Zoug? Jura? Migrer dans un canton et créer un paradis libéral

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Zoug? Jura?Tous migrer dans un canton pour créer un «paradis de la liberté»

L’ex-membre des Jeunes libéraux-radicaux Nicolas Jutzet s’inspire d’une action menée aux États-Unis qui veut tenter de montrer que le libéralisme est la meilleure voie.

Premier canton cité par le Neuchâtelois: Zoug. C’est notamment plus facile dans un petit canton.

Premier canton cité par le Neuchâtelois: Zoug. C’est notamment plus facile dans un petit canton.

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Rassembler des gens épris de la liberté et, quand le nombre sera suffisant, tous déménager ensemble dans le même canton «et ensuite le rendre plus libre et en faire l’exemple à suivre en termes de liberté économique et politique, et donc de prospérité, pour le reste du pays». Telle est l’idée de Nicolas Jutzet, 28 ans, ex-politicien et ardent défenseur du libéralisme. Dans un livre qui sort vendredi, il présente son idée de «canton de la liberté». «Au lieu de tenter de convaincre un par un les habitants d’une région pour atteindre une précaire majorité, l’idée est d’être convaincant par l’exemple en créant un nouveau canton», écrit-il.

Son idée vient directement des États-Unis et du «Free State Project». «Vous êtes fatigués parce que le gouvernement ne fait que grossir? Vous avez l’impression d’être l’unique personne qui veut juste vivre libre? Vous n’êtes pas seul!» disent ses coordinateurs sur leur site. Fondé en 2001, le mouvement libertarien (lire encadré) a jeté son dévolu sur l’État américain du New Hampshire et a ambitionné d’y envoyer 20’000 amoureux de la liberté. Le chiffre n’a pas encore été atteint, mais près de 6500 personnes ont déjà migré et ont réussi à faire élire certains des leurs au parlement de l’État.

À droite à Zoug, à gauche dans le Jura

Mais alors, en Suisse, dans quel canton aller? Pour Nicolas Jutzet, tout dépendrait du profil des personnes prêtes à bouger. Il y a des libéraux de droite, plutôt axés sur l’économie, qui trouveraient un terrain fertile du côté de Zoug. Mais rien n’empêche des tendances plus libertaires de se joindre et on verrait alors plutôt le Jura comme une belle terre d’accueil. Pas plus tard qu’en cette fin juillet, près de 4000 anarchistes libertaires s’étaient réunis à Saint-Imier.

Et en fin de compte, pourquoi ne pas créer un nouveau canton? «En partant de rien, sur une partie du territoire encore peu habitée ou dans une région limitrophe qui appartient actuellement à un autre pays», dit-il. La Constitution prévoit cette possibilité, à condition de faire voter le peuple et d’obtenir une double majorité.

La cigale et la fourmi

Dans son livre «La Suisse n’existe plus», Nicolas Jutzet estime «que la culture libérale qui avait fait le succès du pays s’érode et la Suisse stagne». Son projet de canton libéral, d’ailleurs, partirait déjà sur des bases où on lui mettrait des bâtons dans les roues, à cause d’une seule chose: la péréquation financière, ce système où les cantons «riches» reversent une partie de leurs recettes fiscales aux plus précaires, la «cigale et la fourmi», selon le Neuchâtelois. Par son idée, il veut lancer une réflexion sur ce système qui restreint la libre concurrence qu’il souhaiterait entre les «modèles de gouvernance».

Libéral ou libertarien?

Question vocabulaire, il faut s’y retrouver. En Suisse, on dit d’un libéral qu’il est de droite et qu’il défend un libéralisme classique. Aux États-Unis, les «liberals» sont classés à gauche et le terme a une connotation plus «progressiste». Il existe, surtout aux États-Unis, le mouvement «libertarien». Leurs adeptes n’acceptent de l’État que ses tâches régaliennes (défense, justice). Pour tout le reste, ils sont généralement contre toute interdiction. En 2020, leur candidate à la présidentielle Jo Jorgensen avait dit qu’elle voulait faire des États-Unis «une Suisse géante». Enfin, à l’inverse des libertariens, proches des anarcho-capitalistes, il existe aussi les libertaires, qui sont plutôt des anarchistes de gauche.

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