment obtenu un Oscar et la Palme d'or de Cannes pour «Le Pianiste» sorti en 2002.

Il est recherché par la justice américaine après une procédure ouverte en 1977 pour pédophilie. Il pourrait, dans les 40 jours, être extradé vers les Etats-Unis. Il s'est opposé à son extradition et ses avocats ont déposé mardi une demande de mise en liberté.

(ats)

Polanski ne manque de rien

Le cinéaste franco-polonais Roman Polanski, arrêté samedi à son arrivée à Zurich, est détenu dans une cellule «rudimentaire» et reçoit 5 francs suisses (environ 3 euros) d'argent de poche par jour, selon des témoignages recueillis par la presse suisse. «Nous l'avons rencontré en toute liberté hors de sa cellule», a raconté Marek Wieruszewski, consul de l'ambassade de Pologne à Berne, cité par le quotidien suisse Le Matin.

«Il nous a fait savoir qu'il ne manquait de rien et qu'il était très bien traité. Cela ne signifie pas pour autant qu'il est heureux de son sort», a-t-il poursuivi.

Selon le journal lausannois, le réalisateur, âgé de 76 ans, dispose d'une cellule «rudimentaire, composée d'une table, d'un lit, d'une armoire murale, d'un lavabo, de toilettes et d'un poste de télévision».

Le nom de la prison demeure pour l'heure inconnu. Des sources proches du dossier ont indiqué que M. Polanski serait détenu dans une des neuf prisons du canton du Zurich, mais que sur demande du cinéaste son lieu de détention ne devait pas être révélé.

Le personnel pénitentiaire lui a remis des survêtements et lui donne 5 francs suisses d'argent de poche par jour, a précisé le quotidien.

Son petit-déjeuner, apporté en cellule, est composé de café, de pain, de beurre et de confiture, tandis que le déjeuner est servi au réfectoire. Le soir, les détenus reçoivent un dîner composé de pain et de fromage.

Roman Polanski a droit à une promenade d'une heure par jour dans la cour. Il a accès «sporadiquement» à un téléphone fixe et sa femme, l'actrice Emmanuelle Seigner, ne peut le rencontrer qu'une heure par semaine, selon le consul.

Roman Polanski, arrêté samedi à sa descente d'avion à Zurich sur mandat américain alors qu'il se rendait au Festival du film de la ville, avait refusé lundi par l'intermédiaire de son avocat une extradition vers les Etats-Unis par une procédure simplifiée.

Ses avocats ont déposé mardi une demande de mise en liberté, que le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone (sud de la Suisse) est en train d'examiner.

La justice américaine lui reproche des «relations sexuelles illégales» en 1977 avec une mineure de 13 ans.

Ton opinion