Affaire Bettencourt: Woerth n'est plus trésorier de l'UMP
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Affaire BettencourtWoerth n'est plus trésorier de l'UMP

Le ministre du Travail Eric Woerth a confirmé mardi à la sortie du conseil des ministres qu'il allait démissionner de son poste de trésorier de l'UMP.

Le ministre français du Travail Eric Woerth a défendu la réforme des retraites du gouvernement Sarkozy en conseil des ministres, qui a été acceptée. Il a également annoncé son retrait en tant que trésorier de l'UMP.

«Je vais le faire bien sûr», a déclaré le ministre du Travail à sa sortie du conseil des ministres. Cette démission, qui lui avait été «conseillée» par Nicolas Sarkozy dans son intervention lundi soir sur France 2, ne sera cependant effective qu'à la fin du mois de juillet.

Son entourage a précisé qu'il démissionnerait «avant la fin de la journée» après en avoir parlé à Xavier Bertrand, le secrétaire général du parti présidentiel.

«Cette démission prendra effet le 30 juillet, car il faut nommer un successeur et préparer la transition», a précisé Eric Woerth dans une interview à paraître mercredi dans «Le Figaro».

Affaire Bettencourt

Eric Woerth est au centre d'une polémique sur des liens présumés avec l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt. La femme la plus riche de France est soupçonnée d'évasion fiscale et de financement illégal de l'UMP et de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Le président français a déclaré lundi soir qu'un rapport de l'Inspection générale des finances (IGF) avait lavé Eric Woerth de «tout soupçon» d'intervention sur le dossier fiscal de Mme Bettencourt quand il était ministre du Budget, de mai 2007 à mars dernier.

Le chef de l'Etat a réaffirmé toute sa confiance à son ministre du Travail mais il a ajouté qu'il lui avait demandé de se consacrer «exclusivement» à la réforme des retraites, un projet controversé outre-Jura.

Enquête indépendante exigée

Le chef de l'Etat a également annoncé la création d'une commission pluraliste pour revoir la loi sur les conflits d'intérêts, ce qui a suscité l'ironie de l'opposition.

La patronne du Parti socialiste (PS), Martine Aubry, a une nouvelle fois exigé la création d'une commission d'enquête parlementaire et la nomination d'un juge d'instruction indépendant alors que les trois enquêtes préliminaires menées sur le dossier Bettencourt sont dans les mains du parquet, dépendant du pouvoir exécutif.

Mobilisation le 7 septembre

Fort du soutien du président, Eric Woerth a présenté mardi en conseil des ministres le projet de loi qui repousse de 60 à 62 ans l'âge légal du départ à la retraite en France. Cette réforme-phare de la deuxième partie du mandat de Sarkozy a été acceptée. «C'est un grand jour», s'est félicité le chef de l'Etat.

Les principaux syndicats, qui jugent cette réforme «injuste», ont eux appelé à une journée nationale d'action le 7 septembre pour tenter d'infléchir le texte, au moment où l'Assemblée nationale commencera son examen. Ces manifestations n'auront pas «d'influence» sur la réforme des retraites, a cependant averti le chef de l'Etat.

Pour le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, «il va falloir créer les conditions pour le contraindre à changer d'avis». Le 7 septembre, «nous allons viser le plus haut niveau de mobilisation possible», a-t-il ajouté sur France Info.

Le projet de loi prévoit le relèvement progressif de l'âge légal de la retraite d'ici 2018, l'alignement sur 10 ans du taux de cotisation du secteur public sur le privé ainsi que la création d'un prélèvement de 1% sur la tranche la plus élevée de l'impôt sur le revenu.

La gauche dénonce

Au plus bas dans les sondages, le chef de l'Etat compte sur cette réforme pour reprendre la main et appuyer une nouvelle candidature en 2012.

Cette réforme «ne règle absolument pas la question financière» et est «totalement injuste, sur la pénibilité, sur l'âge, sur le fait que seuls les salariés sont pénalisés», a estimé l'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius mardi sur France 2. (ats/afp)

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