Zapatero réclame un «grand consensus» contre l'ETA»
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Zapatero réclame un «grand consensus» contre l'ETA»

Le chef du gouvernement socialiste espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a appelé lundi au Parlement à un «grand consensus national» pour répondre «au défi de l'ETA».

Cela dans une atmosphère de vif affrontement avec la droite.

«Il est plus que jamais nécessaire que nous réaffirmions notre unité et notre volonté d'affronter ensemble le défi du terrorisme», a déclaré M. Zapatero au Parlement. Il a redit que cet attentat avait mis «un point final» au processus de paix avec l'organisation indépendantiste basque armée qui avait annoncé neuf mois plus tôt un «cessez-le-feu permanent».

Le chef du gouvernement a réclamé un nouveau pacte antiterroriste comme celui existant depuis 2000 entre sa formation et le Parti populaire (PP, droite), «qui rassemble non seulement les 20 millions d'électeurs des deux partis mais toutes les forces politiques», notamment le Parti nationaliste basque (PNV) au pouvoir au Pays basque.

«Politique suicidaire»

Le chef de l'opposition conservatrice, le président du Parti populaire (PP) Mariano Rajoy, a répondu par une salve de critiques très violentes contre la «politique antiterroriste suicidaire» de M. Zapatero.

«Une bande de terroristes s'est moquée de vous», a-t-il lancé au chef du gouvernement, l'accusant de «frivolité» et d'être «l'unique responsable» du «plus grand naufrage collectif» en quatre décennies de lutte contre l'ETA. M. Rajoy a exhorté M. Zapatero à renoncer publiquement à toute idée de négociation avec l'organisation indépendantiste basque.

«Vous avez commis l'erreur de croire que la terreur se résout à travers la négociation. Le terrorisme, on le met en déroute ou on le subit. Entre terroristes et démocrates, il n'existe pas de mesures intermédiaires. Dans cette lutte il y aura des vainqueurs et des perdants», a-t-il lancé.

«Critiques injustes»

M. Zapatero a répondu pied à pied aux «critiques injustes et intolérables» du chef de l'opposition. Il a souligné qu'aucun parti d'opposition depuis la transition espagnole vers la démocratie n'avait instrumentalisé la lutte antiterroriste à des fins d'affrontement politique.

«Jamais, jamais la fin de la violence n'aura de prix politique», a-t-il répondu à la droite, qui, tout au long des neufs mois qu'a duré le processus de paix avec l'ETA, l'a accusé d'être prêt à céder aux exigences politiques de l'organisation, notamment sur l'autodétermination du Pays basque.

«Jamais on ne pourra négocier en présence de la violence. Mais toujours, tout chef du gouvernement cherchera par tous les moyens possibles à parvenir à la paix, dans le cadre de la Constitution et avec le concours massif de toutes les forces politiques», a affirmé avec force M. Zapatero.

Otegi sera jugé le 21 mars

Une source judiciaire a annoncé le même jour qu'Arnaldo Otegi, le leader de Batasuna, le bras politique interdit de l'ETA, sera jugé le 21 mars à Madrid pour «apologie du terrorisme». Il encourt une peine maximum de deux ans de prison.

M. Otegi, figure de proue et porte-parole de Batasuna, a déjà été condamné en novembre 2005 à une peine d'un an de prison pour «outrage au roi» d'Espagne Juan Carlos, qu'il avait qualifié en 2003 de «chef des tortionnaires».

Mais il n'est pas allé en prison, car en Espagne la sentence n'est en principe ferme que lorsque la peine ou les peines cumulées prononcées dépassent deux ans.

Considéré comme l'un des dirigeants de la gauche indépendantiste basque les plus favorables à une issue négociée à près de quatre décennies de lutte armée de l'ETA pour l'indépendance du Pays Basque, Otegi est aussi sous le coup d'autres poursuites judiciaires.

(ats)

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