Football - Equipe de Suisse: Yann Sommer, le gardien qui a tout fait juste
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Football - Equipe de SuisseYann Sommer, le gardien qui a tout fait juste

L'ancien dernier rempart du FC Bâle est incontestablement un pilier de l'équipe de Suisse, qui rencontrera la Slovénie samedi avant de se rendre à Londres pour y affronter l'Angleterre mardi.

«Il est l'un des meilleurs gardiens du monde !» Yann Sommer est le rayon de soleil qui embellit la fin d'été un peu triste que vit Lucien Favre. «Il fallait un gardien d'exception pour remplacer Marc-André ter Stegen l'an dernier, poursuit l'entraîneur du Borussia Mönchengladbch. Je n'ai pas hésité une seconde pour engager Yann !»

Le transfuge du FC Bâle a su pleinement justifier la confiance du Vaudois. La saison dernière, Yann Sommer fut l'un des grands artisans de la réussite du Borussia Mönchengladbach en Bundesliga avec cette troisième place synonyme de qualification directe pour la Champions League. Une seule statistique dit tout sur la performance de Yann Sommer: dix buts encaissés seulement lors des dix-sept matches du second tour.

«Je n'ai pas été surpris par sa réussite en Allemagne, souligne Patrick Foletti, l'entraîneur des gardiens de l'équipe de Suisse. J'avais déjà travaillé avec lui aux Grasshoppers lors de la saison 2009-2010. J'ai pris conscience très vite de son talent.» Toutefois, le Tessinois a tout de même été bluffé par ses performances en Allemagne. «Il a vraiment réussi une saison exceptionnelle, dit-il. Après trois semaines seulement, on avait déjà oublié à Mönchengladbach ter Stegen...»

Jusqu'à présent, le gardien de l'équipe de Suisse a tout fait juste. Formé à Bâle, il a été prêté à Vaduz et aux Grasshoppers pour gagner du temps de jeu. En 2010, il a consenti à tenir le rôle de doublure de Franco Costanzo avant de gagner enfin ses galons de titulaire après la non-reconduction du contrat de l'Argentin. Sur la lancée de l'Euro M21 au Danemark où il fut éblouissant, il a été un no 1 brillant du FCB pendant trois saisons.

Le premier accroc

Ce début de championnat 2015-2016 constituerait presque le premier accroc dans la carrière d'un joueur qui aura 27 ans le 17 décembre prochain. Battu 4-0 à Dortmund, 2-1 à domicile devant Mayence et 2-1 à Brême sans que sa responsabilité soit engagée, le Borussia occupe la dernière place du classement. «Il ne faut pas paniquer, lâche-t-il. Heureusement, le climat est plutôt calme à Mönchengladbach. C'est un club où l'on apprend à relativiser autant les succès que les défaites. Nous avons perdu deux pions essentiels cet été avec les départs de Kramer et de Kruse. Notre système de jeu n'est pas simple. Il exige une période d'adaptation pour les nouvelles recrues. Nous avons encore besoin de temps».

Mais le temps est compté. Dans moins de quinze jours, le Borussia plongera dans le bain de la Champions League. «Il y a un engouement extraordinaire en ville autour de cette Ligue des Champions, explique-t-il. Ce n'est pas la même chose qu'à Bâle. Quand je l'ai jouée avec le FCB, le club avait déjà livré plusieurs campagnes. il s'agira, en revanche, de la première pour Mönchengladbach. Tu sens que cela va être un événement incroyable pour la ville, le club, les joueurs et les fans».

Sous contrat à Möchengladbach jusqu'en 2019, Yann Sommer rejoindra-t-il un jour la Premier League, désormais le championnat de tous les superlatifs. «C'est une question que je ne me pose pas», glisse-t-il. Le Bâlois sait parfaitement qu'il ne répond pas aux standards de la Premier League en raison de sa taille (1m83). «J'échange beaucoup avec Christophe Lollichon, l'entraîneur des gardiens de Chelsea, lâche Patrick Foletti. Il n'ignore rien des qualités de Yann. Mais à ses yeux, un gardien qui ne mesure pas au moins 1m90 n'a plus sa place en Premier League...»

Le rendez-vous de Wembley

Ce mardi à Wembley, Yann Sommer aura une occasion en or de contredire l'entraîneur de Thibaut Courtois. Ce match contre l'Angleterre doit lui permettre de démontrer, comme il a pu le faire avec le FCB contre Chelsea, Manchester United et Tottenham, qu'il a sa place en Premier League malgré les sept à huit centimètres qui lui manquent. «Oui bien sûr, jouer à Wembley doit avoir quelque chose de magique, avoue-t-il. Mais il y a la rencontre contre la Slovénie avant. Il s'agira d'un match clé sur la route de l'Euro. Si nous gagnons contre cette équipe qui est notre adversaire direct, nous creuserons un écart sans doute décisif. J'espère que nous serons plus efficace que lors du premier match à Maribor. Mais cela ne va pas être simple face à une formation très compacte et qui sait bien défendre. Le poids du public peut être très important. Je sais très bien qu'à Bâle l'ambiance peut te survolter». (ats)

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