Journée de la bonne action

16 mai 2019 07:39; Act: 17.05.2019 09:03 Print

«Je m'associerais aussi avec la Migros»

par S. Spaeth/ofu - Joos Sutter, patron de Coop, a répondu à une interview tout en donnant son sang, en lien avec la Journée de la bonne action.

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Joos Sutter, avec Coop vous avez lancé la Journée de la bonne action. Un événement qui fait davantage penser aux scouts qu'à un grand détaillant. Étiez-vous membre des scouts quand vous étiez petit?
Non. En grandissant aux Grisons, je passais de toute manière tout mon temps à l'extérieur, dans la nature. Mais je comprends qu'on puisse penser aux scouts, qui participent d'ailleurs à l'événement. Pour nous, le but de cette journée est de motiver les gens à faire une bonne action.

Comme cette idée vous est-elle venue?
Nous voulions faire quelque chose au niveau de l'engagement social et inciter les autres à faire de même tout en postant leurs expériences sous le hashtag #JourneeDeLaBonneAction. Cette journée est censée être une sorte de déclencheur. Nous espérons que les personnes continueront à s'engager à l'avenir. Comme pour moi: depuis l'école de recrues, je n'ai donné qu'une seule fois mon sang. Grâce à la journée de la bonne action, j'espère le faire plus souvent à l'avenir.

Vous êtes le premier PDG à donner une interview en plein don de sang. Comment vous sentez-vous après la piqûre?
Je n'ai pas peur des aiguilles. En revanche, je suis un peu soucieux parce que ça fait longtemps que je n'ai pas fait de check-up médical.

Combien de personnes participeront-elles à la Journée de la bonne action?
Nos magasins accueillent tous les jours jusqu'à 1,5 million de clients. Même s’il n’y a qu'une toute petite partie d'entre eux qui se laisse motiver, ça fait déjà beaucoup. De nombreuses idées inspirent cette journée. Elles peuvent avoir un lien direct avec nos magasins: que ce soit porter les commissions d'un client ou accompagner des personnes handicapées pour faire les courses avec elles. Parfois, une petite impulsion suffit pour faire une bonne action. Par exemple rendre visite à quelqu'un qu'on n'a plus vu depuis longtemps.

En tant que PDG, a-t-on le temps de faire de bonnes actions?
On trouve toujours le temps si on veut. Le 25 mai prochain, soit lors de la Journée de la bonne action, je participerai personnellement à une action de nettoyage d'un ruisseau à Berne, organisée par le WWF. Je m'engage par ailleurs personnellement et régulièrement pour la protection de l'environnement. Je suis aussi membre de plusieurs organisations travaillant dans ce sens. C'est une thématique qui me tient à coeur.

Les bonnes actions donnent une bonne conscience. Qu'en pensez-vous?
Les bonnes actions doivent venir du coeur. Sinon, on risque de les regretter plus tard. Je ne m'engage pas parce que j'ai mauvaise conscience. Souvent, le but est simplement de faire plaisir.

Avez-vous parfois mauvaise conscience?
Parfois, je dois prendre des décisions qui ont de lourdes conséquences pour le personnel. Comme les restructurations. Malheureusement, ces décisions sont parfois inévitables. Les répercussions qu'elles ont sur les personnes me préoccupent. Mais penser qu'une bonne action permet de compenser des décisions difficiles serait une erreur.

Vous en êtes à 200 millilitres de sang donné. Passons aux questions délicates: ne serait-ce pas une bonne action de bannir certains articles de vos rayons?
Nous le faisons régulièrement. Depuis plusieurs années, nous avons totalement renoncé à vendre du foie gras et proposons uniquement du poisson durable. Et pour les produits de notre propre marque, nous utilisons exclusivement de l'huile de palme issue de l'agriculture biologique et durable.

Et que faites-vous au niveau du plastique?
Nous virons, par exemple, les cotons-tiges en plastique de notre assortiment. Cela nous permet d'économiser 10 tonnes de plastique par année. Nous nous efforçons aussi de vendre les produits bios sans emballage. Et les clients peuvent apporter leurs propres récipients quand ils se rendent dans nos take-away Sapori et Karma. En ce qui concerne les fruits et légumes, nous misons sur les sachets réutilisables. À l'heure actuelle, déjà 600'000 pièces ont été mises en circulation.

En guise de bonne action, seriez-vous d'accord de troquer votre bureau contre une journée à la caisse?
Bien sûr! Chaque année, les membres de la direction occupent pendant un jour un poste à l'extérieur de leurs bureaux. Nous nous sommes déjà retrouvés à commencer notre journée à 4h du matin au service de livraison Coop@home ou à préparer des pains dans une de nos boulangeries. Cette année, nous travaillerons au centre de logistique.

Est-ce que vous seriez prêt à vous associer à Fabrice Zumbrunnen, CEO de Migros, pour faire une bonne action?
Bien évidemment que je m'associerais à lui pour une bonne action.

Vous en êtes désormais à 446 millilitres de sang. Comment vous sentez-vous?
Je suis encore debout. Mais je suis un peu plus faible qu'avant. Au moins, mes résultats sanguins ont l'air en ordre.