Croissance

17 septembre 2019 08:02; Act: 17.09.2019 14:06 Print

Coup de mou à venir pour l'économie suisse

Le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) et des analystes de Credit Suisse revoient à la baisse leurs attentes concernant la conjoncture suisse pour les trimestres à venir.

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Les précédentes prévisions conjoncturelles publiées en juin par le Seco étaient plus favorables pour l'année 2019. (Photo: Keystone/Photo d'archives)

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La Suisse devrait connaître un coup de mou conjoncturel ces prochains mois, conséquence notamment du ralentissement économique mondial et des tensions géopolitiques. L'emploi et la consommation privée devraient néanmoins rester solides, selon les projections des analystes.

«La plupart des indicateurs économiques actuels sont presque entièrement négatifs», a estimé l'économiste en chef de Credit Suisse, Oliver Adler, ajoutant n'entrevoir «que très peu de signaux positifs». Si la Suisse devrait être en mesure d'éviter une récession, elle risque cependant de connaître «une faible croissance» à l'avenir, a souligné son collègue Claude Maurer, responsable de l'analyse conjoncturelle nationale, lors d'une conférence de presse à Zurich.

L'année dernière, la Confédération a affiché une santé resplendissante avec une croissance économique de 2,5%, selon les chiffres du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco).

Effet exceptionnel

Mais, comme l'on souligné les spécialistes de la banque aux deux voiles, l'économie helvétique a profité, via les instance internationales comme la Fifa ou le CIO implantées sur territoire suisse, des retombées économiques des Jeux olympiques d'hiver en Corée du Sud et de la Coupe du monde de football en Russie.

Ces effets exceptionnels ne vont pas se reproduire cette année, qui en plus est péjorée par un ralentissement économique mondial et une série d'aléas géopolitiques - crise politique à Hong Kong, litige commercial sino-américain, Brexit, changement de gouvernement en Italie.

Concrètement, ces incertitudes devraient se traduire pour la Suisse par un ralentissement économique. En 2019, Credit Suisse anticipe désormais un produit intérieur brut (PIB) en hausse de seulement 1,1%, contre 1,5% dans ses précédentes estimations. L'exercice prochain, la croissance devrait atteindre 1,4%, nettement moins que les 1,8% jusqu'à présent attendus, a détaillé Credit Suisse.

Le Seco table sur une croissance du PIB de 0,8% pour 2019 (contre 1,2% précédemment attendu) et de 1,7% pour 2020 (prévision inchangée), en raison d'un contexte international dégradé pénalisant le commerce extérieur helvétique et les investissements. L'Allemagne, premier partenaire commercial de la Suisse, devrait connaître une croissance ralentie au deuxième semestre.

Le groupe d'experts de la Confédération s'attend d'ici la fin de l'année à une moindre demande étrangère engendrant un tassement des exportations, «ce qui n'était pas arrivé depuis des années», selon ses termes. La croissance des exportations est ainsi estimée à 2,3% pour 2019, contre 3,1% lors des prévisions de juin.

Comment va réagir la BNS?

Le ralentissement ne devrait pas épargner les grandes économies de la planète. Après une expansion de 1,8% en 2018, le PIB de la zone euro ne devrait plus croître que de 1,2% en 2019 et l'année suivante. L'Allemagne, premier client de la Suisse, devrait freiner à 1,5% cet exercice et à 1,6% le suivant, selon les projections de la banque zurichoise.

Sur le plan intérieur, les perspectives ne sont pas favorables. Les investissements des entreprises dans les biens d'équipements sont freinés en raison de la baisse d'utilisation des capacités de production et de la faiblesse des entrées de commandes. Le renchérissement du franc par rapport à l'euro va certes peser sur les exportations, mais sans que ce secteur ne subisse un effondrement, a nuancé Credit Suisse.

Côté positif, le ralentissement conjoncturel devrait avoir un impact modéré sur l'emploi. Credit Suisse table ainsi sur un taux de chômage de 2,3% en 2019 et de 2,4% l'année suivante, après 2,6% en 2018. Le Seco table quant à lui sur un taux de respectivement 2,3% et 2,5%. La solidité du marché de l'emploi devrait à son tour soutenir la consommation des ménages, attendue en hausse de 1,0% et de 1,3%. «Le secteur des services continue de croître, ce qui soutient la consommation», a souligné M. Adler.

L'inflation devrait quant à elle rester très modérée à 0,5% pendant les deux années sous revue, nettement sous l'objectif d'environ 2% visé par la Banque nationale suisse (BNS). La faible accélération des prix suggère que les tarifs des produits et services, ainsi que les salaires ne vont pas connaître de hausse notable.

Dans ce contexte d'incertitude, les yeux se braquent vers la BNS qui doit dévoiler jeudi sa politique monétaire. Si les augures de Credit Suisse ne s'attendent pas dans l'immédiat à une baisse des taux directeurs, une dégradation supplémentaire de la conjoncture mondiale, une baisse des taux par d'autres instituts d'émission ou encore une forte pression sur le franc pourraient faire sortir la banque centrale helvétique de sa réserve, ont-ils averti.

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • Amédée Prougnard le 17.09.2019 14:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La débandade, quoi ?

    Vous reprendrez bien une pilule bleue.

  • Amateur le 17.09.2019 15:35 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bientôt la fin !!

    Bientôt la fin !! J'en rêve !! Et là, beaucoup vont déchanter !! Marre de ces mensonges quotidien !

  • La®Fouine© le 17.09.2019 15:35 Report dénoncer ce commentaire

    Changement de paradigme indispensable

    Economie, économie et encore économie tous ces requins de l'économie n'ont pas encore compris que la croissance infinie dans un monde fini c'est terminé. Il faut raisonner autrement notamment en besoins de l'homme. 1.- indispensable et utile, 2.- nécessaire et utile, 3.- utile, 4.- superflu, 5.- désastreux; quand on aura pris conscience que seuls les points 1 à 3 peuvent être retenus pour l'économie il n'y aura pas de mou et surtout moins de requins qui profitent éhontément de la RIE3

Les derniers commentaires

  • Eric Lecteur le 19.09.2019 13:37 Report dénoncer ce commentaire

    C'est quand qu'on va où ?

    Tant mieux, une halte est parfois nécessaire, histoire de réfléchir où on veut aller, et comment y aller, voir pourquoi y aller.

  • Alain le 19.09.2019 08:03 Report dénoncer ce commentaire

    Travaille pour vivre.

    A quand la fin de système pourri où la consommation gère la planète. Course au profits, libéralisme sauvage, globalisation, bourse ,argent virtuel, croissance encore et encore. Si seulement tout ce bazar pouvait exploser avec un grand crack comme dans les années 20-30 pour remettre de l'ordre. J'attends cela avec impatience. Et dire qu'il y a sur la terre à l'heure actuelle de quoi faire vivre décemment toute la population sans se crever. Travailler pour vivre et non vivre pour travailler et engraisser les gros financiers.

  • Jean110 le 18.09.2019 17:26 Report dénoncer ce commentaire

    Tractation salariale,

    Constatation : chaque année à partir du 15 septembre jusqu'au 3 décembre la bourse et les pronostics économiques sont des plus moroses. Par contre dès le 3 décembre, une fois que les tractations salariales se sont terminées par un statut quo, on nous annonce chaque jour des pronostics de mieux en mieux et cela jusqu'au 25 décembre; et puis cela redescend un petit peu.

  • Liberland le 18.09.2019 13:21 Report dénoncer ce commentaire

    Libéralisme sauvage et sans contrôles

    Rien que dans le public CFF Poste Cargo CFF Ruag Walo MMM Coop Lidl etc et autres c est 100 000 jobs qui sont prévus d être supprimés avant 2020 ou dès débuts 2020, plein de PME en difficulté arrivée des détachés sous traitants très bons marchés etc ,Romandie très touchée par les licenciement comme d hab, Zurich et la Suisse alémanique très peu touchée, employés en open jaw dans d autres services sous traitant ou uberisé, turn over de 50% éxigé !

  • Oui le 17.09.2019 16:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Mais

    Décroissance avec croissance de la population = pauvreté, chômage et révolution voir pire...contrôle de la population mondiale = moins de besoin, moins de croissance et moins de stress sur les ressources et la planète...c est ça qu il faut admettre et faire comprendre avant tout...