Gastronomie

06 avril 2018 06:59; Act: 05.04.2018 13:12 Print

Amener son vin au restaurant

par Romain Wanner - Savourer une bonne bouteille en la prenant avec soi au resto. Point sur une pratique méconnue.

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Apporter son vin avec soi au resto, ça peut être économique ou festif, mais il faut prendre en compte encore le droit de bouchon. (Photo: DR)

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«J’aimerais réserver pour quatre personnes, à 19h30. On amènera notre vin!» Si cette phrase peut faire sourire, le concept du «BYOB» (Bring your own Bottle – soit amenez votre propre bouteille), est une réalité. Populaire dans les régions anglo-saxonnes, la tendance n’est pas répandue en Suisse romande, mais mériterait de l’être.

Dans nos contrées, seuls quelques établissements proposent à leurs clients d’amener leurs crus avec eux. C’est le cas de la table d’hôte du Plaisir des Saveurs, à Genève. «La table d’hôte est un moment de partage, déclare Mickael Brun, chef du Plaisir des Saveurs. Je me suis dit que c’était aussi l’occasion pour les clients de boire leurs bonnes bouteilles.» Quoi de mieux, en effet, qu’un bon plat pour accompagner un bon vin, ou l’inverse!

C’est aussi en partant de ce constat que Martial Chevalley, patron du restaurant Le Contretemps, à Montreux-Territet, a décidé de proposer des soirées «BYOB», dont la prochaine est agendée à ce soir même!

Mais qu’en est-il pour les restos qui n’affichent pas ouvertement leur opinion sur le sujet? «Il faut appeler le restaurant avant pour demander si c’est possible», déclare Geoffrey Bentrari, chef sommelier de l’Hôtel Président Wilson, à Genève. «Sinon, le restaurateur peut mal le prendre! C’est un peu comme si vous veniez manger en donnant votre tupperware à réchauffer au chef! Mais, le but, dans la restauration, c’est que le client prenne du plaisir! Ainsi, s’il désire fêter un événement particulier avec une bonne bouteille de sa cave personnelle, il n’y a pas de raison qu’on le lui refuse!»

Il faudra toutefois encore régler la question du droit de bouchon! C’est une «norme», dans la restauration, que de prélever une somme d’argent à l’ouverture d’une bouteille amenée par le client, car c’est principalement sur les boissons que les restaurateurs font leur marge! Si, tant au Contretemps qu’au Plaisir des Saveurs, rien n’est prélevé au débouchonnage, il y a fort à parier que ce sera le cas ailleurs. Reste à savoir si ça vaudra le coup.