Chine: Xi Jinping défend l'autorité du parti
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ChineXi Jinping défend l'autorité du parti

Nouveau sacre en vue pour Xi Jinping: le XIXe Congrès du Parti communiste chinois (PCC) a démarré mercredi.

Xi Jinping a appelé mercredi les communistes chinois à combattre toute menace à l'autorité du parti au pouvoir. Il s'exprimait à l'ouverture d'un congrès qui doit offrir à l'homme fort de Pékin un nouveau sacre.

«Plus grand parti du monde»

Promettant «une nouvelle ère» du socialisme à la chinoise, dont il a brossé le tableau jusqu'en 2050, le président chinois n'a laissé aucun espoir de libéralisation du régime.

«Chacun d'entre nous doit en faire davantage pour défendre l'autorité du parti et le système socialiste chinois et s'opposer résolument à toute parole et action de nature à les saper», a martelé Xi Jinping. Il parlait devant les quelque 2300 délégués réunis pour le XIXe congrès du Parti communiste chinois (PCC).

Les délégués du «plus grand parti du monde» (89 millions de membres) ont écouté son discours pendant plus de trois heures et 20 minutes. Ils ont applaudi comme un seul homme lorsqu'il a fait son entrée au Palais du peuple aux côtés de ses deux prédécesseurs Jiang Zemin et Hu Jintao.

D'ici mardi, le congrès nommera à huis clos un nouveau comité central qui devrait donner sans coup férir un nouveau mandat de cinq ans à M. Xi en tant que secrétaire général, voire lui permettre d'envisager un règne encore plus long. La limite d'âge de 68 ans imposée aux membres du bureau politique, l'instance de 25 membres qui dirige la Chine, pourrait en effet disparaître à point nommé pour le dirigeant, qui aura 69 ans lors du prochain congrès en 2022.

Promesses d'ouverture

En direction du reste du monde, M. Xi, qui recevra le mois prochain Donald Trump, a assuré que son pays allait «s'ouvrir encore davantage» et promis un traitement «équitable» aux entreprises étrangères. Il a assuré que le développement de la Chine n'était une menace pour personne.

Il s'est dit décidé à poursuivre la modernisation militaire afin de «faire de l'armée populaire une armée de premier ordre» à l'horizon 2050.

Il a aussi lancé une mise en garde au frère ennemi taïwanais, tenté par une séparation définitive avec la Chine, l'avertissant que Pékin «a les moyens de vaincre les tentatives séparatistes».

Relations détériorées

La Corée du Nord a elle publié un message de félicitations inhabituellement court au Parti communiste chinois, dans un contexte de relations détériorées par les ambitions nucléaires de Pyongyang.

La Chine est depuis longtemps le bienfaiteur économique et l'allié de la Corée du Nord, qu'elle a sauvée de la défaite pendant la guerre de Corée (1950-53). Mais, ces derniers mois, les relations bilatérales ont tourné au vinaigre à cause des programmes nucléaire et balistique nord-coréens, qui ont conduit Pékin à accepter le durcissement des sanctions de l'ONU.

En voie de «poutinisation»

Xi Jinping «cherche à se poutiniser» en restant au pouvoir indéfiniment, observe le sinologue Jean-Pierre Cabestan, de l'Université baptiste de Hong Kong en référence au président russe Vladimir Poutine. Le numéro un chinois semble partager avec ce dernier une certaine nostalgie de l'ère soviétique et une défiance envers l'Occident, servie par l'essor économique phénoménal de son pays.

Depuis son arrivée au pouvoir fin 2012 M. Xi , considéré comme le plus puissant dirigeant chinois depuis le fondateur du régime Mao Tsé-toung et le réformateur Deng Xiaoping, a placé des fidèles aux postes-clés, aidé par une campagne anti corruption qui a sanctionné plus de 1,3 million de cadres dont nombre de ses rivaux.

Le Parti continuera à pratiquer «la tolérance zéro» envers les responsables corrompus, a-t-il assuré.

Dissidents écrasés

S'il n'a pas mis en cause le passage à «l'économie de marché socialiste», son pouvoir s'est accompagné d'un retour de l'idéologie marxiste et d'une répression tous azimuts contre les avocats, les dissidents, les croyants et sur la Toile.

«Cela ne plaît pas à tout le monde en Chine. Il y a des gens qui sont contre l'idée qu'il reste plus de 10 ans», relève M. Cabestan, qui estime que «le retour à la maoïsation suscite la perplexité dans le pays».

En luttant contre la corruption, frappant jusqu'au sommet de l'armée et au sein du bureau politique, Xi Jinping «s'en est pris à des intérêts acquis», observe le sinologue. «Tout ça lui attire beaucoup d'inimitiés. Il a pris des risques qu'il a réussi à braver jusqu'à présent». (nxp/ats)

(NewsXpress)

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