Suisse

21 novembre 2019 07:33; Act: 21.11.2019 10:15 Print

Doris Leuthard va rejoindre Stadler Rail

L'ex-conseillère fédérale Doris Leuthard devrait pointer au conseil d'administration du fabricant thurgovien de matériel ferroviaire, si les actionnaires donnent leur accord.

Doris Leuthard et Peter Spuhler vont désormais collaborer.
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Stadler a proposé la candidature de l'ex-conseillère fédérale Doris Leuthard au conseil d'administration du fabricant thurgovien de matériel ferroviaire. Les actionnaires devront se prononcer sur sa nomination lors de l'assemblée générale du 30 avril 2020.

«Grâce à ses compétences en matière de trafic et d'infrastructures et son expérience politique en tant qu'ancienne conseillère fédérale et ministre des transports, [Mme Leuthard] représente un atout important pour le conseil d'administration», a indiqué le président du groupe thurgovien, Peter Spuhler, jeudi dans un communiqué.

Doris Leuthard (PDC) a siégé au conseil fédéral de 2006 à fin 2018. Elle a dirigé de 2006 à 2010 le Département fédéral de l'économie et de 2010 à 2018 le Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC).

L'ex-présidente de la Confédération (en 2010 et 2017) siège également aux conseils d'administration du traiteur industriel Bell et de sa maison-mère, le distributeur bâlois Coop, ainsi que de la centrale de distribution Transgourmet.

Délai de carence

Dans son communiqué, Stadler souligne que la candidature de Doris Leuthard respecte le délai de carence d'un an exigé pour les responsables politiques quittant l'administration fédérale pour le privé.

Le Conseil fédéral avait défini des bases juridiques en 2015 afin d'éviter les conflits d'intérêts entre le monde politique et l'économie privée. «L'introduction d'un délai de carence doit permettre d'éviter dans des cas précis que des collaborateurs assument immédiatement après leur départ de l'administration fédérale des tâches qui ne sont pas compatibles avec leur ancienne fonction», avait alors expliqué le gouvernement.

En septembre dernier, le Conseil des Etats avait toutefois rejeté une initiative parlementaire allant dans ce sens. Le texte visait à empêcher un ancien conseiller fédéral d'accepter, après son départ, des mandats ou des fonctions rémunérés dans des entreprises dont les activités ont un rapport étroit avec les tâches du département qu'il a dirigé.

Pas question non plus de travailler tout de suite pour des sociétés qui reçoivent d'importantes commandes de la Confédération ou qui lui sont proches. Le délai d'attente devrait être «raisonnable».

«Pantouflage»

Le débat autour du «pantouflage» avait été provoqué par l'entrée de l'ancien ministre des infrastructures Moritz Leuenberger au conseil d'administration du numéro un suisse de la construction Implenia, peu après son départ du gouvernement.

Membre du Conseil fédéral jusqu'à la fin 2003, Kaspar Villiger était entré l'année suivante au conseil d'administration de Nestlé. Il avait aussi obtenu des mandats chez Swiss Re et à la «Neue Zürcher Zeitung» (NZZ). En 2009, il avait pris la présidence du conseil d'administration d'UBS.

(nxp/ats)