Actualisé 01.04.2008 à 19:41

Zimbabwe: Mugabe serait prêt à partir

Le suspense est à son comble au Zimbabwe. Selon un haut responsable du parti au pouvoir, le président Robert Mugabe serait prêt à quitter ses fonctions - qu'il occupe depuis 1980 - à l'issue des élections générales.

Mugabe «est prêt à quitter le pouvoir parce qu'il ne veut pas se mettre dans l'embarras en affrontant un second tour» à la présidentielle, a déclaré à l'AFP un haut responsable de l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF- au pouvoir), sous couvert d'anonymat.

«Seule une personne l'en empêche encore, le chef de l'armée» Constantine Chiwenga, a-t-il ajouté.

Deux responsables diplomatiques européens à Harare ont confirmé qu'un accord de principe avait été conclu entre l'opposition et les proches du président. «Tout va dans le sens d'un départ en douceur du président Mugabe», a déclaré l'un d'eux à l'AFP.

Tsvangirai ne confirme pas

S'exprimant lors d'un point de presse à 20h00, le leader de l'opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai, a toutefois refusé de confirmer un accord sur le départ du pouvoir du chef de l'Etat.

«Je suis prêt à attendre que la Commission électorale du Zimbabwe confirme les résultats», a déclaré le candidat à la présidence et leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principal parti d'opposition.

«Toute spéculation sur des accords, des négociations, n'a pas lieu d'être parce que les résultats n'ont pas été annoncés», a-t-il ajouté. «Il n'y a aucune chance qu'ils (le parti au pouvoir) négocient quoi que ce soit, des accords ou de tendre la main, jusqu'à ce qu'ils aient fini d'annoncer le résultat», a-t-il affirmé.

Depuis 1980

Selon différentes sources citées par l'AFP, des responsables du MDC et des proches de M. Mugabe ont entamé des négociations lundi quand il est apparu que le chef de l'Etat, au pouvoir depuis l'indépendance de l'ancienne colonie britannique en 1980 risquait de perdre l'élection.

Aucun chiffre officiel n'a été fourni concernant le scrutin présidentiel. Le MDC revendique toutefois la victoire, assurant que son candidat l'a emporté avec 60% des suffrages contre 30% au chef de l'Etat.

Une coalition d'associations civiles a également donné le leader du MDC gagnant, mais avec seulement 49,4% des voix contre 41,8% à M. Mugabe.

72 sièges

Des chiffres ont par contre été diffusés par la Commission électorale concernant le scrutin législatif. Sur 140 des 210 sièges de députés attribués jusqu'à présent, le MDC en a remporté 72 contre 68 à la Zanu-PF. Cinq des sièges du MDC sont allés à une faction dissidente, dirigée par Arthur Mutambara.

La tension est montée d'un cran mardi, la présidence de l'Union européenne (UE) appelant au départ de M. Mugabe. Le ministre slovène des affaires étrangères Dimitrij Rupel, dont le pays préside l'UE, a estimé que M. Mugabe «avait perdu les élections». «J'espère qu'il est sur le départ, la plupart des Européens pensent de même (...) S'il continue, ce sera un coup d'Etat».

La Commission électorale zimbabwéenne avait auparavant appelé «la Nation à rester patiente» dans l'attente des résultats complets des élections. Elle avait déclaré être «en train de recevoir les résultats du scrutin présidentiel en provenance de plusieurs provinces» et de procéder à leur «vérification méticuleuse».

Etat d'alerte maximale

Les forces de l'ordre restaient en état d'alerte maximale mardi mais le calme continuait à régner dans le pays.

Quelque 5,9 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes samedi afin de désigner leurs président, députés, sénateurs et conseillers municipaux, pour la première fois lors d'un scrutin unique dans ce pays en plein marasme économique avec une inflation à plus de 100.000%. (ats)

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