Blockchain en Suisse

14 septembre 2018 12:51; Act: 14.09.2018 13:26 Print

«Nous sommes assis sur un puits de pétrole»

La technologie blockchain se développe de plus en plus en Suisse. Elle permet de créer de nombreux emplois.

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(Photo: DR)

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La Suisse possède une longueur d'avance en tant que site pour la blockchain mais doit accélérer la dynamique pour garder ses rivaux à distance, ont affirmé des spécialistes de la question réunis jeudi soir à Crans-Montana à l'initiative du Greater Geneva Bern area (GGBa), l'agence de promotion économique de Suisse occidentale. «Nous sommes assis sur un puits de pétrole», a lancé l'entrepreneur Vincent Trouche.

«Des centaines d'emplois se créent actuellement en Suisse autour de l'économie de la blockchain», a relevé Alexis Roussel, un des pionniers du secteur, fondateur de Bity.com. Il a souligné à quel point il avait trouvé des interlocuteurs sensibles à sa démarche à Neuchâtel, où il a pris ses quartiers il y a quelques années après avoir essuyé des revers à Genève.

Entre-temps, le canton de Genève s'est repris et a créé un terreau favorable aux start-up du secteur, avec tout un écosystème (incubateur pour l'innovation, avocats spécialisés, soutien politique, formation académique) sur lequel il entend capitaliser, comme l'ont laissé entendre les intervenants.

Expérience en France

L'auditoire était rempli d'entrepreneurs de divers horizons, notamment de Français intrigués par le modèle suisse. «En France, quand j'ai voulu monter mon projet autour de la blockchain, on m'a d'abord bloqué mes fonds tout en me réclamant des impôts, avant même que mon projet démarre. J'ai alors contacté l'ambassade de Suisse à Paris, qui m'a immédiatement reçu et mis en contact avec la GGBa. Aujourd'hui je lance ma société à Neuchâtel», a témoigné l'un d'eux.

Egalement prêts à se laisser convaincre, deux Alsaciens de la société ADMCS sondent les opportunités suisses pour lancer leur projet de transport de conteneurs basé sur la blockchain, une innovation dans ce secteur «très conservateur qui en est resté au fax et au téléphone», selon eux. La marchandise serait enregistrée dans la chaîne de blocs (blockchain) réputée infalsifiable, et tout le trajet pourrait être tracé sans faille, sans nécessité d'en appeler à des intermédiaires extérieurs pour authentifier le tout.

Finma visionnaire

«Quand la fondation Ethereum est allée poser ses valises à Zoug pour lancer son réseau de blockchain, en 2014, la Finma (le gendarme financier suisse) a choisi de ne pas interdire, contrairement à d'autres Etats», a relevé Florian Ducommun, associé à l'étude d'avocats HDC à Lausanne.

Un pari payant: «La Suisse jouissait d'une forte crédibilité en matière financière à l'étranger. Du coup, les acteurs de l'extérieur se sont intéressés aux structures suisses pour venir y lancer leur ICO (levée de fonds via l'émission d'actifs numériques échangeables contre des cryptomonnaires).

L'élan était né, renforcé par l'arrivée en force de Zurich puis de la Suisse romande, en passe de rattraper son retard, à en croire les intervenants, grâce notamment à l'expertise de Vincent Pignon, conseiller pour le numérique du canton de Genève. »La compétition (pour attirer des entreprises) est toujours plus rude, mais la Suisse est dans une bonne dynamique. Il ne faut pas hésiter à accélérer encore«, a plaidé ce dernier.

Une rencontre est prévue la semaine prochaine avec un groupe de banques pour les convaincre d'accompagner cet élan. «Même les banques privées commencent à se dérider», observe Alexis Roussel.

Pour Vincent Trouche, directeur de Tokenestate.io, «une grosse fenêtre d'opportunité s'ouvre pour la Suisse. Le pays doit convertir cet avantage pour en dégager des profits pérennes, en s'appuyant sur son réseau de compétences (clusters) mis en place autour des start-up du secteur.» Selon lui, la nouvelle tendance, après les ICO, est celle des «Security tokens» (jetons d'investissement), des représentations numériques d'un actif, financièrement régulées, qui donnent droit à des parts d'une entreprise. Une opportunité de plus.

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • FanDu46 le 14.09.2018 13:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Peer to peer baby

    Le bébé du peer to peer contre qui tous les gouvernements se battent ! Des ordinateurs connectés en réseau qui partage des données et génèrent des clés sous forme de fichier ! C'est bien qu'on s'y intéresse et que cela génère des emplois, mais pour combien de temps ? Je pense que dès que ça aura pris de l'importance, les banques se l'approprieront et il en sera terminé de la liberté qui y était liée !

  • Max le rouge le 14.09.2018 15:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo

    Cool mais faudra augmenter la production d'électricité car le blockchain est très énergivore

  • Coin Coin le 14.09.2018 13:49 Report dénoncer ce commentaire

    Pas convaincu

    «Des centaines d'emplois se créent actuellement en Suisse autour de l'économie de la blockchain» Mais oui mais oui, que des salades pour mettre en avant son business...

Les derniers commentaires

  • Humanoïd 2.0 le 16.09.2018 10:26 Report dénoncer ce commentaire

    Dinosaures toujours

    Le tout numérique, et l'avenir de l'humanité.....donc convertir toute l'humanité en robots. Parce ce quà la base, il faut encore beaucoup d'abrutis pour créer et fournir suffisamment à manger pour les dinosaures de l'informatique. Et ce, sans compter lénergie gigantesque qu'il faut pour maintenir toutes les données en "vie"

  • NovaCrypto - EOS Nation le 15.09.2018 23:30 Report dénoncer ce commentaire

    EOS la Blockchain de 3ème génération !

    La blockchain 1.0 de Bitcoin et la Blockchain 2.0 de Ethereum ne peuvent pas montée en charge (scalability). Depuis 2018, Juin, EOS la Blockchain de 3ème génération a été lancée et de nombreux projets à base de Ethereum ou d'autres Blockchain se convertissent vers EOS. N'hésitez pas à vous inscrire à un événement(meetup) unique en Suisse à Lausanne le 4 octobre à 18h30-22h30 sur cette blockchain avec la présence d'un des producteurs de blocs situé au Canada et présent en Suisse pour cet événement unique !

  • bamboo le 15.09.2018 15:14 Report dénoncer ce commentaire

    Fin de la valeur travail

    Dans les prochaines décennies, la blockchain et l'intelligence artificielle vont probablement détruire des centaines de millions d'emplois, sans en créer autant pour compenser. Selon certaines élites de la haute finance et des GAFA, 80% des travailleurs actuels ne seraient plus nécessaires à l'économie si la technologie numérique était plus avancée. Tout va très bien, Madame la Marquise. Cela nous fera une belle jambe de savoir que la Suisse est leader.

  • Manu le 14.09.2018 18:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Novatrice... ou pas.

    C'est super si la Suisse pourrait être novatrice dans le domaine. Mais pour cela il faut créer la structure et les conditions pour... c'est ça qui vas prendre 20ans en Suisse et laisser les autres pays prendre les devants.

    • Ouais Ouais le 14.09.2018 21:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Manu

      Tu nas pas la moindre idée de ce dont tu parles...

    • Vérité, Une le 15.09.2018 10:40 Report dénoncer ce commentaire

      ... Mais voyons...

      Aveu-vous compris que c'est exactement le contraire de ce que vous soutenez ? La structure et les conditions existent. Elles sont aidées par tout un terreau qui possède les connaissances économiques et juridiques pour solidifier l'ensemble du processus blockchain. Il nous faut juste plus de lieux, spécifiquement construits et protégés, pour developper l'activité ;) Je n'en dirai pas plus. On ne parle pas de permis de construire pour des villas. On parle de bâtiments industriels dédiés à l'activité blockchain ;)

  • Hubert le 14.09.2018 17:53 Report dénoncer ce commentaire

    beaucoup de vent

    montagne de spéculation façon Lehman Brothers. La richesse vient du travail !

    • Otre Siècle le 15.09.2018 02:05 Report dénoncer ce commentaire

      Cliché obsolète

      Les travailleurs sont de plus en plus pauvres et les riches (qui n'ont pas besoin de travailler) de plus en plus riches!