Chômage des jeunes

16 décembre 2013 07:40; Act: 16.12.2013 16:23 Print

«Tout ce que je veux, c'est enfin travailler»

Pas moins de 10,4% des jeunes Suisses entre 15 et 24 ans n'ont pas d'emploi. Quatre d'entre eux ont souhaité faire part de leurs frustrations.

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Le chômage des jeunes en Suisse s'élève actuellement à 10,4% contre 10,1% l'année passée, selon les critères de l'ONU. Ce taux est plus élevé que ceux de l'Autriche (9,2%) et de l'Allemagne (8,8%), a révélé dimanche la «SonntagsZeitung». Les chiffres de l'ONU se basent sur le nombre de personnes qui cherchent activement du travail.

En Suisse, en revanche, les taux de chômage se réfèrent uniquement au nombre de personnes étant inscrites dans un office régional de placement (ORP). Du coup, le taux pour les jeunes Suisses entre 15 et 24 ans s'élevait en octobre à 3,4%, une baisse de 0,2 point par rapport à septembre. «20 Minuten» a rencontré quatre jeunes chômeurs. Voici leurs témoignages:

Daniel, 25 ans: «Je suis trop diplômé»

Depuis 2009, j'ai envoyé au moins 500 postulations. Les personnes qui me répondent me disent que je suis trop diplômé, que je coûte trop cher à cause de mon CFC de maçon ou que je n'ai pas assez d'expérience. Sur les chantiers, beaucoup de personnes parlent portugais. On m'a déjà reproché que je ne parlais pas cette langue. Je trouve aussi que l'ORP a fait le moins possible pour moi. Mon conseiller ne s'est même pas posé la question de savoir pourquoi je n'ai toujours pas de job après quatre ans. Aujourd'hui je suis à l'aide sociale. L'envie de travailler est plus forte jour après jour.

Sule, 16 ans: «Je n'ai aucune chance»

«J'ai fini l'école secondaire l'été passé. Je n'ai pas trouvé de place d'apprentissage malgré les 75 postulations que j'ai envoyées. Seules quatre personnes sur vingt de ma classe ont trouvé du travail. Certains passent toutes leurs journées à la maison. Avec mon diplôme d'école secondaire, je n'ai aucune chance. La personne chargée de mon dossier à l'ORP ne m'aide presque pas. Je voudrais tellement que quelqu'un m'encourage. Si je n'ai pas de job d'ici la fin de l'année, je ne sais pas ce que je vais faire.»

Sandra, 24 ans: «Tout ce que je veux, c'est travailler»

«Dans mon ancien emploi, j'étais cheffe adjointe de ma section. J'avais dix-sept personnes sous moi. J'ai démissionné en février, depuis j'ai envoyé 250 postulations. J'ai même envoyé mon CV à une chaîne de fast-food, mais ils m'ont dit que j'étais trop qualifiée pour le poste. Ça m'énerve que certains disent que les jeunes sont paresseux! Personne ne veut de nous. Jusqu'à la fin de l'année, je toucherai encore l'argent du chômage. Ensuite, je vais devoir m'inscrire à l'aide sociale. Pourtant, tout ce que je veux, c'est enfin travailler.»

Kevin, 25 ans: «Trop de personnes cherchent du travail»

«J'ai terminé mon apprentissage d'employé de commerce. J'ai écrit plus de 300 postulations, sans succès. C'est toujours la même chose. Les entreprises cherchent des personnes avec de l'expérience. Mais comment est-ce que je peux acquérir de l'expérience si personne ne veut de moi? Il n'y a pas assez de postes et trop de personnes qui cherchent un emploi. Ce serait bien de changer le système: les entreprises devraient d'abord embaucher les jeunes qui ont le plus de jours de chômage à leur effectif.»

Janis, 16 ans: «J'en ai marre»

«J'ai envoyé 30 postulations. Je m'intéresse uniquement aux sociétés qui ont été informées par ma conseillère AI. J'ai le syndrome d'Asperger. Beaucoup de mes anciens camarades font une année d'école supplémentaire ou un séjour à l'étranger. Moi, j'ai envie de travailler. Mon plus grand rêve serait de devenir informaticien.»

(hal/ofu)

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Les commentaires les plus populaires

  • Un directeur de 40 ans au chômage le 16.12.2013 10:45 Report dénoncer ce commentaire

    Profit = étranger

    Pratiquement toutes les assurances, banques ou grosses entreprises profitent d'engager des frontaliers... Ils sont moins cher et sont un moyen de pression sur les ouvriers suisses. Arrêtez de croire que ce n'est pas vrai. On m'a tenu se discours pendant 10 mois lorsque la direction générale me demandai de mettre la pression sur mon équipe. Il serait temps d'imposer des quotas dans les entreprises pour limiter ce fléau. Car c'est de ça qu'il s'agit. Mieux vaut un frontalier moins bien formé qui ne coûte rien, qu'un suisse qualifié et motivé qui coûtera plus cher!! Belle époque!

  • Genevois le 16.12.2013 11:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Mon temoignage

    Il y a quelques années j ai travaillé dans une banque à Genève (premier emploi). Hormis quelques anglais, nous étions une poignée de Suisses face à que des frontaliers français dans mon département (et je parle que de mon dép.) Et en 1 an, j ai vu que des engagements de français venant même de paris pour le même travail que je faisais! La direction était entièrement française. Beaucoup de jeunes genevois auraient pu avoir ces postes... J étais sidéré!

  • Kurt Sempach le 16.12.2013 11:33 Report dénoncer ce commentaire

    Dure réalité

    Exemple du canton de Neuchâtel : près de 15'000 frontaliers, dont un bon tiers à des postes d'employés de commerce. Taux de chômage ? 6.7 % à La Chaux-de-Fonds ! Et on ne parle pas du taux de chômage des jeunes ! Que les politiques arrêtent de se voiler la face : Schengen = PLUS de chômage ! Il faut réinstaurer des quotas de travailleurs frontaliers et privilégier l'emploi des jeunes et des citoyens avant tout ! Les politiques doivent protéger l'emploi et les patrons doivent cesser de convoiter de la main d'uvre étrangère juste pour payer moins. Reprenons nos emplois ! Jeunesse, réveille-toi!

Les derniers commentaires

  • Josie le 17.12.2013 15:58 Report dénoncer ce commentaire

    Finalement

    La bonne solution ne serait-elle pas que, puisque le patronnat prônant la libre circulation, celui-ci paie les frais colossaux engendrés sur le non-emploi des suisses (chômage et aides sociales) qui en raison d'une sous-enchère salariale de plus en plus flagrante (appelons un chat, un chat) ne trouvent plus que très difficilement du travail? Personne ne me fera pas croire que sur les milliers de chômeurs et de personnes se retrouvant à l'aide sociale, il n'y a pas des personnes qualifiées dans le lot.

  • olivier le 17.12.2013 10:02 Report dénoncer ce commentaire

    Se souvenir aussi....

    Avant de sacrifier les accords bilatéraux et la libre circulation,il serait bien de se rappeler que le chômage suisse à augmenter d'une manière vertigineuse(EN MASSE) après le rejet de L'Espace Economique Européen(EEE) en 1992 par les Suisse.Les bilatérales ont remis le pays sur le droit chemin,loin d'une déroute économique et sociale de 10 ans qui commençait à peser lourdement sur tout le pays.ABE

    • éric le 17.12.2013 13:04 Report dénoncer ce commentaire

      Chômage incompressible.

      D'ailleurs le chômage des années 92 et années suivantes n'est encore pas résorbé aujourd'hui.Il s'agit de ceux largués à cette époque et qu'on appelle actuellement le chômage incompressible.En effet, ils n'ont jamais retrouvé de travail faute de bonnes qualifications ou problèmes de santé(dépression ect..).Qui paie,alors, les aides sociales de l'Hospice général ou autres?Nos impôts et les actifs qui travaillent dans nos entreprises...A-t-on besoin d'en remettre une énorme mauvaise couche le 09 février prochain.

  • Anonyme le 17.12.2013 09:56 Report dénoncer ce commentaire

    Proposition à mes camarades de fortune?

    Ça vous dirait qu'on fasse une manif pour montrer au monde qu'on existe & qu'on ne demande qu'à bosser?? Qu'on en a marre d'être traités de glandeurs/profiteurs?? Que sans nous les gens (de + de 40 ans par ex) auront une rente avs égale à 0 CHF, pour autant que l'avs vive jusque là..., s'ils persistent à croire qu'on est bons qu'à passer la journée sur internet à des fins privées (par ex) & à se plaindre??

    • fara le 17.12.2013 13:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      go pour une manif

      Go go go go !!!!! Une manifestation quand vous voulez. On pensait même bloquer les douanes. Ils le font bien pour protester contre leur histoire d'assurance. J'ai 29 ans et après 1000 offre d'emploi depuis le début de l'année et toujours le même refrain trop qualifiée trop cher etc etc

  • Bertrand Xavier le 17.12.2013 09:36 Report dénoncer ce commentaire

    Cours de répète catastrophe pour l'econo

    Et que dire d'un jeune employé de commerce qui cherche mais ne trouve pas car malheureusement on voulant suivre la tradition dans mon pays je me retrouve avec trois semaines de cours de répètes par année (armée). Les patrons préfèrent les Européens qui ne sont pas absent trois semaine de plus comme le trop bon trop con de suisse que je suis.

    • romain le 17.12.2013 10:32 Report dénoncer ce commentaire

      On a besoin d'un économie forte.

      Le seul problème:C'est que l'économie nous donne du travail,de l'argent et paie les aides sociales ainsi que les infrastructures.Sans entreprises,sans boulot et croissance pas de salut pour remplir les assiettes et assurer le futur du pays en infrastructure.On peut être contre la libre circulation,l'économie mondiale ou les patrons mais ce sont bien ces éléments qui nous font vivre. Il faudrait voir à régler les soucis des Suisses en les accompagnants et non pas en se coupant du monde et des régions aux alentours.

  • Viva Lavie le 17.12.2013 09:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pas seuls

    Même situations pour les moins jeunes, 44ans suissesse, trilingue et je ne trouve pas d'emplois. Je suis en fin de droit et ne touche plus aucune indemnité n'ayant droit à rien, car je suis dans mon pays. (Non même pas le RI ou similaire) Triste suisse ou les chiffres sont faussés pour faire bonne figure....

    • Olivier le 17.12.2013 12:53 Report dénoncer ce commentaire

      Pas seuls non

      Même chose pour moi, droit à rien non plus, qualifié parmis les plus de 16 mille candidats pour les mêmes postes. Entre les entreprises qui veulent des masters/maîtrise fédérale pour tirer des câbles réseau (6 postes sur 10 environ), et celles qui demandent 10 ans d'expérience à des jeunes de 17 ans, celles qui préfèrent engager des étrangers pour raisons salariales, je me retrouve sans rien et obligé de bosser au noir pour survivre. Pas d'adresse = aucune aide, et évidemment impossible d'obtenir une place de travail. Un comble pour un honnête travailleur suisse qui a toujours vécu ici...