La correctrice du mois

09 juillet 2014 06:00; Act: 09.07.2014 14:53 Print

Dénicher les fautes: «Un jeu et un enrichissement»

Parmi les nombreux internautes qui signalent des erreurs repérées sur le site de «20 minutes», Catherine Fankhauser est une des plus assidues. Portrait de cette informaticienne.

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Catherine Fankhauser a beau être de langue maternelle allemande, elle manie la langue de Molière à la perfection.

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Fautes d'orthographe, contresens et autres petites et grandes erreurs en tout genre fleurissent parfois sur le site de «20 minutes». Heureusement, nos lecteurs veillent au grain. Chaque mois, nous vous présentons l'un de ces correcteurs émérites, choisi pour la pertinence et la fréquence de ses interventions.

Catherine Fankhauser est certainement la plus assidue de cette communauté. En juin, elle a cumulé près d’une trentaine d’interventions. Cette informaticienne de 64 ans pratique, dans le cadre de son métier, la traduction et la relecture de textes. «Du coup, j’ai probablement l'oeil plus exercé et les fautes me sautent à la figure, pour ainsi dire», reconnaît-elle.

Pourtant, le français n’est pas sa langue maternelle. «Je suis Bernoise. Je suis venue à Genève à l’âge de 19 ans. Et j’y ai tellement souffert de l’accueil et des moqueries que je me suis juré d’apprendre parfaitement le français, pour qu’on ne puisse plus deviner d’où je viens.» Sa ténacité a visiblement payé, puisque, non contente de maîtriser toutes les subtilités de la langue de Molière, aucune intonation germanique ne vient trahir ses origines lorsqu’elle s’exprime.

Mais il n’y a aucune connotation revancharde de la part de cette Vaudoise d’adoption. «Je trouve que le français est une belle langue et cela m’attriste de voir certaines erreurs, souvent dues à de l’inattention. J’ai surtout peur que, si on ne les corrige pas, les lecteurs finissent par croire que c’est ainsi que cela s’écrit.»

Et l'oeil acéré de Catherine Fankhauser repère des fautes partout, «notamment dans les publicités», et aussi lorsqu’elle lit de l’allemand. Un jour, elle a même pris la peine de corriger celles commises par le policier qui enregistrait sa plainte, «avant que son chef ne lui fasse tout changer», rigole-t-elle. Car même si elle est agacée de voir le français aussi malmené, elle préfère en rire. La chasse aux fautes, elle prend ça «comme un jeu». Et chercher ou vérifier la bonne orthographe ou la règle grammaticale est, dit-elle, un «véritable enrichissement».

Quant à savoir quel genre d’erreur l’irrite le plus, elle finit par désigner les homophones – son et sont ou encore a et à – qui s’immiscent de plus en plus dans les textes actuels.

(jfz)