Allemagne

15 juillet 2014 12:52; Act: 15.07.2014 16:43 Print

Bell écope d'une amende de 121 millions

Le groupe bâlois est accusé, avec une vingtaine d'autres producteurs de viande, d'entrave à la concurrence et d'entente sur les prix.

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Bell écope d'une amende de 100 millions d'euros (121 millions de francs) de la part de l'Office anti-cartel allemand pour entente sur les prix. Le groupe bâlois de boucherie et charcuterie conteste les faits et va faire recours.

Dans le cadre de son enquête, le gendarme allemand de la concurrence a infligé au total pour 338 millions d'euros d'amendes à 21 producteurs de saucisses accusés de s'être entendues sur les prix plusieurs années durant, a-t-il indiqué mardi. Herta, une filiale de Nestlé, est également concernée.

Bell rejette résolument ces reproches et entend se défendre. «L'amende infligée est objectivement fausse et juridiquement déplacée. Son montant est en outre tout à fait disproportionné dans un secteur à faibles marges», ajoute le groupe contrôlé par Coop.

Annulation exigée

Les faits reprochés à la filiale allemande de Bell se rapportent en outre à une période précédant la reprise fin 2008 des sociétés visées, Zimbo Fleisch- und Wurstwaren et Abraham, relève l'entreprise dans son communiqué. Le spécialiste des produits carnés va exiger l'annulation de l'amende.

La clarification juridique définitive durera probablement plusieurs années, ajoute l'entreprise, dont les ventes ont atteint l'an dernier 2,62 milliards de francs.

Le montant de l'amende ne tient pas compte de la gravité des faits reprochés, mais des parts de marché de l'entreprise, a expliqué à l'ats le chef des finances de Bell Martin Gysin.

Ce dernier se montre plutôt serein sur la suite de la procédure. Aucune provision n'a été constituée. Le titre Bell s'affichait toutefois en forte baisse mardi à la Bourse suisse.

Longue tradition

Au total, 21 entreprises sont visées par la procédure, dont la société Herta, filiale du géant vaudois de l'alimentation Nestlé. Trente-trois personnes le sont à titre individuel. Herta conteste également les faits reprochés et va recourir auprès de la Cour d'appel de Düsseldorf afin d'obtenir l'annulation de la décision.

«De nombreux témoignages ainsi que des documents attestent qu'il a été de tradition de s'entendre de façon régulière pour réclamer des hausses de prix» à leurs clients, souligne l'Office dans un communiqué.

L'Office, qui a bénéficié de la collaboration de onze entreprises dans cette enquête, n'a pas divulgué le détail des amendes imposées à chaque producteur. Il s'est contenté de préciser que celles-ci allaient de quelques dizaines de milliers d'euros à des montants en millions. Bell a elle-même communiqué le montant de l'amende qui lui a été infligée.

«Les producteurs de saucisse désignés se réunissaient depuis déjà plusieurs décennies (...) pour discuter de l'évolution du marché et des prix», est-il ajouté. Outre ces rencontres, l'Office estime que plusieurs producteurs ont mené des discussions concrètes, la plupart du temps par téléconférence, pour imposer des hausses de prix au commerce de détail.

(ats/afp)