Mondial 2014

13 juillet 2014 18:51; Act: 13.07.2014 20:09 Print

Les Argentins en liesse dans une Rio allemande

Des dizaines de milliers de fans argentins et allemands ont envahi la Rio de Janeiro à quelques heures de la finale du Mondial Allemagne-Argentine au stade Maracana.

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Klaxonnant bruyamment, des caravanes de véhicules argentins sillonnent les rues de Rio et leurs supporters agitent des drapeaux bleu et blanc aux fenêtres: «Allemagne!!», répondent en hurlant les Brésiliens sur le trottoir. A quelques heures de la finale du Mondial Allemagne-Argentine au stade Maracana, Rio de Janeiro est envahie par des dizaines de milliers de «hinchas» argentins qui ont campé au sambodrome ou sur la plage de Copacabana.

100'000 Argentins dans la «Ville merveilleuse»

La rivalité footballistique est telle entre Argentins et Brésiliens que ces derniers ont pris fait et cause pour leurs bourreaux allemands, qui ont pourtant infligé à la Seleçao la plus lourde et humiliante défaite de son histoire (7-1) en demi-finales. Les autorités de l'Etat de Rio estiment que plus de 100'000 supporteurs argentins ont afflué dans la «Ville merveilleuse». Ils sont un peu déçus du parti pris allemand de leur voisin sud-américain, mais font contre mauvaise fortune bon coeur.

«Il y a une grande rivalité en tout, depuis toujours, entre Brésiliens et Argentins. Ils pensent qu'ils sont les plus grands du monde et nous aussi!. Ils étaient convaincus qu'ils seraient champions et ça ne s'est pas passé comme ils le voulaient. Dommage qu'ils supportent l'Allemagne, ça me fait mal au coeur, on est tous latinos», déclare à l'AFP Roberto Romeira, 38 ans, comptable.

Un jour et demi de trajet en voiture

Mario Brunetti, de Buenos Aires, n'est pas tendre avec la Seleçao de Felipe Scolari: «C'est la pire équipe que j'ai vue dans l'Histoire. Ils sont parvenus en demi-finales grâce à l'arbitre», lance-t-il en préparant son «maté» qu'il boira sur la plage de Copacabana où il verra le match sur l'écran géant du Fan Fest. «Rien ne pourrait nous faire aussi mal que de voir le Brésil champion du monde et rien ne peut faire plus mal aux Brésiliens que de voir l'Argentine gagner», explique Ariel Westten, un Argentin «descendant d'Allemands, mais seulement descendant!!!». Lui et ses amis sont partis vendredi à 15h00 en voiture d'Argentine et viennent seulement d'arriver au Sambodrome «pour chercher le trophée!».

Crainte des incidents

Pour Eric Turanza de Salta (nord) les Brésiliens supportent l'Allemagne «à cause de la folie des grandeurs des Hermanos . On est Argentins et on se croit Européens, surtout les Portenos (habitants de Buenos Aires). Le pire c'est qu'à cause de ça, si c'était une finale Brésil-Argentine, toute l'Amérique latine soutiendrait le Brésil! On ne nous aime pas !!!!», dit-il en éclatant de rire.

Devant le guichet du métro alors qu'ils se rendent en hordes à Copacabana, les supporteurs de l'Albiceleste de Messi provoquent les Brésiliens en chantant: «Dis-moi comment tu te sens après les sept buts!» «J'ai peur qu'on finisse par se prendre un balle», confie Rodolfo Bocca, par très rassuré par toutes ces provocations.

Arrogance dénoncée

Mais dans le métro menant du Sambodrome à Copacabana, les Brésiliens prennent plutôt avec le sourire l'invasion bruyante de »hermanos« (»frères«, Ndlr) argentins. «Nous sommes confrontés à un un choix difficile: supporter nos bourreaux ou nos rivaux historiques, les Argentins. J'opte quand même pour l'Allemagne car je sais que si les Hermanos gagnent, ils se moqueront de nous à vie», déclare Francisco Silva, un fonctionnaire carioca.

«L'arrogance des Argentins me fait opter pour l'Allemagne. C'est insupportable de penser qu'ils puissent remporter la Coupe au Maracana, 64 ans après le Maracanazo... Mais notre rivalité est avant tout sportive!», abonde l'avocat Claudio Perreira. Copacabana, Peter Stock, un Allemand de 51 ans en maillot rouge et noir de l'Allemagne, comme celui du Flamengo le club le plus populaire de Rio, assiste à toute cette exubérance sud-américaine avec une pointe d'inquiétude. «Les Argentins sont partout. Tout est sympa pour l'instant. Mais ça fait trois jours qu'ils boivent et font la fête», dit-il. «Et s'ils perdent je me demande si cette foule deviendra agressive»....

(afp)

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