Mondial 2014

06 juillet 2014 17:54; Act: 07.07.2014 12:32 Print

Quatre sélectionneurs très différents en demi-finales

Les équipes en demi-finales du Mondial ont des sélectionneurs à la personnalité très différente. Tour d'horizon.

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De gauche à droite et de haut en bas, Louis van Gaal, Joachim Löw, Luiz Felipe Scolari et Alejandro Sabella, les quatre sélectionneurs des équipes en demi-finales du Mondial.

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Brésil - Allemagne, Argentine - Pays-Bas: quatre nations majeures du football se retrouveront, mardi et mercredi, en demi-finales de la Coupe du monde 2014. Une occasion pour quatre sélectionneurs renommés et très différents les uns des autres de croiser le fer.

Le Papy

Il y a le Papy, Luiz Felipe Scolari, déjà champion du monde à la tête de la Seleção en 2002. Sa force, le relationnel avec ses joueurs, pour qui «il est comme un père», expliquent souvent Neymar, Julio Cesar et autre Luiz Gustavo. Héritier de la très défensive école gaucho du Rio Grande do Sul, Scolari, en dépit de ses résultats, divise l'opinion.

Alors certes, le Brésil est toujours en course et le peuple auriverde est en transe à chaque victoire. Mais, une fois l'adrénaline du match et du succès évaporée, le public ressent clairement une forme de gêne. Il aurait rêvé une Seleção plus audacieuse, plus spectaculaire, plus séduisante. Personne ne fera toutefois la fine bouche en cas de triomphe au soir du 13 juillet en finale au Maracanã.

Le Dandy

Il y a le Dandy, Joachim Löw, coupe de cheveux impeccable et tenue vestimentaire top classe épousant un corps fort bien entretenu. Mais le gendre idéal, grand intellectuel du football, est arrivé au Brésil avec une image écornée: celle de celui qui a rendu le jeu allemand attractif mais qui ne sait pas faire gagner la Mannschaft.

Alors Löw, de la divulgation de sa liste de sélectionnés au quart de finale remporté face à la France, a semblé, pour la première fois de son mandat commencé en 2006, faire les choses «à l'arrache». «Piocher», dirait-on en cyclisme au sujet d'un échappé à la peine dans un col. Reste que Jogi est en demi-finale pour le cinquième tournoi d'affilée, en comptant le Mondial de 2006 durant lequel il était l'assistant de Jürgen Klinsmann. Et qu'il a sacrifié un peu de la superbe de la Mannschaft pour que celle-ci soulève, enfin, un trophée après lequel elle court depuis l'Euro 1996.

Le Discret

Il y a le Discret, Alejandro Sabella, éclipsé comme toute son équipe d'Argentine par un seul homme, Lionel Messi. Peu ou pas connu hors d'Amérique du Sud - voire même hors de son pays -, Sabella a deux grands mérites. Il a tout d'abord su, enfin, trouver le système et créer l'environnement dans lesquels la Puce peut évoluer au même niveau qu'à Barcelone. Et cela n'avait que très rarement été le cas sous d'autres règnes.

Si l'Albiceleste peine à convaincre dans ce Mondial, elle est elle aussi au rendez-vous du dernier carré et semble répondre aux attentes de son sélectionneur. Sabella espérait une montée en puissance au fil du tournoi et la qualification contre la Belgique a pu en ce sens lui donner satisfaction. Avec le réveil de Higuain, Messi paraît moins seul. Et l'Argentine plus compétitive.

La Tulipe de fer

Il y a la Tulipe de fer, Louis Van Gaal, tacticien de génie, meneur d'hommes hors pair, personnage parfois imbuvable d'arrogance ou de poussées de colère. Van Gaal croit en lui, en ses idées, en son football. Et personne n'osera jamais accuser le coach de manquer de courage au moment de défendre son point de vue.

Cela a commencé, à la surprise générale, par un changement de philosophie pour les Pays-Bas, passant par le reniement de l'école oranje adulée depuis une quarantaine d'années. L'affaire n'était pas mince. Cela s'est poursuivi au cours de chaque match des Néerlandais, ponctués par des fulgurances dans le coaching, qui ont notamment permis aux Bataves de s'imposer trois fois après avoir été menés au score. Et dont l'exemple le plus marquant a été le changement de gardien avant la séance de tirs au but contre le Costa Rica en quarts de finale. Le contraste est d'ailleurs saisissant, entre le calme affiché en toutes circonstances par Van Gaal et la panique totale de Scolari et de tout le banc brésilien lors de la blessure de Neymar contre la Colombie.

(ats)

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