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FootballWil lâché par ses proprios

Les propriétaires turcs ont claqué la porte. La faillite menace, mais le club de Challenge League est décidé à se battre.

par
Tim Guillemin
Wil
Le vice-président Roger Bigger.

Le vice-président Roger Bigger.

Keystone/Walter Bieri

Tout le monde se demandait combien de temps cela allait durer. Désormais, on sait: arrivé à l'été 2015 à Wil, Mehmet Nazif Günal a dit stop mercredi. Le milliardaire a été ulcéré par la décision de la commune de ne pas donner suite à son projet d'agrandissement de l'IGP Arena. «Il voulait investir 45 millions de francs. Ça n'aurait rien coûté à la commune», a plaidé hier le vice-président Roger Bigger, comme pour excuser le comportement de son désormais ex-propriétaire. Ce qu'il pardonne moins, c'est la manière dont s'est déroulé le retrait des investisseurs turcs, qui n'ont plus donné signe de vie récemment. Au point de ne pas verser les salaires de janvier aux 70 salariés du club.

Les Turcs s'en sont donc allés sans préavis, eux qui ont investi au bas mot 20 millions de francs depuis leur arrivée. «L'argent, ils l'ont mis, il n'y a pas de dettes mis à part les salaires de janvier. On repart avec une situation saine», a expliqué Roger Bigger. Saine, mais intenable sur le long terme, puisque les salaires offerts aux joueurs étaient mirobolants (jusqu'à 40 000 fr. par mois!). Alors, des discussions ont été menées avec chacun. Pour rester à Wil, chaque joueur doit accepter de diviser son salaire par 2, 4 ou 6. «Les premiers retours sont encourageants. Les joueurs ont compris la situation et semblent solidaires. Mais on fera les comptes à la fin», a ajouté Bigger, qui table sur un budget de 2 millions pour finir la saison. Il faudra les trouver. Sinon, ce sera la faillite. Une année après celle du FC Bienne.

«Ceux qui veulent sauver le club sont sincères»

Le latéral droit du FC Wil Dylan Stadelmann a réagi après l'annonce de la décision des propriétaires. «Franchement, on ne s'y attendait pas. Pas aussi vite, en tout cas. Evidemment, on était un peu inquiets de ne pas recevoir le salaire de janvier, mais en ce qui me concerne, je pensais qu'il s'agissait d'un coup de pression de la part des Turcs pour faire réagir la Ville. Ils ont été très déçus par le manque de considération pour leur projet de stade et ils ont décidé de ­claquer la porte. Sur le fond, je peux comprendre leur réaction, mais là, ils nous laissent tomber, nous les joueurs. Sans même nous avertir. Je suis célibataire, mais je pense à mes collègues avec des familles, ça s'annonce compliqué pour eux. Mon avenir? Je peux envisager de rester, même avec une réduction de ­salaire, mais j'ai déjà eu des ­téléphones d'autres clubs aujourd'hui (ndlr: mercredi). Je vais voir comment les choses évoluent, mais ce qui est sûr, c'est que les gens qui veulent sauver le club sont sincères.»

Ces clubs suisses coulés au XXIe siècle

Ils sont arrivés avec des discours. Souvent, ils ont vécu au-­dessus de leurs moyens. Toujours, ils ont laissé leur club dans une situation intenable, voire exsangue. Si la faillite n'était pas contemporaine à leur départ, elle guettait. Waldemar Kita (LS, 2003), Marc Roger (Servette, 2005), Bulat Chagaev (Xamax, 2012) ou Carlo Häfeli (Bienne, 2016) restent dans les mémoires romandes. Ailleurs, Helios Jermini (Lugano, 2003) ou Gabriele Giulini (Bellinzone, 2013) ont aussi laissé des traces.

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