Pologne

08 avril 2019 16:09; Act: 08.04.2019 16:54 Print

Des chauffeurs de taxis en colère contre Uber

Le centre de Varsovie a été paralysé, lundi, par des conducteurs mécontents d'une loi jugée favorable au transporteur américain.

storybild

«Mes revenus actuels sont d'un tiers plus bas qu'il y a deux ans» à cause de la concurrence d'Uber, témoigne un chauffeur de taxi de Varsovie. (Photo: Keystone)

Sur ce sujet
Une faute?

Des centaines de taxis en colère ont bloqué lundi le centre de Varsovie pour protester contre un projet de loi qu'ils jugent favorable au transporteur Uber et contre l'appui des États-Unis à ce dernier.

«Mes revenus actuels sont d'un tiers plus bas qu'il y a deux ans», à cause de la concurrence d'Uber, a dit à l'AFP Marek, un taxi de Varsovie, qui a préféré taire son nom de famille.

«Ce que nous demandons, c'est l'égalité: que tous [les transporteurs] soient obligés d'avoir une licence, un taximètre, qu'ils paient les impôts dans le pays où ils travaillent, et les cotisations sociales, qu'ils passent les examens comme nous», a-t-il énuméré.

Les manifestants ont bloqué l'une des principales rues de Varsovie, s'arrêtant devant le bureau du premier ministre, puis devant l'ambassade des États-Unis et enfin devant le Ministère de l'entrepreneuriat et des technologies.

Leurs représentants ont notamment dénoncé une lettre envoyée au gouvernement polonais par l'ambassadrice américaine Georgette Mosbacher, qui aurait fait planer la menace, selon des fuites dans les médias polonais, en cas de difficultés pour Uber, de geler les investissements américains en Pologne.

«Ce que nous demandons, c'est l'égalité»

Venus de toute la Pologne, soufflant de toutes leurs forces dans des cornes de brume et entourés d'un important dispositif policier, ils ont présenté au gouvernement leur trois principales revendications: l'application de la loi actuelle sur les transports, l'abandon du projet de loi qui doit encadrer les activités des intermédiaires tels qu'Uber, et la présentation d'une nouvelle loi protégeant leur statut.

Les animateurs de la manifestation ont lancé des dizaines de billets de banque factices libellés en «uberdollars», avec l'image de l'ambassadrice américaine.

Le porte-parole du Ministère de l'infrastructure, qui a préparé le projet de loi sur les transports, a jugé la protestation des taxis infondée, affirmant que la future législation établirait le même régime pour tous les transporteurs et des conditions égales de concurrence.

Le projet en question, déjà approuvé par le gouvernement, établit notamment qu'une application pour téléphone mobile peut remplacer le taximètre.

(nxp/afp)