Actualisé 24.01.2011 à 17:36

Ski alpin - Coupe du mondeZurbriggen: «Kostelic est déjà trop loin»

Avant le slalom de Schladming, le Haut-Valaisan revient sur sa saison et se projette vers les Mondiaux.

von
Jean-Philippe Pressl-Wenger
Schladming
Le skieur de Glis a de quoi avoir le sourire cette saison.

Le skieur de Glis a de quoi avoir le sourire cette saison.

Silvan Zurbriggen, comment expliquez-vous votre superbe début de saison ?

Ce n'est pas facile de disputer toutes les courses, mais l'expérience accumulée ces dernières années m'aide vraiment. Tout le monde se connaît aussi très bien dans l'équipe. La continuité dont le groupe a profité est bénéfique et le tout est devenu encore plus professionnel.

Vous vous alignez dans toutes les disciplines, cela vous pénalise-t-il parfois ?

En effet, les résultats que j'ai réussi en descente ont une contrepartie. Mes performances en slalom ont diminué un peu, et c'est normal. Le travail des muscles en descente et en slalom est très différent. En vitesse on doit tenir des appuis plus long et les courses durent plus longtemps. Alors qu'entre les piquets, c'est l'explosivité et la vitesse dans le mouvement qui sont primordiales.

Vous êtes en train de réaliser votre meilleure saison, l'année où Kostelic réussit l'année de sa vie. Frustrant ?

Honnêtement, avec son avance de 401 points, le globe du général n'est pas un but pour moi. Kostelic est dans une forme excellente et a confiance, cela se voit dans son regard. L'Autrichien Baumann a rappelé qu'il y a deux ans, Svindal avait remporté le général à Are (Suè) avec 1009 points. Kostelic en a déjà 1030!

Les Mondiaux de Garmisch approchent. Vous y pensez déjà ?

Oui, un peu. Il faudra récupérer avant sur 2 semaines, c'est dur de réussir des bons trucs si tu n'es pas à 100%. J'ai déjà entendu que Miller ne serait pas à Chamonix, que Carlo Janka hésitait à y aller. Je cours dans toutes les disciplines et je réfléchis à me ménager. Je me concentre sur le slalom ici, sur Chamonix et ensuite on verra.

Votre actualité, c'est le slalom de Schladming, une épreuve que vous appréciez…

Oui, tout à fait! C'est sur cette piste que j'ai marqué mes premiers points en Coupe du monde. J'y 'ai aussi réalisé deux belles performances ces deux dernières années (ndlr 5e en 2009 et 2e l'an dernier).

Alors que vous reveniez d'une sérieuse blessure au genou (en 2007 dans la descente de Val Gardena)…

J'ai parlé de cela avec Didier Cuche. Il m'a dit qu'il était fort aussi à cause de ses blessures. C'est intéressant car pour moi c'est un peu pareil. Tu essaies de croire à un retour, mais lorsque tu es en rééducation, tu ne sais jamais si tu y arriveras. Mentalement, un accident comme ça te change.

Qu'est-ce qui vous a permis de revenir ?

D'une part, la pause forcée a offert à mon corps une récupération complète. Et le fait qu'on m'ait dit que je ne pourrai plus jamais skier en Coupe du monde, au vu des dégâts dans mon genou et que, finalement, je revienne, m'a aidé. Le plaisir que j'éprouve aujourd'hui en skiant est beaucoup plus grand. Ce n'est pas une chose normale d'être revenu. Je vois mon métier sous un nouvel angle.

Gagner à Val Gardena cet hiver, sur la piste où vous aviez chuté a-t-il constitué un déclic ?

Oui, sûrement. J'ai toujours eu un bon feeling sur cette piste, même avant l'accident.

Mais le souvenir de votre chute ne vous a pas bloqué?

Non, mais David Poisson avant moi a fait une monstre chute. Je l'ai vue à la télé, j'ai commencé à transpirer, mes mains sont devenues moites. A ce moment là, les souvenirs de 2007 sont tous remontés alors que j'attendais mon tour au départ. Ce jour là, je me suis impressionné moi-même. C'est vraiment une victoire dont je suis très fier.

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