Election présidentielle française - Yannick Jadot remporte la primaire des écologistes
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Election présidentielle françaiseYannick Jadot remporte la primaire des écologistes

L’eurodéputé a battu de peu sa rivale Sandrine Rousseau au deuxième tour et devient ainsi officiellement le candidat des écologistes français.

Yannick Jadot a fini la course en tête malgré le score élevé de sa rivale Sandrine Rousseau.

Yannick Jadot a fini la course en tête malgré le score élevé de sa rivale Sandrine Rousseau.

AFP

L’eurodéputé Yannick Jadot a battu d’une courte tête l’«éco-féministe» Sandrine Rousseau et gagné mardi la primaire des écologistes, faisant respecter son statut de favori malgré la dynamique de sa rivale. Yannick Jadot, 54 ans, a finalement fait parler son statut de favori en obtenant au second tour 51,03% des quelque 104’000 voix exprimées parmi les 122’670 inscrits à ce scrutin en ligne, contre 48,97% pour son adversaire.

Ce résultat est sans aucun doute un soulagement pour de nombreux cadres d’Europe Ecologie Les Verts (EELV), qui se sont ralliés à l’eurodéputé dans l’entre-deux-tours, estimant qu’il avait le plus de chances de faire briller l’écologie à la présidentielle.

Yannick Jadot a désormais pour défi de rassembler des écologistes que le premier tour avait grossièrement divisés en quatre blocs. Mais aussi d’imposer sa candidature au sein d’une gauche déjà bien pourvue en aspirants présidents, de l’Insoumis Jean-Luc Mélenchon à la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo en passant par l’ancien ministre Arnaud Montebourg et le communiste Fabien Roussel.

Bonne dynamique

Au premier tour avec 27,7% des voix, Yannick Jadot avait devancé de peu Sandrine Rousseau (25,14% des voix). Cette dernière avait confirmé sa bonne dynamique médiatique en se qualifiant au détriment de l’ex-ministre Delphine Batho (22,32%), chantre de «la décroissance», et du maire de Grenoble Eric Piolle (22,29%), qui défendait un «arc humaniste» pouvant rassembler toutes les forces de gauche. Aucun des deux challengers malheureux n’avait donné de consigne de vote pour le second tour, accentuant le suspense sur les reports de voix.

Seul l’entrepreneur Jean-Marc Governatori, dernier au premier tour (2,35%), a appelé à voter pour Yannick Jadot. Les deux finalistes divergeaient notamment sur la manière de porter l’écologie au pouvoir. Tenant d’une ligne pragmatique, Yannick Jadot met en avant une écologie «de rassemblement» et «de gouvernement». En face, Sandrine Rousseau défendait la «radicalité» et une écologie «qui transforme les modèles de production, sort du productivisme, de la société de consommation».

Dans un parti adepte des retournements de situation, où le favori arrive rarement vainqueur (Cécile Duflot battue en 2016, Nicolas Hulot en 2011,…), «bien malin celui qui peut faire un pronostic», soulignait avant le résultat le député écologiste ex-LREM Matthieu Orphelin, qui a toujours soutenu Yannick Jadot. Mais il voyait comme «un signe très positif toutes les grandes voix de l’écologie qui prennent position» pour l’eurodéputé.

S’il estimait que les électeurs de Piolle ont pu voter Yannick Jadot, qui a repris certaines des mesures prônées par le maire de Grenoble, «la vraie énigme» concernait, selon lui, ceux qui ont voté pour Delphine Batho, «un électorat difficile à cerner».

«Rassembler les écologistes»

Sur le papier, Yannick Jadot disposait de plus de soutiens de cadres EELV: les ex-candidates à la présidentielle, Eva Joly et Dominique Voynet, la députée européenne Karima Delli, le président du groupe écologiste au Sénat Guillaume Gontard, le député ex-LREM Aurélien Taché ou encore le maire de Bordeaux Pierre Hurmic. «Ça aide forcément même si ça ne fera pas la primaire», expliquait-on dans l’entourage de l’eurodéputé, en résumant: «il faut une écologie qui rassemble la société, et pour cela il faut commencer par rassembler les écologistes».

Or Sandrine Rousseau «n’est pas soutenue par les écologistes, mais par des gens qui ont la même cause qu’elle», affirmait la même source. Si elle gagne, «au bout d’un mois sa campagne peut exploser», du fait de la coupure avec les cadres du parti. La candidate avait reçu de son côté le soutien de figures féministes, telles la conseillère de Paris Alice Coffin et la cinéaste Céline Sciamma.

Éric Piolle renvoyé devant la justice

Le maire EELV de Grenoble Éric Piolle comparaîtra le 1er mars 2022 devant le tribunal correctionnel de Valence pour des soupçons de favoritisme dans l’attribution d’un marché public, a indiqué mardi à la presse la ville de Grenoble. L’édile écologiste sera jugé devant la juridiction drômoise aux côtés de «plusieurs anciens agents territoriaux» de la ville pour des «faits supposés d’octroi d’avantages injustifiés», précise la ville dans un communiqué. La justice suspecte la municipalité d’avoir attribué sans mise en concurrence un marché public à une association pour l’organisation d’une fête populaire qui se tient chaque année depuis 2014 sur l’une des principales artères de la ville. La mairie estime de son côté qu’il s’agissait dans ce cas précis d’un marché public à procédure adaptée (MAPA) pour une prestation artistique ne nécessitant pas de mise en concurrence. «Le Parquet de Valence n’a pas suivi cette analyse et renvoie devant le tribunal l’ensemble de la chaîne hiérarchique et de décision de la ville de Grenoble qui a conduit à ce choix», ajoute la ville, qui s’est constituée partie civile.

(AFP)

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