Mondial 2014

07 juillet 2014 17:37; Act: 08.07.2014 13:01 Print

L'intransigeant Manuel Neuer

Ce n'est pas une découverte, simplement une confirmation. Manuel Neuer, 28 ans, est un des meilleurs gardiens au monde. Peut-être même LE meilleur.

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(Photo: Keystone/Marcus Brandt)

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Neuer s'inscrit dans la lignée de ses cousins germains Oliver Kahn, Andreas Köpke, Bodo Illgner ou Harald Schumacher. Une liste à faire pâlir d'envie les autres pays dans laquelle le portier de Bayern Munich, élu meilleur gardien au monde en 2013, a toute sa place.

Effacé, sans attrait particulier pour les paillettes, les strass ou les projecteurs, le gamin de Gelsenkirchen - il a fréquenté la même école que Mesut Özil, la Gesamtschule Beger Feld, et a été lui aussi formé par Schalke - réserve ses coups d'éclat au rectangle vert. Sans en faire trop non plus: tout pour l'efficacité, la sobriété, seul compte le résultat.

De sa parade décisive à la 94e minute face à Karim Benzema, en quart de finale contre la France (1-0), Neuer en a parlé très sommairement en restant fidèle à son impavide personnage. «Mon match n'était pas si mal mais sur ce tir, je devais bloquer le ballon!» Personne dans la Mannschaft ne lui en a tenu rigueur... «Les arrêts, vous savez, ce sont surtout des automatismes. Mes coéquipiers couvrent l'axe au mieux, mon travail est de boucher les derniers angles. Et, quand le ballon entre, c'est une faute du portier.» Pour les compliments, merci mais allez voir ailleurs!

Meilleur que... Beckenbauer

Ailleurs, les louanges sont nombreuses et viennent de partout («c'est le plus complet au monde», dixit son homologue français Hugo Lloris), d'Allemagne particulièrement. Franz Beckenbauer et Oliver Kahn ont déjà affirmé que Neuer n'avait pas son pareil sur la planète. «C'est décisif d'être présent dans les situations importantes et de sauver son équipe. Au bout du compte, c'est là-dessus qu'on le juge», estime Kahn.

Depuis le début du tournoi, les coéquipiers et les entraîneurs de Schnapper (la perche) défilent à tour de rôle pour rendre hommage à leur ange gardien. Comme lorsque celui-ci répondait aux médias après la victoire contre la France et que Müller et Podolski passaient derrière en hurlant «Welttorwart», comprenez le meilleur gardien au monde.

Joachim Löw, le sélectionneur, soulagé que la blessure à l'épaule contractée le 17 mai par son portier ait vite été oubliée: «C'est rassurant pour une défense de savoir qu'il est là juste derrière. Depuis 2010, il est l'un des meilleurs, voire le meilleur à son poste.» Philipp Lahm, son capitaine: «A chaque match, à chaque entraînement, il y a un moment où je m'arrête et remarque à quel point il est bon! Et il le prouve sans cesse.» Per Mertesacker, défenseur central. «Quand tu as un tel portier, cela peut faire la différence entre un titre de champion du monde ou une élimination. Ce qu'il fait sur sa ligne, ce qu'il fait hors de sa surface, c'est unique.»

Ce qu'il fait hors de sa surface... Manuel Neuer ne se contente bien évidemment pas de protéger ses buts, il évolue haut, participe au jeu, se transforme parfois en premier relanceur. Ou en... libero, comme ce fut le cas en huitième de finale face à l'Algérie (2-1 a.p.), dans une prestation synthétisant à elle seule le nouveau visage du poste de gardien de but moderne. «J'ai rarement vu un meilleur libero. Peut-être même meilleur que Franz Beckenbauer, a osé Andreas Köpke, le coach des portiers allemands. Pour moi, c'est le gardien le plus complet du monde. Je ne vois personne au-dessus.»

Homme de grands rendez-vous

Il est vrai que les statistiques du Munichois contre les Fennecs ont de quoi interpeller: 17 ballons touchés hors de sa surface et 54 au total. Neuer, du haut de ses 193 cm, avait même touché plus de ballons que sept... joueurs de champ algériens sur la seule première mi-temps! Depuis le début du Mondial, son taux d'arrêts est de près de 90%, son taux de passes réussies nage dans les mêmes eaux.

Voici donc Schnapper prêt à se dresser entre 200 millions de Brésiliens et leur rêve de triomphe, mardi à Belo Horizonte (22h00). Un contexte qui sied à merveille au gardien, devenu spécialiste des grands rendez-vous. Sa saison en Ligue des champions, malgré une élimination en demi-finale contre le Real Madrid, a été un modèle du genre. Et Özil avec Arsenal (en huitième), Welbeck avec ManU (quart) ou Cristiano Ronaldo en savent quelque chose... Borussia Dortmund, dans la «finale» de Bundesliga 2013, et Stuttgart, dans celle de la Coupe d'Allemagne la même année, aussi, écoeurés qu'ils avaient été par les parades de la Perche.

(ats)

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