Merz hospitalisé: Widmer-Schlumpf remplace Hans-Rudolf Merz
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Merz hospitaliséWidmer-Schlumpf remplace Hans-Rudolf Merz

Au lendemain de son quintuple pontage coronarien, l'état de santé du conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz laissait apparaître des premiers signes positifs lundi. Pendant sa convalescence, c'est Eveline Widmer-Schlumpf qui assurera l'intérim à la tête des finances.

Ainsi en a décidé le Conseil fédéral lundi matin. La suppléante de Hans-Rudolf Merz, Eveline Widmer-Schlumpf, s'est dite prête à reprendre les dossiers que le grand argentier devait défendre devant le Parlement et le Conseil fédéral.

Pas de répit

A peine sortie de la séance extraordinaire du gouvernement, la cheffe de justice et police a dû joindre la parole aux actes et remplacer Hans-Rudolf Merz lors de l'heure des questions au Conseil national. «Je vais faire en sorte qu'il ne doive pas se fâcher à son retour aux affaires, du moins pas contre moi», a lancé la Grisonne.

Comme Hans-Rudolf Merz, celle qui a dirigé les finances de son canton avant d'accéder au Conseil fédéral aura des contacts réguliers avec la Banque nationale. Devant la presse, le président de la Confédération Pascal Couchepin s'est voulu rassurant quant au suivi de la crise financière internationale.

La question d'un retour de M. Merz à son bureau ou d'une éventuelle démission devra être réglée d'ici la session d'hiver des Chambres, en décembre. M. Merz se déterminera d'ici là ou, dans le pire des cas, ce sera à sa famille de la faire, a expliqué Pascal Couchepin.

Nouvelles rassurantes

Des premiers signes positifs sont parvenus de l'hôpital lundi matin. Après une nuit calme, la pompe intra-aortique qui avait été posée sur Hans-Rudolf Merz dimanche à St-Gall a pu être retirée par les médecins de l'Hôpital de l'Île à Berne.

Autre indice qui laisse à penser que le quintuple pontage coronarien a été efficace, le dosage des médicaments administrés pour soutenir le coeur a également été réduit. «Les fonctions cardiaques et respiratoires du conseiller fédéral sont stables», a résumé le professeur Thierry Carrel, qui a dirigé l'intervention pratiquée dimanche soir.

Inconnue neurologique

Quant au pronostic neurologique, «il est encore trop tôt pour se prononcer», a averti M. Carrel. Sauf événement imprévu, les premiers examens neurologiques n'auront pas lieu avant mercredi.

Selon Thierry Carrel, aucun signe indirect ne laisse pour l'instant présager d'éventuels dégâts au cerveau. Mais en tous les cas, une «réponse définitive ne pourra pas intervenir avant plusieurs jours au moins», estime le chef de la chirurgie cardiaque.

Prochaine étape, les sédatifs qui maintiennent le vice-président de la Confédération dans un coma artificiel seront progressivement réduits. Il est cependant impossible de dire quand Hans-Rudolf Merz se réveillera.

St-Gall puis Berne

On en sait par contre un peu plus sur les circonstances de l'accident cardio-vasculaire qui a frappé le conseiller fédéral samedi soir. M. Merz s'est effondré dans la voiture d'une connaissance qui le ramenait chez lui après une promenade à Herisau.

La conductrice a fait demi-tour et a immédiatement conduit M. Merz à l'hôpital d'Herisau, où il a été réanimé, a indiqué un membre de sa famille. Dans la nuit de samedi à dimanche, le conseiller fédéral a été transporté à l'hôpital cantonal de St-Gall où les médecins l'ont plongé dans un coma artificiel. M. Merz a été héliporté à Berne dimanche après-midi.

Pas claire

Quant à la cause de l'arrêt cardiaque, elle reste «très difficile à établir», selon Thierry Carrel. Une plaque instable a pu boucher une artère coronaire. Sans irrigation suffisante, la tension a alors chuté, le pouls est devenu plus lent, M. Merz s'est évanoui et le coeur s'est arrêté.

Ce scénario n'est cependant qu'une reconstitution «spéculative», avertit M. Carrel. Dans l'urgence, il est en effet impossible de mettre en place une surveillance des fonctions cardiaques. D'où l'incertitude sur la durée de l'arrêt du coeur et ses éventuelles conséquences neurologiques.

(ats)

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