Allemagne/Autriche

11. Mai 2012 14:33; Akt: 11.05.2012 14:41 Print

Verbrechen oder Kunst?

von Grégoire Corthay - Angestellte eines Fotolabors riefen die Polizei, als sie die schockierenden Bilder ihres Kunden sahen. Doch die Aufregung war umsonst. Sehen Sie die Bilder und lesen Sie den Artikel im Original auf Französisch.

Bildstrecke im Grossformat »

Fehler gesehen?

Est-ce que les techniciens des laboratoires photos regardent attentivement vos photos? Cela semble être le cas, du moins à en croire la mésaventure dont a été victime récemment deux graphistes viennois, Sigrid Fleckseder (30 ans) et Christian Thomas (42 ans).

«Fin mars (les 28 et 29), nous avons fait développer quelques-unes des photos que nous avions réalisées dans le cadre d'un projet artistique intitulé «Die vier Todeszeiten – Bilder vom Ableben» («Les Quatre Saisons de la mort – Images de la mort», en français) via une chaîne de magasins spécialisés dans l'électronique en Autriche (un magasin Saturn). Celle-ci a envoyé les fichiers en Allemagne dans un grand laboratoire photo. Là-bas, les photos ont bien été développées mais aussi envoyées à Interpol!» explique Sigrid Fleckseder, contactée par 20minutes.ch.

Des preuves de crimes? Non, c'est de l'art!

Les techniciens du labo qui ont vu les images ont en effet été convaincus qu'il s'agissait de preuves de crimes sordides non élucidés, précise un porte-parole de la police autrichienne cité par des médias de son pays qui ont relaté cette histoire la semaine dernière. Les photos qui ont fait réagir le labo étaient celles d’une femme gisant dans la neige avec un paquet de pilules près de sa main et une autre où l’on voyait une femme qui semblait avoir été violée et dont le cadavre gisait près d’une rivière.

«La police de Vienne m'a alors contactée et elle est passée à notre bureau (le 2 avril) pour vérifier si j'étais bien vivante et faire la lumière sur cette affaire!», poursuit Sigrid Fleckseder. La jeune femme confie ne pas avoir trouvé cette situation particulièrement «effrayante» ou «amusante».«Avoir été contactée par la brigade criminelle ne doit être agréable pour personne. Et bien sûr, j’ai été choquée sur le moment jusqu’à ce que je comprenne ce qui se passait», relève la photographe amateur.

«C'est un hommage à la qualité de notre travail!»

Et de préciser: «J'ai été impressionnée par la réaction du laboratoire photo et par le professionnalisme de la police autrichienne dans cette affaire. Cela rassure en quelque sorte de voir que nous sommes en sécurité. Et puis, le fait d’avoir ainsi fait réagir la police prouve que nous avons bien fait notre travail!»

Concernant son travail artistique, Sigrid Flecksede explique que la première saison (l'automne qui met en scène un meurtre dans une forêt) a été réalisée il y a près de 3 ans, et que les autres séries (celles du printemps, de l'été et de l'hiver) ont été conçues l'année suivante.

«Nous avons organisé une exposition privée avec ces photos il y a un mois (le 31 mars et le 1er avril), dans un ancien appartement où chaque saison avait sa propre salle. Nous avons eu de bons échos auprès de nos amis sur une expo qui avait des allures d'installation artistique», conclut l'Autrichienne.