Conflit fiscal

25 juillet 2014 16:14; Act: 25.07.2014 17:28 Print

«La Suisse compte beaucoup d'amis aux USA»

Malgré les démêlés dans le dossier fiscal avec les Etats-Unis, la Suisse compte beaucoup d'amis, voire des admirateurs, aux Etats-Unis.

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Manuel Sager, 59 ans, sera le nouveau chef de la Direction du développement et de la coopération (DDC) dès novembre. (Photo: Keystone)

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«Nous jouissons d'une très bonne réputation», estime Manuel Sager, futur ex-ambassadeur de Suisse à Washington. Le nouveau patron de la Direction du développement et de la coopération (DDC) dès le 1er novembre prochain s'est confié à l'ats.

Quel bilan tirez-vous de votre mandat en tant que chef de mission à Washington ?

- le temps passé aux Etats-Unis a surtout été consacré au différend fiscal entre les deux pays. Il est évident que ce dossier était complexe, à la fois du point de vue des relations avec les Etats-Unis, mais aussi en matière de politique intérieure. Les négociations ont débuté avec des positions très différentes de part et d'autre. C'est pourquoi presque cinq ans de pourparlers ont été nécessaires jusqu'à ce qu'une solution se dessine, d'abord pour l'UBS, et ensuite pour le reste de la place financière helvétique.

J'ai aussi passé le reste de mon mandat à promouvoir la Suisse outre-Atlantique. Un pays innovateur, compétitif et attractif comme le nôtre reste un gros investisseur aux Etats-Unis. Par ailleurs, Washington profite aussi de notre tradition en matière de bons offices lorsque la Suisse s'engage dans les affaires du monde.

Comment évaluez-vous aujourd'hui l'état de nos relations avec les Etats-Unis ?

- La Suisse compte beaucoup d'amis, voire d'admirateurs, sur place. Cette situation est due en grande partie à la beauté de la nature en Suisse ainsi qu'à la propreté de notre environnement, nos infrastructures, notre façon de vivre ensemble, notre harmonie, nos cultures différentes ainsi que depuis plusieurs années des finances étatiques équilibrées. Pas de doute, la Suisse est considérée outre-Atlantique comme l'un des pays les mieux appréciés au monde, même si des films populaires rappellent parfois aux Américains des clichés moins agréables liés notamment à des numéros de comptes bancaires.

La fin du conflit fiscal avec les Etats-Unis est-elle en vue ? Et quelles traces laisseront des discussions qui ont parfois été rudes ?

- D'un point de vue gouvernemental, le différend a été résolu au mois d'août 2013. Pour plusieurs banques, la mise en oeuvre des décisions va encore durer. Côté suisse, les sempiternels pourparlers avec les autorités judiciaires américaines laisseront sûrement des traces. En revanche en Amérique, le conflit fiscal avec Berne - malgré sa récupération dans des spots publicitaires lors de la dernière campagne présidentielle - n'est pas un thème, ou alors mineur. Lorsque je l'évoque lors de discussions publiques, je dois avouer que je vois en face de moi des visages plutôt interrogateurs.

Selon vous, la Suisse a-t-elle quelque chose à apprendre des Etats-Unis dans certains domaines, et inversement ?

- On entend souvent là-bas dans les discussions que les Etats-Unis sont le meilleur pays du monde, ce qui ne signifie pas que les Américains ne sont pas dotés d'un sens critique. Mais ce principe fait partie de l'identité américaine et dans les moments cruciaux de leur histoire, ils s'en servent comme d'une motivation supplémentaire pour s'améliorer. Je vois là le réel potentiel des Etats-Unis.

Nous, Suisses, avons au moins autant de motifs qu'eux d'être fiers de notre pays. Mais nous avons parfois de la peine à envisager les difficultés avec autant de légèreté. Nous parlons plus volontiers des choses qui ne marchent pas. Cette situation caractérise parfois notre attitude. Il ne s'agit pas d'un plaidoyer contre la modestie, mais peut-être d'un plaidoyer pour plus de reconnaissance. Inversement, sur plusieurs questions socio-politiques auxquelles les Etats-Unis ont parfois des difficultés à répondre, nous avons trouvé des solutions adéquates, c'est le cas pour la formation des jeunes ou en matière de frein à l'endettement.

Que souhaitez-vous à votre successeur à la tête de la mission suisse à Washington, Martin Dahinden, que vous remplacerez dès novembre à la tête de la DDC ?

- Qu'il puisse recueillir avec sa famille autant de gestes de sympathie envers la Suisse que nous en avons reçus, la mienne et moi, aux Etats-Unis. Il aura certes à traiter de dossiers bilatéraux épineux, mais sans doute échappera-t-il à un litige sur cinq ans.

(ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Georges le 25.07.2014 18:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pathétique

    Les USA avec la complicité de conseillers fédéraux (Widmer Schlumpf entre-autres) ont tué le secteur bancaire helvétique (10% du PIB du pays). Soyons réalistes, des milliers d'emplois ont déjà disparu et d'autres vont suivre, à cause de nos politiciens faibles se laissant marcher dessus.

  • tycoon le 25.07.2014 21:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Autre point de vue!

    par contre l amerique perd des amis tous les jours! Quand vas t on mettre un visa pour les americains pour rentrer en suisse? L americain est faux cul! Donc je ne crois pas un mot de leur soit disante amitie!

  • C.Paduboulo le 25.07.2014 20:52 Report dénoncer ce commentaire

    Propagande

    Et ou étaient-ils quand la Suisse était mise au pilori? Des amis comme ceux -là, on s'en passe.

Les derniers commentaires

  • Anon' le 26.07.2014 17:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    A poil!

    Tous à poil devant les US, laissons-les piller nos banques et donner l'exemple à l'UE qui fera la même chose! Après tout, nous sommes "amis".

  • Honte à nos banques le 26.07.2014 15:42 Report dénoncer ce commentaire

    C'est vous qui etes pathetique

    Nos banques ce sont tues d'elles-même, si jamais. Un peu d'honnêteté ne nuit a personne, n'est-ce pas ?

  • sandrila le 26.07.2014 15:39 Report dénoncer ce commentaire

    magnifique collaboration en effet ! Son

    rôle a consisté à soutenir et aider EWS et ses "compères" à s'agenouiller devant les USA et exécuter leurs ordres! Quelque chose à apprendre des USA? A fermer ses ambassades et se tailler fissa pour ne pas subir les conséquences pour avoir 1) mis le pays à feu et à sang, 2) tué Khadafi pour le remplacer par un gouvernement de "terroristes amis" encore + cruels que lui et 3 )avoir distribué des quantités d'armes à tous les groupes ethniques pour qu'ils s'entretuent. La population civile Libyenne en paie le prix fort, des 100ène de morts chaque semaine et elle ne peut pas fuir! Merci USA et UE

  • Floooo le 26.07.2014 11:09 Report dénoncer ce commentaire

    Pffffff

    On a pas besoin d'être ami avec un pays pareil si la conséquence de cette "amitié" est d'envoyer chier la moitié des autres pays sur terre qui ont un problème avec le gendarme du monde.

  • Meilleur Citoyen le 26.07.2014 11:06 Report dénoncer ce commentaire

    amis par défaut...

    les états-uniens sont des alliés souvent peu fiables... mais je trouve qu'ils sont déjà bien meilleur que certains autres, comme l'UE... au moins les USA ne cherchent pas à envahir notre pays, le piller ou l'intégrer de force!