Finlande

18 juillet 2014 14:55; Act: 21.07.2014 14:19 Print

«Le pays a été trompé par Microsoft»

La suppression de 18'000 emplois annoncée jeudi par l'américain Microsoft dans le monde entier est un coup dur pour la Finlande.

Sur ce sujet
Une faute?

La Finlande abrite le siège historique de l'ancien numéro un mondial de téléphones mobiles Nokia, sur lequel le géant informatique a mis la main l'année dernière. «Le pays a été trompé» par Microsoft, a lancé le ministre des Finances finlandais Antti Rinne après avoir appris que son pays allait essuyer la suppression d'environ 1100 emplois.

Le site d'Oulu (nord-ouest), emblématique parmi les ingénieurs de Nokia, est le plus touché. Il va définitivement fermer. Au total, 500 salariés spécialisés dans les téléphones dits «classiques», et non les smartphones, sont concernés.

«C'est un grand choc», a regretté la dirigeante syndicale d'Oulu Tiina Nortamo. L'ex-patron de Microsoft Steve Ballmer, remplacé par Satya Nadella début février, avait promis en septembre dernier que Microsoft n'avait pas «de plan significatif pour relocaliser les postes de travail (...) dans le cadre de la fusion» avec Nokia.

Plusieurs dirigeants politiques finlandais ont exigé de Microsoft des plans de soutien pour ceux qui vont perdre leur emploi. «Il est temps pour Microsoft de faire preuve de responsabilité sociale», a insisté le ministre du Travail Lauri Ihalainen, cité dans un communiqué.

Les négociations portant sur les conditions de licenciement devraient démarrer la semaine prochaine et devraient durer environ six semaines.

Piliers de l'économie fragilisés

Les perspectives de trouver rapidement un emploi ne s'annoncent pas des plus simples pour les ingénieurs, surtout à Oulu qui a en compte déjà «des centaines» en chômage suite aux plans de licenciement précédents, affirme Mme Nortamo. A son apogée, en 2011, Nokia employait encore à Oulu plus de 2000 personnes.

Les piliers traditionnels de l'économie du pays nordique, comme l'électronique et le papier, souffrent d'un lent déclin. L'économie finlandaise vient d'accuser deux années de recul consécutif de son PIB (-1,4% en 2013, -1,0% en 2012). Faute de croissance, le pays s'endette. D'après les prévisions du gouvernement publiées en juin, la dette publique va atteindre 60,4% du produit national brut cette année.

(ats)