France: Yvan Colonna va se pourvoir en cassation

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FranceYvan Colonna va se pourvoir en cassation

Le verdict est tombé comme un coup de massue pour la famille d'Yvan Colonna, comme une délivrance pour la veuve du préfet Claude Erignac et ses enfants.

Après près de huit heures de délibéré, la cour d'assises d'appel a condamné vendredi soir le berger de Cargèse à la peine maximale, la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une mesure de sûreté de 22 ans, pour avoir abattu le préfet de Corse le 6 février 1998 à Ajaccio à l'aide d'une arme dérobée cinq mois plus tôt lors de l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella.

Yvan Colonna n'était pas présent à la lecture du verdict.

Assommés, ses défenseurs ont immédiatement annoncé leur intention de se pourvoir en cassation. «Le combat judiciaire continue. L'affaire Yvan Colonna commence», a lancé Me Antoine Sollacaro après avoir lu une brève déclaration. Les quatre avocats, accompagnés de celui qui va préparer le dossier pour la cassation, et quelques dizaines de proches et soutiens, ont appris la nouvelle à la Maison du barreau, en face du Palais de justice de Paris.

En larmes, Christine Colonna, la soeur du condamné, a été incapable de réagir au verdict, plus lourd qu'en première instance où la cour d'assises avait épargné la peine incompressible de 22 ans à Yvan Colonna. Cette fois-ci, les neuf magistrats qui composent la cour d'assises spéciale ont visiblement voulu marquer le coup, faire clairement comprendre qu'ils considèrent Yvan Colonna comme le «tireur», celui qui a appuyé sur la gâchette ce soir du 6 février 1998.

C'est dans ce rôle que ses complices du commando Erignac l'ont désigné dans leurs aveux, rétractés depuis, en garde à vue en mai 1999. Il est «le tireur, l'exécuteur, le bourreau du préfet», avaient martelé jeudi les deux avocats généraux en requérant la peine maximale.

En juillet 2003, une première cour d'assises avait condamné Alain Ferrandi et Pierre Alessandri à la réclusion à perpétuité, considérant que les deux hommes, sur place le soir du crime, étaient les co-auteurs de l'assassinat. En y ajoutant la peine de sûreté pour Yvan Colonna, la cour d'assises d'appel l'individualise, le sort du lot et le désigne clairement comme le tireur.

Les partisans d'Yvan Colonna ont annoncé une manifestation de soutien samedi à 15h à Ajaccio. Ils n'ont cessé de dénoncer les conditions dans lesquelles l'enquête a été menée, les conditions de l'instruction, puis de jugement du berger de Cargèse. Depuis le départ de l'accusé et de la défense le 11 mars dernier, un trouble s'est installé dans l'opinion publique, mais manifestement pas dans la tête des juges...

La cour d'assises d'appel a répondu «oui» à la majorité des questions relatives à la culpabilité d'Yvan Colonna, le reconnaissant coupable des crimes et délits pour lesquels il était rejugé: le plasticage de la gendarmerie de Pietrosella où l'arme qui a servi à tuer le préfet a été dérobée, l'assassinat de Claude Erignac, la séquestration des deux gendarmes de la brigade de Pietrosella. Le verdict a été accueilli avec calme par le public présent dans la salle de la cour d'assises de Paris, désertée depuis longtemps par les soutiens corses de l'accusé.

Visiblement ému, Charles-Antoine Erignac, le fils de la victime, a retenu ses larmes, tandis que sa soeur s'est essuyée les yeux. Calme et digne, Mme Erignac a embrassé son avocat, Me Philippe Lemaire, qui a fait savoir qu'elle s'exprimerait peut-être dans les prochains jours. (ap)

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