Attaque en France: Yassin Salhi disait voyager en Suisse pour s'absenter
Actualisé

Attaque en FranceYassin Salhi disait voyager en Suisse pour s'absenter

L'homme accusé d'avoir tenté de faire sauter une usine de produits chimiques et de gaz en Isère vendredi refuse toujours de parler aux policiers qui l'interrogent à Lyon.

1 / 41
23.12 En France, l'administration pénitentiaire a annoncé la mort de Yassin Salhi, dans la nuit du 22 au 23 décembre 2015. Il aurait été retrouvé pendu dans sa cellule de la prison de Fleury-Mérogis, en banlieue parisienne.

23.12 En France, l'administration pénitentiaire a annoncé la mort de Yassin Salhi, dans la nuit du 22 au 23 décembre 2015. Il aurait été retrouvé pendu dans sa cellule de la prison de Fleury-Mérogis, en banlieue parisienne.

07.07 Frédéric Jean Salvi, alias le Grand Ali, qui a fréquenté Yassin Sahli à l'époque où il vivait à Pontarlier, a condamné l'attentat commis par ce dernier à Saint-Quentin-Fallavier (Isère). Il vit à Leicester, dans le centre de l'Angleterre, avec sa femme et ses cinq enfants. On le voit ici dans une image du «Daily Mirror»

07.07 Frédéric Jean Salvi, alias le Grand Ali, qui a fréquenté Yassin Sahli à l'époque où il vivait à Pontarlier, a condamné l'attentat commis par ce dernier à Saint-Quentin-Fallavier (Isère). Il vit à Leicester, dans le centre de l'Angleterre, avec sa femme et ses cinq enfants. On le voit ici dans une image du «Daily Mirror»

05.07 Le visage du terroriste présumé de l'Isère, Yassin Salhi. Un documment publié par M6.

05.07 Le visage du terroriste présumé de l'Isère, Yassin Salhi. Un documment publié par M6.

twitter.com/m6info

Yassin Salhi, chauffeur-livreur de 35 ans, est soupçonné d'être l'auteur de l'attentat perpétré vendredi en France. Il avait été repéré par les autorités pour des liens avec la mouvance salafiste, mais ce père de famille n'avait jamais fait parler de lui pour des faits délictueux. Il était toujours en garde à vue à l'hôtel de police de Lyon samedi, de même que son épouse et sa soeur, également interpellées vendredi. En matière de terrorisme, les gardes à vue peuvent durer jusqu'à 96 heures.

Le suspect est interrogé par des agents de la sous-direction anti-terroriste et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). «Il ne parle pas, il garde le silence», selon une source proche de l'enquête. Des perquisitions ont été menées au domicile du suspect et dans la société de transports qui l'employait. Selon la même source, les policiers ont saisi chez ce père de trois enfants, à Saint-Priest, près de Lyon, ordinateur et téléphone portable. Mais ils n'ont trouvé ni armes, ni explosifs ni matériel de propagande islamiste radicale. Ses liens avec la mouvance salafiste sont cependant connus, et il avait été fiché en 2006 pour radicalisation.

Né à la frontière suisse

Né il y a 35 ans à Pontarlier, dans l'est près de la frontière suisse, d'un père d'origine algérienne et d'une mère d'origine marocaine, le suspect y avait été repéré par les services spécialisés dès les années 2005-2006. Il fréquentait alors un groupe d'adeptes de l'islam radical, sans pour autant faire de prosélytisme, a expliqué à l'AFP une source proche de l'enquête.

Selon le ministre de l'Intérieur français Bernard Cazeneuve, il était «en lien avec la mouvance salafiste». Sans casier judiciaire, il avait été fiché notamment de 2006 à 2008. Installé depuis quelques mois à Saint-Priest, dans la banlieue de Lyon, non loin de Saint-Quentin-Fallavier où a été commis l'attentat de vendredi, il avait trouvé du travail dans une société de transports.

Changement de comportement

Pour l'heure, cet attentat n'a pas été revendiqué. La présence de drapeaux avec la profession de foi islamique entourant la tête de la victime accrochée au grillage d'enceinte de l'usine rappelle cependant les mises en scène macabres du groupe EI.

Une de ses anciennes voisines de Besançon a raconté au «Parisien Dimanche» que cet homme jusque-là affable avait changé de comportement après une absence de plusieurs mois en 2012 et recevait régulièrement, en 2013 des hommes «au crâne rasé et porteurs d'une petite barbe». Cette femme dit avoir alors alerté la gendarmerie. Il s'absentait souvent pour des séjours d'un à deux mois, prétextant des voyages en Suisse «pour trouver du travail», raconte cette voisine qui s'étonnait également de va-et-vient chez Yassin Salhi d'hommes «costauds» vêtus de pantalons «cargo» aux larges poches, souvent le mercredi. Puis du jour au lendemain, «on ne se parlait plus, le contact ne passait pas», déplore-t-elle.

Surveillance renforcée

Cette tentative d'attentat a suscité une vive émotion en France où François Hollande, qui était à Bruxelles pour le Conseil européen, est rentré précipitamment vendredi. Le Premier ministre, Manuel Valls, a également écourté un voyage en Amérique latine.

C'est la première tentative effective d'attaque directe contre un site classé Seveso, c'est-à-dire fabriquant ou stockant des produits potentiellement dangereux et nécessitant des mesures de sûreté et de sécurité particulières.

A l'issue d'un conseil restreint réuni pour la deuxième fois en deux jours par le chef de l'Etat, François Hollande, le ministre de l'Intérieur a annoncé samedi un renforcement de la surveillance de ce type d'établissements. Il y en a 1292 en France, selon la liste du ministère de l'Ecologie.

«Nous avons mis en place des gardes dynamiques autour des sites Seveso et, en lien avec les industriels, rappelé les règles qui s'appliquent en la matière pour assurer la prévention de risques concernant ces sites», a dit Bernard Cazeneuve.

Hommages à la victime

A Fontaines-Sur-Saône, des dizaines de personnes ont participé samedi matin à un rassemblement en hommage à la victime, un homme de 54 ans, devant sa résidence. Le maire de la commune, Thierry Pouzol, a exhorté ses administrés à la réserve, au calme et «au plus grand sang froid» mais il a également demandé au gouvernement de «s'engager à tout mettre en oeuvre pour protéger ses citoyens».

Un autre rassemblement en hommage à la victime et en soutien aux salariés des entreprises concernées a eu lieu à Saint-Quentin Fallavier.

(20 minutes/ats/afp)

Ton opinion