Chine - Suisse

21 juillet 2014 15:36; Act: 21.07.2014 17:22 Print

Avancée en vue d'un marché d'échange du yuan

La Banque nationale Suisse (BNS) et la Banque populaire de Chine (PBOC) ont signé un accord de swap bilatéral, qui constitue une étape en vue de la création d'un marché d'échange du yuan en Suisse.

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(Photo: Keystone/how Hwee Young)

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«Ce texte constitue une condition préalable au développement d'un marché du yuan en Suisse», a expliqué lundi en conférence de presse à Pékin Thomas Jordan, président de la BNS. «Ce n'est toutefois pas une condition suffisante», a-t-il ajouté.

En effet, un tel marché du yuan ou renminbi ne pourra voir le jour que si une banque chinoise ayant accès au système bancaire chinois s'établit en Suisse, afin d'assurer les procédures de clearing, a détaillé Thomas Jordan.

Rôle des acteurs privés

«L'importance des échanges économiques entre les deux pays constitue une excellente base de départ», a commenté le président de la BNS. La balle est désormais dans le camp des acteurs privés, a-t-il précisé.

Il n'y aura pas qu'une seule plate-forme d'échange de yuans en Europe, a averti Thomas Jordan, en référence aux accords existant avec Londres et Francfort. Outre les échanges commerciaux bilatéraux, la Suisse est un acteur majeur de la gestion de fortune dans le monde, a rappelé le président de la BNS.

Enfin, la Suisse est une plate-forme du négoce des matières premières. «Un marché d'échange du yuan à toutes ses chances de réussite en Suisse», a estimé Thomas Jordan.

L'accord souligne par ailleurs les bonnes relations entre les deux banques centrales, dans un contexte de rapprochement économique entre la Suisse et la Chine marqué par l'entrée en vigueur de l'accord de libre-échange signé l'an dernier. Il contribue aussi à une plus grande stabilité financière dans les deux pays, a-t-il dit.

L'accord de swap bilatéral permet aux deux banques centrales d'acheter et de racheter des yuans et des francs pour un montant maximal de 150 milliards de yuans, soit quelque 21 milliards de francs. Le texte a été signé par Thomas Jordan, président de la BNS, et Zhou Xiaochuan, gouverneur de la PBOC.

Placement des réserves

Au passage, la banque centrale chinoise offre à la BNS un quota de 15 milliards de yuans (2 milliards de francs) pour des placements sur le marché interbancaire chinois des obligations. Par rapport à l'ensemble des réserves de devises de la BNS, cela ne représente qu'un petit 1% du total, a reconnu Thomas Jordan.

«C'est un début, mais c'est un signe important», a déclaré le président de la banque centrale. En outre, la BNS peut diversifier encore un peu plus ses réserves de devises.

L'Association suisse des banquiers (ASB) se félicite de l'accord. De même que les représentants des entreprises et du commerce extérieur. «L'accord représente une importante étape après l'accord de libre-échange avec la Chine et une reconnaissance chinoise envers la place économique suisse dont la crédibilité continue de s'accroître en Chine», relève Daniel Küng, directeur de Switzerland Global Enterprise, l'ex-Osec.

Jan Atteslander, directeur de la politique économique extérieure auprès d'economiesuisse, abonde. La coopération est importante pour un pays comme la Suisse très orienté vers l'international avec un secteur exportateur fort et un centre financier de premier plan.

Abritant le siège social de nombreuses holdings également, la Suisse peut bénéficier de l'accord, ajoute Jan Atteslander. La devise chinoise devrait gagner en importance dans le négoce international de matières premières qui s'exécute en grande partie via la Suisse, relève l'expert.

(ats)