Cylisme sur piste: Wiggo: «Je n'ai pas aimé la route autant que la piste»
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Cylisme sur pisteWiggo: «Je n'ai pas aimé la route autant que la piste»

Bradley Wiggins, multiple champion du monde et olympique, a remporté jeudi à Granges (SO) son 1er titre européen. Pour sa plus grande joie.

par
Oliver Dufour
Granges
Le Londonien (au centre) a renoué avec des sensations jamais oubliées, dans le Vélodrome Suisse.

Le Londonien (au centre) a renoué avec des sensations jamais oubliées, dans le Vélodrome Suisse.

Fraîchement auréolé avec ses coéquipiers dans la poursuite par équipe, juste devant le surprenant quatuor suisse, le vainqueur du Tour de France 2012 s'est également montré élogieux avec les protégés de Daniel Gisiger, qu'il voit comme de sérieux concurrents l'été prochain, aux Jeux olympiques de Rio. Samedi, il ne s'alignera finalement pas dans la poursuite individuelle, dans laquelle son duel avec le Thurgovien Stefan Küng, champion du monde en titre, aurait sans doute valu son pesant d'or. «J'aurais bien aimé me comparer à lui, mais je ne me concentre pas sur lui non plus», a pour sa part commenté Küng.

Comment jaugez-vous vos courses de cette semaine, dans le Vélodrome Suisse?

C'était notre première grande compétition ensemble. Pour moi, c'était juste important d'aligner trois bonnes performances (ndlr: qualifications, premier tour et finale). Je n'avais pas couru la poursuite par équipe depuis les Jeux de Pékin, en 2008. Ca fait longtemps. En réalité, je suis juste content de pouvoir rouler toujours aussi vite, après toutes ces années sur route.

Pour vous, c'est vraiment un retour à vos premières amours?

Oui, totalement. J'ai commencé à courir sur piste quand j'étais gamin, dans des épreuves de six jours, et tout ça. Et j'ai toujours voulu finir ma carrière sur la piste, sur une note haute. Vous savez, je n'ai jamais vraiment aimé courir sur route, autant que sur piste. C'est bon d'être de retour. Ma première grande compétition, c'était en 1999, aux Mondiaux de Berlin. C'était il y a 16 ans, donc ça fait longtemps! Alors c'est sympa de toujours être ici, après tout ce temps.

Qu'avez-vous pensé des Suisses, que vous avez dominés en finale, ici?

Heiko, notre coach, les connaît plutôt bien (ndlr: l'Allemand Heiko Salzwedel avait entraîné les pistards suisses M23 l'an dernier, durant une saison, avant de redevenir responsable du secteur endurance de l'équipe de Grande-Bretagne). L'an dernier, il avait prédit que les Suisses obtiendraient une médaille à Rio. C'est une équipe qui progresse sans cesse. Ils pourraient être les gars qui nous pousseront à bout à Rio. Leur seul faiblesse, je pense, c'est qu'il n'ont pas de cinquième coureur pour faire un tournus et s'économiser. Pour notre part, nous avons plusieurs fois changé l'alignement. En plus, avec Ed Clancy, nous avons même un gars qui n'était pas là cette semaine. Ca aide vraiment d'avoir de la profondeur dans la poursuite par équipe. Là, on avait deux gars frais pour la finale, ce qui fait une grosse différence. Pour les Suisses, courir trois courses pareilles avec le même quatuor (ndlr: à chaque fois sous les 4 minutes, qui plus est), c'était quand même incroyable. Même à la fin, ils nous forcés à rouler fort. Ce n'était pas joué avant le passage de la ligne.

Que vous êtes-vous dit lorsqu'ils ont réussi le meilleur temps du premier tour, battant au passage le record de Suisse en 3'56''791?

Nous, on savait qu'on pouvait aller plus vite. Ce qu'on voulait, au premier tour, c'était juste battre les Russes. On avait un gars de 19 ans (ndlr: Matthew Gibson) dans l'équipe et c'était juste histoire de faire des essais d'alignement. J'ai aussi couru en 2e relayeur, ce que je n'avais plus fait depuis onze ans et les Jeux d'Athènes, en 2004. Comme il n'y a pas énormément de compétitions entre maintenant et Rio, il faut en profiter pour faire des essais. Mais la priorité était évidemment de remporter le titre aujourd'hui (ndlr: jeudi).

Vous avez pris un départ très osé, en finale...

Oui, on est parti forts. On savait qu'ils allaient probablement faire pareil, donc on voulait leur mettre la pression d'entrée. Ca a marché. La tactique a été bonne, mais forcément, on la paie sur la fin – enfin pas moi, personnellement ça allait! (rires) – mais on avait juste assez d'énergie pour tenir jusqu'au bout.

Twitter, @Oliver_Dufour

Il a dit:

Daniel Gisiger, entraîneur national suisse

«On a bien un cinquième homme dans notre équipe de poursuite. Celui qui courrait avec nous aux championnats du monde, c'est Olivier Beer. Mais Olivier est tombé, il s'est fracturé le doigt et comme on a aussi eu la blessure sur chute de Gaël Suter, Olivier a dû accélérer sa préparation après sa fracture (ndlr: à l'index droit) pour le remplacer dans l'omnium. Mais c'est un très bon élément de poursuite aussi. On a également Tom Bohli, qui est un bon coureur mais qui se focalise pour l'instant sur la route. Il faudra décider cet hiver s'il veut se concentrer à 100% sur la piste ou abandonner le projet. Après la course, j'ai échangé quelques mots avec Bradley Wiggins. Je voulais d'abord le féliciter. Et j'ai couru à l'époque de son père, Gary, dans le cadre des Six jours de Zurich (ndlr: dans les années 1980). Bradley est un coureur qui a fait beaucoup de bien au cyclisme sur piste en gagnant le Tour de France en tant que pistard, donc c'est un peu un modèle pour nous.»

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