Taux plancher

16 janvier 2015 17:10; Act: 16.01.2015 17:17 Print

Prévoyance: perte d'environ 30 milliards

L'abandon du taux plancher et la forte appréciation du franc qui s'en est suivie ont affecté les institutions de prévoyance en Suisse.

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Suite à la décision de la Banque nationale suisse (BNS) d'abolir le cours plancher, les institutions de prévoyance ont perdu environ 4% de leur fortune (environ 30 milliards de francs), a indiqué vendredi la société de conseils Towers Watson, dans un communiqué.

Degré de couverture en baisse

Ce pourcentage se base sur les données du rapport de performance de l'Association suisse des institutions de prévoyance (ASIP), qui indique une allocation aux devises étrangères non couvertes d'environ 25%. La fortune totale des institutions de prévoyance est estimée à 750 milliards de francs. Les degrés de couverture de ces institutions devraient aussi présenter un repli de 4%.

«La question maintenant est de savoir si cette évolution négative concrétise une réaction immédiate des marchés ou s'il s'agit d'une tendance durable», poursuit le communiqué. Certains observateurs penchent pour la seconde option.

Si tel devait être le cas, cela signifierait que la rémunération des avoirs de vieillesse des assurés devra être revue à la baisse par les institutions de prévoyance. Le taux de rémunération se situe actuellement le plus souvent à plus de 3%, ce qui est supérieur au taux minimum LPP fixé à 1,75%.

Hausse des engagements de prévoyance

Parallèlement à la suppression du taux plancher, la BNS a décidé de réduire les taux d'intérêt sur les dépôts à -0,75%. La décision a eu pour conséquence immédiate un recul du taux moyen des obligations corporate du SBI A-AAA de 11 points de base. Cela porte la baisse totale des taux à 31 points de base, depuis le 31 décembre.

La situation a entraîné une augmentation des engagements de prévoyance de 3 à 4%. Si ces conditions perdurent jusqu'à la prochaine clôture des comptes de sociétés, elles auront pour conséquence de détériorer leur position déjà fragile, notamment due aux taux obligataires historiquement bas, conclut Nicolas Girardoz, responsable du département Retirement Solutions chez Towers Watson.

(ats)