Allemagne

20 février 2019 12:46; Act: 20.02.2019 12:47 Print

Berlin bloque une levée de fonds en crypto-monnaie

Le gendarme allemand des marchés financiers a eu peur que se répète le scandale Envion, qui s'est terminé en désastre pour 30'000 investisseurs.

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Le siège de la BaFin à Frankfurt am Main. (Photo: DR)

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Le superviseur financier allemand Bafin a stoppé fin 2018 un projet de levée de fonds en crypto-monnaie par une société de conseil en placements. Il redoutait un nouveau scandale, a indiqué à l'AFP mercredi une source proche du dossier, confirmant des informations du journal Handelsblatt.

La jeune entreprise allemande Rise voulait lever à l'automne dernier 120 millions de dollars (soit autant en francs) avec son activité d'investissements basée sur l'intelligence artificielle, les investisseurs devant recevoir en échange de leur mise des jetons numériques. Or, ce projet d'«initial coin offerings» (ICO), calqué sur les «initial public offerings» (IPO), terme anglais pour les introductions en Bourse, a été arrêté après l'intervention de la Bafin, selon le quotidien.

Interrogée, la Bafin n'a pas souhaité faire de commentaire. La société Rise est dirigée par Stefan Tittel, un entrepreneur qui promet de «donner à chacun la chance d'investir comme un milliardaire».

Elle fournit une application pour négocier sur des options, indices, actions et crypto-monnaies. La technologie sous-jacente, basée sur l'intelligence artificielle, permettrait selon les dires de l'entreprise d'atteindre un rendement hors du commun allant jusqu'à 675% en 5 ans.

Scandale Envion

De quoi éveiller les soupçons de la Bafin, qui est passée à l'action en redoutant que ne se renouvelle le parcours calamiteux de la start-up berlinoise Envion, également active dans les crypto-monnaies. La mise en liquidation de cette dernière, ordonnée en décembre, avait généré un désastre pour 30'000 investisseurs ayant apporté 100 millions de dollars à la start-up.

Les épargnants se risquant à participer à des ICO doivent être «préparés à une perte totale de leur investissement», prévenait en novembre 2017 la Bafin dans une communication. Le présent cas pourrait jeter un coup de froid sur la jeune industrie liée aux crypto-monnaies, qui défraie déjà la chronique.

Au Canada, un important site d'échange de crypto-monnaies a été placé début février sous la protection de la loi sur les faillites après la mort de son jeune directeur général, seul à connaître le mot de passe permettant d'accéder à quelque 180 millions de dollars canadiens (120 millions d'euros) appartenant à ses clients.

(nxp/ats)