Politique monétaire

14 novembre 2019 18:58; Act: 15.11.2019 07:50 Print

Climat: risque «modéré» pour l'économie suisse

Selon la BNS, le système financier helvétique devrait être en mesure de faire face aux changements induits par le réchauffement climatique.

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«La réponse de la politique monétaire face au changement climatique dépend de la nature du choc, de son intensité et de sa persistance», assure Andréa Maechler. (Photo: Keystone/Archives)

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L'ensemble des risques susceptibles d'affecter la stabilité économique et financière de la Suisse sont pour l'heure modérés, à en croire la direction de la Banque nationale suisse (BNS). «Néanmoins, ces risques et leur appréciation sont susceptibles d'évoluer», a relevé Andréa Maechler, membre de la direction générale de l'institut d'émission.

S'exprimant jeudi soir à Genève dans le cadre de l'apéritif «Marché monétaire», la dirigeante a évoqué les risques économiques et financiers qui découlent du réchauffement climatique et des phénomènes associés et les moyens mis en oeuvre «pour accompagner la transition vers une économie bas-carbone».

Andréa Maechler souligne que les coûts causés par les émissions ne sont pas assumés par les agents économiques qui les produisent, avec pour conséquence la surexploitation et la dégradation de l'atmosphère, «ressource commune à la disposition de tous mais qui n'appartient à personne».

Risque international

S'il n'est pas du ressort de la BNS d'intervenir sur la question climatique, cette dernière se retrouve néanmoins confrontée à son impact sur le fonctionnement de l'économie et du système financier, et partant, sur la stabilité des prix que la banque centrale a pour mission d'assurer à moyen terme.

«La réponse de la politique monétaire face au changement climatique dépend de la nature du choc, de son intensité et de sa persistance», assure Andréa Maechler, relevant le caractère international du risque climatique et des réponses qui doivent y être apportées.

Dans cet esprit, la BNS entretient un dialogue avec les autres banques centrales et les autorités de surveillance, et intègre ses réflexions en matière de durabilité dans la gestion de ses réserves de devises.

Elle cherche également à diversifier ses placements «de façon à influer le moins possible sur les conditions de marché et à ne pas générer de conflits d'intérêt avec la conduite de la politique monétaire». Selon la dirigeante, la BNS se distingue d'autres banques centrales par une part relativement élevée d'actions (20%).

Le portefeuille d'actions «très diversifié» de l'institut d'émission s'élève à plus de 150 milliards de francs, et ses placements dans quelque 6700 entreprises, libellés dans une trentaine de monnaies, y compris dans les économies émergentes, couvrent plus de 95% de la capitalisation boursière mondiale, signale Andréa Maechler.

(nxp/ats)