Panama

22 mai 2019 21:21; Act: 23.05.2019 15:18 Print

Des Amérindiens accusent Nike de plagiat

L'équipementier a annulé la vente d'une basket dont le design «copiait» les dessins d'un peuple du Panama.

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Pour les indiens Kuna, la basket est une contrefaçon de leur art traditionnel. (Photo: AFP)

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L’affaire peut paraître anecdotique. Mais pour les Kuna, un peuple qui vit essentiellement au Panama, l’enjeu est symbolique. En cause? Des baskets que Nike entendait commercialiser le 6 juin pour 100 dollars la paire.

La chaussure – une édition limitée du modèle Air Force 1 – arbore un dessin coloré sur fond noir. Jusque-là, rien de grave. Sauf que l’équipementier a baptisé le modèle «Puerto Rico» et a présenté le dessin comme une représentation de la grenouille Coqui, emblématique de l’île.

Or, selon les Kuna, le design des ces baskets s’inspire des «molas», un art du textile traditionnel de leur peuple. Ils ont donc accusé le géant américain de violation de la propriété intellectuelle. Une plainte qui a été entendue: Nike s’est excusé et a annulé la vente de son modèle.

«Nous nous excusons pour la représentation inexacte de l'origine de la conception du Nike Air Force 1 «Puerto Rico» 2019. En conséquence, ce produit ne sera pas disponible» à la vente, a réagi un porte-parole de l'entreprise interrogé par l'AFP.

«Milliers de dessins et savoir-faire traditionnels piratés»

Les responsables de l'entreprise «doivent reconnaître que le mola qui apparaît sur les baskets vient du peuple Kuna», avait estimé auparavant, lors d'une conférence de presse à Panama City, le cacique Belisario Lopez. Selon lui, cette affaire n'est pas un cas isolé. «Des milliers de dessins et de savoir-faire traditionnels des peuples autochtones sont piratés par les multinationales».

Les Indiens Kuna vivent au Panama et en Colombie, la majorité sur les îles San Blas, sur la côte caribéenne du Panama. «Pour les Kuna, le mola est comme un drapeau. Il y a une réelle identité culturelle qui s'exprime autour du mola. C'est un élément fort de l'identité», a expliqué à l'AFP Monica Martinez, professeur d'anthropologie sociale à l'Université de Barcelone qui étudie le peuple Kuna depuis une vingtaine d'années.

«Il y a des débats au sein de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) et les peuples autochtones exigent que des mesures soient prises. Mais rien n'est fait», déplore-t-elle.

(afo/spi)