Actualisé 06.07.2015 à 12:09

Football – Super LeagueYoung Boys: Pu..., 30 ans!

Voilà trois décennies que le club bernois est privé de sacre national. A une dizaine de jours de la reprise en Super League, tous les regards seront encore braqués sur l'équipe de la capitale.

Le dernier titre de champion de Suisses des Bernois remonte à 1986.

Le dernier titre de champion de Suisses des Bernois remonte à 1986.

L'alternative est simple pour les Young Boys. Soit ils déploreront le printemps prochain le triste 30e anniversaire de leur traversée du désert, soit ils seront enfin sacrés champions de Suisse pour la douzième fois de leur histoire, la première depuis cette date qu'on leur jette sans cesse à la figure, 1986.

Si souvent présenté comme un candidat au titre sans jamais y parvenir depuis cet ultime sacre national, YB ne commet pas l'erreur d'afficher des ambitions démesurées. Patron de la défense bernoise, cadre de l'équipe, Steve Von Bergen ne le sait que trop bien, du haut de ses quinze saisons chez les professionnels: il est des contextes où mieux vaut ne pas trop parler en préambule. «Ma première impression, depuis mon retour de vacances, est bonne», glisse simplement le Neuchâtelois de 32 ans.

Il faut alors un peu gratter le vernis et relancer l'international pour obtenir quelques considérations plus précises. «Le groupe est de qualité, il l'était déjà la saison dernière (NDLR: le club a terminé deuxième de Super League derrière Bâle). Là, les renforts apportent un vrai plus.» Il s'agit des deux transfuges de Benfica, le latéral suisse Loris Benito (23 ans) et de l'attaquant serbe Miralem Sulejmani (26 ans), dont le prix a culminé à plus de 16 millions d'euros lors de son passage de Heerenveen à l'Ajax Amsterdam en 2008.

«Mais cette qualité dont nous parlons n'est pour l'heure présente que sur papier, tempère Von Bergen. Il nous faut désormais construire un groupe et intégrer les nouveaux le plus rapidement possible.» Une tâche qui incombe en premier lieu à Uli Forte, l'entraîneur des Young Boys. Le Zurichois s'interdit d'affirmer que son équipe vise la première place lors de la saison qui s'ouvrira le 18 juillet. «Il me manque six titres consécutifs pour en avoir le droit», estimait le coach dans la «Sonntagszeitung» en faisant référence à l'ogre FC Bâle.

Match à trois

Lequel demeure pour Forte le favori de la Super League. «Bâle perd des joueurs très importants et annonce dans la foulée le retour de Zdravko Kuzmanovic ou l'arrivée de Marc Janko», insiste le coach en rappelant que, premièrement, le FCB a l'habitude des grands chamboulements de l'entre-saison et que, deuxièmement, les changements d'entraîneurs n'ont en rien stoppé sa marche en avant ces dernières années.

Un géant rhénan qu'Andy Rihs, le mécène d'YB, considérait fin mai comme trop seul dans les colonnes du même hebdomadaire. «On ne peut pas laisser Bâle dans sa solitude car la solitude est cause d'une profonde dépression», ironisait le boss du club de la capitale. «Andy Rihs n'a pas dit qu'YB devait être champion, reprend alors Uli Forte, seulement que nous ne voulons pas le laisser seul. Et, sur ce point, je suis d'accord à 100%.»

Le coach se réjouit également des engagements de Benito et Sulejmani, «qui nous font progresser». Et, même s'il se demande «pourquoi je réussirai là où tant d'autres entraîneurs avant moi à YB ont échoué?», le Zurichois est convaincu que ses Young Boys sont armés pour réaliser une excellente saison qu'il prévoit comme allant être une lutte à trois, avec le FC Sion en outsider. «Sion est un candidat sérieux. Christian Constantin veut à tout prix Blerim Dzemaili (NDLR: qui intéresse aussi Forte) et cela démontre bien son ambition. Il n'est pas là pour s'amuser!»

Jeunes expérimentés

Le saut de qualité qui semble s'être effectué dans le vestiaire bernois n'est toutefois pas uniquement imputable aux transferts estivaux. Trop occupés à moquer les «losers de la capitale», bien des observateurs ont oublié le fait que la formation de Forte a souvent donné la part belle à énormément de jeunes joueurs. Or les Yvon Mvogo (21 ans), Gregory Wüthrich (20), Florent Hadergjonaj (20), Leonardo Bertone (21), Renato Steffen (23), Yuya Kubo (21) ou encore Haris Tabakovic (21) ont tous une année de plus dans les jambes avec un temps de jeu certain (voire colossal pour quelques-uns).

«C'est vrai que c'est intéressant pour nous de pouvoir compter sur des jeunes qui ont beaucoup joué la saison passée, abonde Steve Von Bergen. Ils ont de plus en plus d'expérience et ça fait bouger tout le monde dans l'effectif. Avec pratiquement tous les postes doublés, personne ne pourra se reposer sur ses acquis.» (ats)

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