Chine: Xi Jinping salue son «grand pays»
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ChineXi Jinping salue son «grand pays»

Le président chinois Xi Jinping a salué ce jeudi la grandeur de son pays lors des célébrations de la «victoire totale» de 1945 contre le Japon.

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Des avions militaires volent en formation à l'occasion de la parade marquant le 70e anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

Des avions militaires volent en formation à l'occasion de la parade marquant le 70e anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

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Le président chinois Xi Jinping s'apprête à inspecter les troupes.

Le président chinois Xi Jinping s'apprête à inspecter les troupes.

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Le président chinois Xi Jinping s'apprête à inspecter les troupes qui défilent sur la place Tiananmen.

Le président chinois Xi Jinping s'apprête à inspecter les troupes qui défilent sur la place Tiananmen.

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Les autorités chinoises ont célébré ce jeudi la «victoire totale» de 1945 contre le Japon par un imposant défilé militaire de près de deux heures. Le président Xi Jinping a salué cet événement qui a permis de «refaire de la Chine un grand pays dans le monde».

«La Chine ne recherchera jamais l'hégémonie, pas plus qu'elle ne cherchera à s'étendre. Elle n'imposera jamais des souffrances tragiques à d'autres nations», a assuré M. Xi, avant de passer en revue les troupes, debout dans une limousine sur l'avenue de la Paix céleste, sous un ciel limpide et un soleil radieux.

Le président chinois a profité de cette parade pour annoncer que l'Armée populaire de libération (APL) allait voir ses effectifs réduits de 300'000 hommes, soit un peu plus de 10% du nombre total estimé à 2,3 millions d'hommes.

Cette réduction sera dans l'ensemble achevée à la fin 2017. D'autres réformes touchant les forces armées sont en cours, a ajouté le ministère de la Défense.

Plus de 12'000 soldats

Plus de 12'000 soldats, dont un millier de militaires russes, serbes, cubains, afghans, égyptiens ou encore vénézuéliens - ont ensuite descendu l'avenue Changan, avec à leur tête des vétérans de la Seconde Guerre mondiale.

La parade, la plus spectaculaire depuis longtemps, s'est poursuivie avec un défilé de chars, véhicules blindés et autres missiles balistiques, en particulier le tout nouveau DF-21D, dit «tueur de porte-avions». Cet engin suscite nombre de spéculations sur ses capacités à modifier les rapports de forces dans le Pacifique, chasse gardée traditionnelle de la VIIe flotte américaine.

Des avions de chasse et des bombardiers de dernière génération ont survolé la place Tiananmen, apportant la touche finale à un spectacle soigneusement chorégraphié.

«Troupes pour la paix»

Pour la diplomatie chinoise, «les troupes chinoises sont des troupes pour la paix». «Plus elles seront fortes, plus elles seront capables de garantir la paix mondiale», a souligné une porte-parole mercredi.

Aucune liesse populaire n'a marqué les cérémonies, télévisées en direct mais réservées à des invités triés sur le volet, tandis que les Pékinois avaient été mis en congé.

Le défilé a eu lieu en présence notamment des présidents russe Vladimir Poutine, soudanais Omar Hassan al Bachir, vénézuélien Nicolas Maduro ou sud-coréenne sud-coréenne Park Geun-Hye, ainsi que du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Mais ni le premier ministre japonais Shinzo Abe, ni les dirigeants occidentaux n'ont fait le déplacement. Seul représentant gouvernemental des grandes diplomaties occidentales, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius était présent.

La Suisse, elle, était représentée par son ambassadeur à Pékin, fidèle à sa tradition de participer «avec retenue» aux commémorations d'événements historiques internationaux.

Critiques japonaises

Pour John Delury, expert de la Chine à l'Université sud-coréenne Yonsei de Séoul, la participation limitée de dirigeants étrangers est due au fait que cette célébration constituait «un événement très militariste et nationaliste».

Sous Xi Jinping, la Chine s'affirme en renforçant et modernisant ses forces armées, au prix de frictions avec ses voisins en mer de Chine orientale et méridionale.

Jeudi, le gouvernement japonais a regretté l'absence de signes de rapprochement de la part de Pékin. «Tokyo avait demandé que Pékin s'assure que cet événement ne soit pas antijaponais mais contienne plutôt des éléments de rapprochement entre le Japon et la Chine. Il est décevant que de tels éléments ne se trouvent pas dans le discours du président Xi Jinping», a déclaré un porte-parole.

Il avait auparavant appelé la Chine à regarder l'avenir au lieu de ressasser «l'histoire malheureuse». Tokyo a également critiqué la progression des dépenses militaires de la Chine et protesté contre la présence de Ban Ki-moon, à qui le Japon avait demandé d'être «neutre». L'invasion de la Chine par le Japon en 1937 a fait de 15 à 20 millions de morts chinois. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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