Suisse: Zuppiger démissionne du Conseil national

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SuisseZuppiger démissionne du Conseil national

L'ex-candidat UDC au Conseil fédéral Bruno Zuppiger s'est retiré lundi de la chambre du peuple, rattrapé par l'affaire de détournement d'héritage au sein de son entreprise.

Bruno Zuppiger avait annoncé en février dernier qu'il abandonnerait son mandat s'il était inculpé dans le cadre d'une affaire de détournement d'héritage.

Bruno Zuppiger avait annoncé en février dernier qu'il abandonnerait son mandat s'il était inculpé dans le cadre d'une affaire de détournement d'héritage.

L'UDC zurichois Bruno Zuppiger, soupçonné de gestion déloyale et détournement de fonds, se retire du National avec effet immédiat. Dans sa lettre remise lundi, il affirme ne plus être en mesure de mener à bien son mandat. Il se dit aussi prêt accepter la sanction qu'il s'attend à recevoir.

Bruno Zuppiger, qui a déjà dû céder la présidence de l'Union suisse des arts et métiers l'hiver dernier, avait jusqu'ici toujours refusé de démissionner. Il s'était finalement mis d'accord avec la direction son parti pour abandonner le siège qu'il occupe à la Chambre du peuple depuis treize ans, s'il était reconnu coupable.

Cet ancien candidat à l'élection au Conseil fédéral est sous le coup d'une procédure pénale. Le Ministère public zurichois lui reproche d'avoir détourné des fonds alors qu'il agissait comme exécuteur testamentaire d'une employée décédée.

Procédure pénale en cours

Au lieu de reverser les 265'000 francs légués par la défunte à deux organisations d'utilité publique, le politicien aurait gardé la somme. Bruno Zuppiger n'a finalement reversé l'argent et des intérêts que plusieurs années plus tard aux associations bénéficiaires, après une intervention de ces dernières.

La procédure lancée en janvier est encore en cours, a précisé une porte-parole du Ministère public zurichois à l'ats. L'affaire avait éclaté une semaine avant l'élection au Conseil fédéral du 14 décembre, pour laquelle M. Zuppiger était en lice.

Critiques au parti

Dans sa lettre de démission, Bruno Zuppiger affirme que les événements survenus depuis l'ont durement touché. Sa famille et ses proches en ont également pâti, et cette souffrance a été le «pire», pour lui.

Le «manque d'objectivité et de soutien de certains représentants de l'UDC et de la direction de la section zurichoise du parti» ont aussi été des raisons qui l'ont poussé à se retirer de la vie politique active après plus de 35 ans, écrit cet ancien espoir des démocrates du centre.

Et le sexagénaire d'affirmer qu'il quitte la Coupole fédérale «sans amertume, mais riche d'expériences» et qu'il «regarde l'avenir avec confiance».

L'UDC zurichoise regrette

Sans revenir sur les critiques émises à son égard, la section zurichoise de l'UDC écrit dans un communiqué regretter les circonstances du départ de son conseiller national. Elle le remercie pour son travail politique.

L'ancien secrétaire général de l'UDC, Gregor Rutz, 39 ans, lui succédera au Conseil national. Il siège actuellement au Grand Conseil zurichois et est vice-président de la section cantonale. La date de son entrée sous la Coupole fédérale n'est pas encore connue.

(ats)

Démission de la présidence de l'USAM

Ecarté au dernier moment de la course au Conseil fédéral après des révélations de la «Weltwoche», l'UDC zurichois avait également abandonné la présidence de l'Union suisse des arts et métiers (USAM) en décembre. Elu en 2010, il succédait à un autre conseiller national, Edi Engelberger (PLR/NW).

Carrière politique brisée par une affaire de testament

La carrière politique de l'UDC zurichois Bruno Zuppiger s'est effondrée suite à une affaire d'héritage révélée par la presse. Soupçonné de gestion déloyale et de détournement de fonds, le désormais ex-conseiller national a finalement dû abandonner tous ses mandats.

En décembre dernier, le sexagénaire était pourtant encore bien placé pour conquérir un deuxième siège pour son parti au Conseil fédéral. Mais moins d'une semaine avant l'élection, l'hebdomadaire «Weltwoche» l'a accusé d'irrégularités dans la gestion de l'héritage d'une ancienne employés de son entreprise.

Agissant comme exécuteur testamentaire, le politicien aurait gardé 265'000 francs légués par la défunte à deux organisations d'utilité publique. Bruno Zuppiger n'a finalement reversé l'argent et des intérêts que plusieurs années plus tard aux associations bénéficiaires, après une intervention de ces dernières.

Les organes dirigeants du parti étaient au courant, s'est défendu M. Zuppiger. Chef du groupe parlementaire UDC à l'époque, Caspar Baader a d'ailleurs reconnu avoir mal évalué la situation.

Après l'éclatement de l'affaire, M. Zuppiger s'est retiré de la course au Conseil fédéral, puis de la présidence de l'Union suisse des arts et métiers (USAM), mandat qu'il occupait depuis mai 2010. En janvier, le ministère public zurichois a ouvert une procédure pénale à son encontre.

UDC depuis 35 ans

Bruno Zuppiger a rejoint l'UDC il y a 35 ans. De 1982 à 1990, il a siégé aux côtés d'Ueli Maurer au conseil communal d'Hinwil (ZH) avant de devenir membre pendant huit ans du parlement zurichois. En 1999, il a été élu au Conseil national, où il s'est spécialisé dans les questions financières et de la défense.

Son nom a surgi à plusieurs reprises lors d'élections au gouvernement, notamment en 2008 dans la course à la succession de Samuel Schmid. L'UDC zurichoise et le groupe parlementaire aux Chambres lui ont toutefois préféré Christoph Blocher et Ueli Maurer, car si l'aptitude au compromis du Zurichois en faisait un favori des autres partis, les idéologues de l'UDC n'ont en revanche jamais apprécié son engagement en faveur de la libre circulation des personnes.

Né à St-Gall, Bruno Zuppiger a grandi dans le canton de Zoug. Enseignant de formation, il a lancé en 1995 sa propre société de conseils aux entreprises. Il est marié et père de cinq enfants.

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