UBS

29 juillet 2014 06:54; Act: 29.07.2014 17:46 Print

Bénéfice net de 792 millions au 2e trimestre

UBS a dépassé les attentes au deuxième trimestre 2014. En parallèle, la banque est parvenue à un accord avec le parquet allemand qui enquêtait sur d'éventuelles évasions fiscales.

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La banque fait mieux que prévu. (Photo: AFP/Fabrice Coffrini)

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L'accord, conclu en juillet, met fin à la procédure. «La résolution de cette question est une étape significative permettant à UBS d'aller de l'avant dans ce marché important», s'est félicité l'établissement mardi.

L'amende apparaît, néanmoins, salée en comparaison à celles versées par Credit Suisse et Julius Baer. Les deux instituts ont versé respectivement 50 millions d'euros et 150 millions, en 2011, pour solder les affaires d'évasion fiscale les impliquant outre-Rhin.

UBS était dans le viseur des autorités allemandes depuis 2012. Le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie avait lancé l'affaire, en acquérant un CD de données volées supposé renfermer des informations sur la clientèle de la banque ayant fraudé le fisc.

Sur la foi d'informations contenues dans ce disque, le ministère public de Bochum avait ouvert plusieurs enquêtes, puis lancé une série de perquisitions auprès de clients et de succursales allemandes d'UBS.

Autres procédures

La grande banque n'a, au demeurant, pas encore réglé son passé. D'autres procédures sont en cours. En Allemagne, une enquête reste pendante auprès du parquet de Mannheim, dans le land du Bade-Wurtemberg.

La Belgique et la France enquêtent également sur UBS. Dans l'Hexagone, l'affaire a même enflé. Soupçonnée de blanchiment aggravé de fraude fiscale, la banque a été mise en examen la semaine dernière et doit s'acquitter d'une caution de 1,1 milliard d'euros. Caution qu'elle conteste vivement, parlant d'un dossier «politisé».

Le directeur général Sergio Ermotti a dit, en conférence téléphonique, vouloir trouver une solution «équilibrée» en France. Le Tessinois estime que la caution va «au-delà du bon sens».

Pour régler ses litiges, UBS a provisionné 254 millions de francs au titre du deuxième trimestre, dont 120 millions pour l'affaire de Bochum. Des charges qui ont pesé sur la performance trimestrielle.

A la Bourse suisse, le titre a clôturé en baisse de 1,81% à 16,32 francs dans un marché stable. Si le profit net s'avère supérieur aux prévisions des analystes, le résultat avant impôts de 1,2 milliard de francs ressort légèrement en dessous des attentes.

Marge brute faible

De même, les activités de gestion de fortune ont manqué le consensus des analystes. Malgré d'importants afflux d'argent frais (10,7 milliards), cette unité a réalisé un bénéfice avant impôts de 355 millions de francs, contre 557 millions un an plus tôt. En excluant les provisions, le résultat aurait atteint 684 millions.

La marge brute de la division a, qui plus est, déçu. Elle a régressé de 3 points de base à 84 points. Elle demeure, néanmoins, plus solide que celle du concurrent Credit Suisse. Lequel a publié, la semaine passée, une perte nette de 700 millions de francs au deuxième trimestre en raison de la lourde amende écopée aux Etats-Unis pour clore son conflit fiscal avec les autorités.

A l'instar de son dauphin, UBS a pâti de la prudence générale de la clientèle. «Nous avons dégagé des résultats (...) solides dans des conditions de marché qui sont demeurées un défi pour nos clients comme pour le secteur dans son ensemble», a relevé Sergio Ermotti.

Perspectives prudentes

Dans le détail des divisions encore, le segment de gestion de fortune propre aux Etats-Unis, comptabilisé séparément, a généré un bénéfice avant impôts de 211 millions de francs (au lieu de 258 millions d'avril à juin 2013). Quant à la banque d'investissement, elle a inscrit un profit avant taxes de 579 millions (775 millions).

«Des performances opérationnelles solides», du reste, aux yeux de Sergio Ermotti. Robuste également le ratio de fonds propres durs, selon la réglementation Bâle III, qui a atteint 13,5%, en hausse de 0,3 point de pourcentage par rapport au premier trimestre.

Evoquant la suite de l'exercice, la banque demeure prudente. Elle évoque un certain nombre de difficultés notamment géopolitiques qui devraient subsister au troisième trimestre, ainsi qu'un ralentissement dû à la saison estivale. Elle ne formule pas de prévisions chiffrées.

(ats)