Etude de la Confédération

01 juillet 2019 13:30; Act: 01.07.2019 16:11 Print

«20 minutes» est le principal faiseur d’opinion

Une nouvelle étude de la Confédération détermine quels sont les médias qui possèdent la plus grande influence sur la formation de l’opinion. La SSR et «20 minutes» arrivent en tête.

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Selon l'enquête, «20 minutes», qui paraît en Suisse alémanique, en Suisse romande et au Tessin, est «la seule marque quotidienne à atteindre un large public multilingue», ce qui en fait «le numéro 1 incontestable en matière de pouvoir d'opinion».

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L’Office fédéral de la communication (OFCOM) présente mardi pour la première fois le «Monitoring médias Suisse». L’enquête établit quels sont les médias qui possèdent la plus grande influence sur la formation de l’opinion au sein de la population et fournit des informations sur les conditions de propriété.

Selon l’enquête, «20 minutes», qui paraît en Suisse alémanique, en Suisse romande et au Tessin, est «la seule marque quotidienne à atteindre un large public multilingue», ce qui en fait «le numéro un incontestable en matière de pouvoir d’opinion». «20 minutes», ainsi que ses offres en Romandie et au Tessin, sont ainsi les «médias individuels les plus influents».

Rédacteur en chef de «20 minutes», Marco Boselli se réjouit au plus haut point du résultat de cette étude: «C’est la preuve que notre rédaction fournit un travail journalistique d’exception au quotidien. Il est important de noter que, chez «20 minutes», le concept de ‹faiseur d’opinion› ne signifie pas que nous influençons une opinion. Mais bien que nous sommes la seule plateforme d’information neutre en Suisse qui offre systématiquement un espace pour toutes les opinions, afin que les utilisateurs puissent s’en faire une idée personnelle.»

Les chaînes de télévision allemandes ont beaucoup d’influence

Les programmes de télévision et de radio de la SSR possèdent également une grande influence sur la formation de l’opinion. La SSR est décrite comme «l’entreprise de médias la plus influente». Alors que les jeunes consommateurs de médias consultent surtout «20 minutes» pour se forger une opinion, les programmes de télévision et de radio de la SSR ont plus d’impact sur les groupes plus âgés.

En Suisse, la hiérarchie des médias les plus influents est la suivante:

1. 20 Minutes
2. SRF 1 (TV)
3. SRF 1 (Radio)
4. SRF 3 (Radio)
5. SRF zwei (TV)
6. Blick
7. RTS Un
8. ARD
9. La Première
10. ZDF

Selon l’étude, une formation de l’opinion libre et équilibrée est une condition préalable essentielle au fonctionnement des sociétés démocratiques. Un paysage médiatique diversifié assure la diversité des opinions. Dans l’ensemble, l’enquête dépeint «un paysage médiatique suisse diversifié et efficace qui remplit largement sa fonction sociale d’assurer la diversité des opinions».

Attention à la concentration

Dans la petite Suisse, le pouvoir d’opinion se concentre sur quelques groupes de médias et l’on constate la formation d’un «duopole» en de nombreux endroits constitué par la SSR et Tamedia, l’éditeur notamment de «20 minutes». Rien n’indique toutefois que, dans un avenir prévisible, un seul fournisseur puisse devenir trop dominant sur l’un des 18 marchés examinés.
Cependant, les auteurs mentionnent également des «tendances de concentration potentiellement nocives» et écrivent qu’une «certaine vigilance» est indiquée: d’une part, la SSR occupe une position très forte sur certains marchés. D’autre part, la tendance continue à la standardisation permettrait à certains médias d’exercer un «pouvoir d’opinion considérable» avec un contenu suprarégional à travers des systèmes régionaux de feuilles de route.

«Une couverture étonnamment équilibrée»

Linards Udris, du Research Institute Public and Society (fög) de l’Université de Zurich, atteste de la position forte de «20 minutes», «surtout dans le secteur online». Toutefois, il mentionne également l’évaluation de la qualité des médias de 2018, dans laquelle «20 minutes» n’avait obtenu que 48 points sur 100 points de qualité. «Les personnes interrogées ont critiqué la faible hiérarchisation de l’information, le manque d’information de base et la combinaison moins diversifiée des sujets.»
Il explique qu’il est frappant de constater le rapport très équilibré de «20 minutes» avant les votations, comme le montre le moniteur de vote du fög.

Autrement dit, les arguments pour et contre reçoivent pratiquement le même espace de parole. Cela peut être considéré comme positif, mais peut également s’avérer problématique dans certaines circonstances: «Nous devons nous demander si des rapports équilibrés ont du sens lorsque la majorité des partis et des associations s’est exprimée contre ou en faveur de tel ou tel projet de loi», explique Udris.

(cam)