Mondial 2014

01 juillet 2014 21:43; Act: 02.07.2014 00:39 Print

Trois minutes qu'Ottmar Hitzfeld n'oubliera jamais

Les trois dernières minutes de sa carrière d'entraîneur expliquent pourquoi, dit-il, on aime tant le football. «Seul le foot peut procurer de telles émotions», lâche Ottmar Hitzfeld.

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La fin de l'histoire est toujours aussi cruelle pour l'équipe de Suisse en Coupe du monde. A Sao Paulo, elle s'est inclinée 1-0 à la... 118e minute devant l'Argentine en huitième de finale. Huit ans après les penalties de Cologne face à l'Ukraine, l'issue au Brésil est également mortifiante. Même si elle a été très largement dominée, la Suisse aurait pu mériter un autre salaire. Deux occasions en or pour la Suisse, aucune pour l'Argentine! Le scénario de la première mi-temps ne fut pas celui que l'on attendait. Même si l'Albiceleste a eu la maîtrise du jeu, la Suisse aurait dû mener au score. A la 29e, sur le troisième corner suisse de la rencontre, Shaqiri réussissait un petit récital le long de la ligne de fond avant d'offrir un véritable caviar à Xhaka. L'émotion était à son comble à la fan zone de Lausanne. «On a souffert tout le match, mais il faut passer par des moments comme ça», a dit Messi, passeur décisif sur le but vainqueur (1-0 a.p.) à la 118e minute. Le match s'est joué à la 118e sur une erreur de Lichtsteiner. Le Lucernois perdait un ballon à quarante mètres de sa cage. Le contre fut imparable: accélération de Messi qui échappait au tacle de Schär pour un décalage vers Di Maria (photo) sur le flanc droit. La frappe du joueur du Real Madrid ne laissait aucune chance à Benaglio. «On ne voulait pas aller aux penalties, on voulait gagner avant la fin de la prolongation. Sur le but, d'abord j'ai cru tirer, puis j'ai vu Di Maria, je l'ai décalé et ça a marché. La chance était de notre côté, il fallait en profiter», a déclaré Messi.

Une faute?

«Nous prenons ce but à la 118e sur une rupture. L'équipe, à l'image de Diego Benaglio qui est monté à l'abordage, a ensuite jeté ses dernières forces. Et il y a eu ce centre de Shaqiri pour Dzemaili...»

Après le coup de sifflet final, Ottmar Hitzfeld a rejoint ses joueurs sur la pelouse. «Je me suis revu à Barcelone en 1999 après la défaite avec le Bayern contre Manchester United dans des circonstances un peu analogues. L'entraîneur se doit, dans ces instants, d'aller vers les joueurs. Je voulais en premier lieu les remercier, poursuit-il. Ils ont livré le match que j'espérais. Ils l'ont joué avec passion. Mais ils ont su également témoigner du calme voulu. Ils savaient que la sensation était possible cet après-midi. Au final, la fierté l'emporte sur la déception. Je crois que l'équipe de Suisse a gagné beaucoup de sympathie dans le monde entier avec ce huitième de finale».

«Nous aurions dû ouvrir le score en première période. Face à l'Argentine, il n'y avait pas d'autre alternative sur le plan tactique. Nous devions tout d'abord bien défendre. La seule fois où nous avons laissé des espaces, l'Argentine a marqué... Si nous avions ouvert le jeu, je suis convaincu que nous aurions connu la même mésaventure que devant la France. Sur le plan défensif, nous avons bien défendu non seulement sur Messi mais également sur les autres Argentins. Mais on a vu aujourd'hui que Messi est capable, en l'espace d'une fraction de seconde, de faire basculer un match. Son ouverture sur Di Maria fut parfaite. Mais le tir de Di Maria aussi. Il le fallait pour battre Benaglio dans ce match».

Ottmar Hitzfeld, qui avait demandé que le décès de son frère la nuit précédente ne soit pas évoqué, a confirmé que sa retraite était irrévocable. Son soixante-et-unième match à la tête de l'équipe de Suisse aura bien été le dernier. «Je peux être fier de ma carrière d'entraîneur. J'ai eu la chance, il est vrai, d'entraîneur de grandes équipes». Malgré tout, les trois dernières minutes de cette carrière, aussi folles fussent-elles, lui laisseront des regrets éternels.

Les images des supporters, qui ont suivi le match


(ats)

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