Actualisé 21.11.2018 à 19:26

GenèveZéro pub: les militants sont gonflés à bloc

L'invalidation de l'initiative «Zéro pub» par le Conseil d'Etat a été annulée. Les initiants appellent à élargir le front de la contestation.

von
Maria Pineiro
Durant quelques jours, profitant d'un vide d'affichage, les Genevois avaient investi en masse les panneaux publicitaires.

Durant quelques jours, profitant d'un vide d'affichage, les Genevois avaient investi en masse les panneaux publicitaires.

Keystone/Salvatore di Nolfi

«C'est une victoire d'étape», s'est réjoui mercredi Jean Rossiaud, membre du comité de l'initiative «Zéro pub-Libérons nos rues de la publicité commerciale!» Le 15 novembre, la Cour constitutionnelle a en effet donné raison aux initiants contre le Conseil d'Etat qui avait partiellement invalidé le texte, «le vidant de sa substance», a précisé le militant. Le Canton est prié de reconsidérer sa décision.

Le gouvernement genevois peut encore faire recours, mais «s'il ne le fait pas, alors un vote populaire ou une décision des autorités dans le sens du texte pourrait intervenir d'ici une année», a précisé Emmanuel Deonna, au nom du comité. «Nous souhaitons que les Genevois puissent s'exprimer», a indiqué Luca Luisoni, membre fondateur du Réseau objecteurs de croissance (ROC).

Elargir le front

Dans cette optique, les militants des diverses associations qui portent la thématique en appellent à un large front: l'affichage publicitaire commercial touche, selon eux, divers domaines tels que le patrimoine, la mobilité piétonne, le surendettement, l'écologie ou encore la défense des consommateurs.

«A l'ère du numérique, l'affichage publicitaire est une scorie du passé, a estimé Jean Rossiaud. Il constitue une pollution visuelle, incite à la surconsommation, à l'endettement et avantage les grandes entreprises au détriment des enseignes locales.»

«Nous ne voulons pas que notre ville ressemble à Honk-Kong, a soutenu Eric Ragni, du ROC. Les annonceurs ont bien compris que la tendance ne leur était pas favorable, ils migrent leurs publicités sur le domaine privé.»

Deux exemples genevois

Les militants ont rappelé, qu'au niveau mondial, des centaines de villes ont renoncé à la publicité. A Genève, les communes de Puplinge et Presinge ont pris cette même décision.

L'initiative, de portée municipale, veut bannir l'affichage publicitaire à but commercial de l'espace public. Elle avait récolté quelque 4000 signatures en juillet 2017, soit à peine six mois après qu'un vide de concession d'affichage eut permis aux Genevois de s'approprier des panneaux blancs.

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