France

01 juillet 2014 13:41; Act: 01.07.2014 18:09 Print

BNP Paribas assure avoir les reins assez solides

La banque française a assuré avoir les reins assez solides pour assumer sans soutien extérieur l'amende record de 8,8 milliards de dollars infligée la veille par les Etats-Unis.

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Réglée à l'amiable après d'âpres négociations suivies au plus haut sommet de l'Etat en France, l'affaire de violation d'embargos économiques américains ne devrait finalement pas non plus nuire aux pourparlers en cours pour un accord de libre échange UE-USA, comme Paris en avait brandi la menace. Directeur financier du premier groupe bancaire français, Lars Machenil, a mis en avant mardi son «ample» situation de liquidité et jugé qu'il n'avait «pas besoin de se précipiter» pour augmenter ses fonds propres, excluant tout appel aux marchés dans l'immédiat.

La veille, BNP Paribas avait reconnu avoir réalisé des opérations en dollars avec le Soudan, l'Iran et Cuba, trois pays sous embargo américain. Pour éviter un procès, la banque a accepté d'écoper de la plus lourde amende jamais infligée par les Etats-Unis à un établissement étranger. «BNP Paribas devrait très largement résister à l'amende infligée par les autorités américaines qui, en comparaison avec les actifs gérés par la banque, ne représente qu'un montant très faible», a souligné Christopher Dembik, analyste chez Saxo Bank. Pour régler ce qu'elle doit, BNP Paribas va donc piocher dans son confortable matelas de fonds propres. L'établissement français, bon élève européen au cours de la crise, en a les moyens, lui qui n'avait jamais affiché de perte durant cette période de turbulences.

Aucun impact sur les tarifs et la sécurité

Le régulateur bancaire français avait déjà tenu à rassurer sitôt l'ampleur des sanctions connue. L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution avait jugé dès lundi soir que BNP Paribas était capable d'absorber «les conséquences anticipées» de la punition. Le directeur général, Jean-Laurent Bonnafé, a enfoncé le clou mardi: «aucun client, ni aucun contribuable français ne sera mis à contribution. Cette sanction financière n'aura aucun impact sur nos tarifs, sur la sécurité financière de nos clients ou sur le service que nous leur apportons», a-t-il insisté auprès de l'AFP. Dans un message interne que s'est procuré l'AFP, il a, en outre, promis qu'il n'y aurait pas de conséquence sur l'emploi ou sur la politique de rémunération.

Les actionnaires du groupe, qui ont pu un temps craindre de devoir renoncer à leur dividende cette année, ont également été rassurés puisqu'ils toucheront cette année 1,50 euro par action, le même montant que l'an passé. Rassérénés par ces nouvelles, les investisseurs ont porté le titre BNP Paribas au sommet de la bourse de Paris: à 12h12 (10h12 GMT), il prenait 4,05% à 51,55 euros, dans un marché en hausse de 0,64%. Le règlement du litige bénéficiait aussi à l'ensemble du secteur puisque Société Générale (3,32% à 39,53 euros) et Crédit Agricole SA (1,89% à 10,50 euros), elles aussi dans le viseur américain pour des faits similaires, voyaient leur cours grimper.

La sanction financière américaine se double de la suspension de certaines opérations en dollars, qui frappera BNP Paribas pendant toute l'année 2015. Mais la banque a déjà prévu de faire appel à un tiers pour la suppléer. Surtout, les transactions concernées, liées au gaz et au pétrole, ne pèsent qu'une goutte d'eau (1%) dans son activité.

(afp)