Avions Swiss trop étroits

11 décembre 2019 22:49; Act: 11.12.2019 23:04 Print

«On a souvent des bleus à la fin de la journée»

Le personnel de cabine de Swiss se plaint du manque de place dans les avions. Et ce sera encore pire dans le prochain A320 Neo. Un steward raconte.

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Archives/Photo d'illustration. (Photo: Keystone)

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La compagnie aérienne suisse Swiss ajoutera l'Airbus A320 Neo à sa flotte en 2020. Avec le successeur de l'A320, il est possible de transporter plus de passagers avec davantage d'espace. Cependant, ce nouvel appareil est vivement critiqué par les équipages de cabine, qui voient leur espace de travail diminuer comme peau de chagrin. Leur situation, déjà difficile dans les transporteurs actuels, va encore empirer.

«En raison du manque de place, il n'est pas rare de rentrer à la maison avec des ecchymoses à la fin de la journée», explique R.* à nos collègues de 20 Minuten au sujet de son expérience avec l'A320. Il ne comprend pas pour quelle raison l'A320 Neo va encore rendre ses tâches plus ardues.

Les conditions de travail, spécialement dans la cuisine, sont pénibles. «Il est presque impossible de se retourner», explique R. Dans l'A320 Neo, l'agencement de la cuisine a été modifié et la surface de travail s'en trouve encore réduite.

Les passagers aussi concernés

Ces problèmes ont également des répercussions sur les passagers. Selon R., la proximité entres les WC et la cuisine pose un problème d'hygiène. En outre, l'espace dans les allées est de plus en plus exigu. Si l'équipage de cabine se déplace dans l'allée avec le chariot, il ne peut pas croiser. «Si nous avons de la chance, il y a un siège vide dans l'allée où le passager peut s'asseoir un moment jusqu'à ce que nous soyons passés. Sinon, nous devons reculer, ce qui nous fait perdre un temps précieux.»

La sécurité au travail n'est plus garantie, toujours selon R. C'est pourquoi le syndicat des agents de bord Kapers a également contacté la Suva.

Les turbulences, un point sensible

Le personnel est souvent confronté à un dilemme en raison des contraintes de temps, en particulier sur les vols de courte durée. Deux chariots doivent être installés en même temps pour assurer le service. Cependant, leur présence pourrait entraîner des difficultés pour se rendre à sa propre place et utiliser les masques à oxygène en cas d'urgence, toujours selon R.

En outre, R. se plaint également des gros efforts consentis pour soulever de lourdes charges. Les agents de bord, surtout les plus petits et les plus âgés, atteignent leurs limites physiques. «Les dommages à long terme sont inévitables», se plaint R. Tout cela pour un salaire relativement bas: le revenu de départ d'un membre de l'équipage de cabine chez Swiss est de 3400 francs.

Les négociations de la CCT sont en cours

Une chose est sûre: l'A320 Neo arrive. Les hôtesses et stewards n'ont actuellement d'autre choix que d'attendre le résultat des négociations de la convention collective entre Swiss et le syndicat. «Nous devons tirer le meilleur parti de la situation, que pouvons-nous faire d'autre?» ponctue R. d'un soupir. Les employés suisses n'ont pas le droit de faire grève, lit-on dans le contrat.

* Nom connu de la rédaction

(P. Hagen/adi)