Mondial 2014

09 juillet 2014 16:35; Act: 09.07.2014 16:47 Print

Le monde change, le Brésil aussi

La pression, Neymar, etc. On peut retourner le problème dans tous les sens: le Brésil n'était pas assez talentueux pour remporter sa Coupe du monde.

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Un simple coup d'oeil à son effectif suffit pour se convaincre. que la Seleçao n'avait pas le niveau. Alors oui, il y a Neymar qui, lui, n'a pas raté son Mondial (4 buts/2 assists). Mais qui n'était finalement que le crack qui cachait le trac. D'ailleurs, le no 10 de la Seleção ne mérite le titre de crack que dans son pays, n'ayant pas encore apporté en club la preuve ultime d'un talent que l'on pressent immense. En fait le Brésil, contrairement à jadis, n'a pratiquement aucun joueur qui soit véritablement dominant en Europe, le seul endroit où l'on peut avec certitude identifier les meilleurs joueurs de la planète.

L'inconnu Bernard

Durant ce Mondial, le Brésil a aligné dans les buts Julio Cesar, contraint de partir à Toronto chercher un temps de jeu que ne lui donnait plus ce monstre sacré de la Premier League qu'est... Queens Park Rangers. En attaque, le détail des troupes fait froid dans le dos. Mais comment se présenter à une Coupe du monde à domicile avec Fred, contesté même à Fluminense, comme seul vrai avant-centre!?!

Autour de l'ancien Lyonnais, pas non plus de quoi s'emballer. Hulk, après cinq prometteuses saisons à Porto, a décidé de faire le bonheur du Zenit St-Pétersbourg, certes une bonne équipe mais qui évolue dans un championnat peu relevé. Et qui pour remplacer Neymar mardi soir face à l'Allemagne (7-1)? Bernard, aussi souvent remplaçant que titulaire dans le club-phare d'Ukraine, Shakhtar Donetsk.

Alors oui, cela aurait pu être Willian, auteur d'une bonne saison avec Chelsea mais qui ne fait pas (encore?) partie des cadors d'Europe. Et puis il y avait Oscar, lui aussi joueur des Blues, lui aussi très talentueux, mais lui non plus pas une star du Vieux Continent. Le temps des Kaka, Ronaldinho, Rivaldo, Ronaldo, Bebeto ou Romario - pour rester dans un passé récent - semble bien bien loin...

Parole à la défense

Les seuls internationaux brésiliens à compter vraiment dans les grands championnats européens appartiennent tous, de près ou de loin, au secteur défensif. Il y a David Luiz à Chelsea et Marcelo au Real Madrid, lequel ne soutient cependant pas la comparaison avec son illustre prédécesseur Roberto Carlos. Il y a eu Daniel Alves, qui semble toutefois rentrer dans le rang en même temps que le FC Barcelone et qui a raté son tournoi.

Il y a Thiago Silva, que l'on voit peut-être un peu trop beau qu'il ne l'est. Il faut se souvenir que le Monstre, bientôt 30 ans, n'est international que depuis cinq ans, qu'il joue pour un PSG qui veut faire le grand mais n'en est pas encore un, et qu'à son palmarès ne figurent «que» des titres en Serie A (1) et en Ligue 1 (2), une Supercoupe d'Italie et de France et une Coupe de la Ligue française.

Que Neymar

Il faut alors se tourner vers les travailleurs du milieu de terrain. Mais là aussi, à part peut-être Fernandinho, champion d'Angleterre avec Manchester City après huit saisons à Donetsk, les Paulinho, Ramires ou Luiz Gustavo ressemblent plus à d'excellents éléments au sein d'un collectif qu'à des leaders, des faiseurs de décision, des stars.

Le Brésil ne vit-il alors pas sur sa réputation? Est-il toujours un pays exportateur d'immenses talents? Peut-être faut-il commencer de se rendre à l'évidence, les Brésiliens évoluant en Europe sont de plus en plus des joueurs parmi d'autres et sont de moins en moins dominants. On comprend mieux aussi, à la lumière de ces éléments, pourquoi les attentes autour de Neymar sont si grandes au pays.

(ats)

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