Suisse - UE

06 septembre 2019 17:43; Act: 06.09.2019 17:57 Print

Economiesuisse veut un accord-cadre rapidement

Selon l'organisation patronale, la Suisse doit s'entendre au plus vite avec l'Union européenne si elle veut conserver sa prospérité économique.

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D'après economiesuisse, la voie bilatérale a largement fait ses preuves. (Photo: Keystone)

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La Suisse doit signer d'urgence l'accord-cadre avec l'Union européenne, car sa prospérité en dépend. Tel est l'avis d'economiesuisse qui a organisé vendredi à Zurich sa Journée annuelle de l'économie en présence du président de la Confédération Ueli Maurer.

Les accords d'accès aux marchés européens existants représentent pour la Suisse un bénéfice économique de 20 à 30 milliards de francs par an, a rappelé le président d'economiesuisse Heinz Karrer. Or, seul l'accord-cadre permet de développer et de garantir une voie bilatérale qui a fait ses preuves, a-t-il souligné. Il faut donc s'entendre rapidement avec l'UE au sujet de l'accord-cadre.

Trop de confort, pas assez de solutions

Notoirement sceptique sur cet accord-cadre, le président de la Confédération Ueli Maurer (UDC) s'est focalisé sur l'immobilisme politique observé ces dernières années en Suisse, bercée, selon lui, par le confort de sa prospérité depuis si longtemps. «Depuis des années, ce pays repousse devant lui des solutions aux grands thèmes dont la prévoyance vieillesse ou les coûts de la santé», a déploré le ministre des finances.

«La montagne de problèmes non résolus devient ainsi de plus en plus grosse. Ils vont nous rattraper. Nous ne pouvons pas vivre éternellement aux frais de nos enfants», met en garde le conseiller fédéral qui se demande même si la Suisse est encore en mesure de réagir à temps.

Dans son discours, Ueli Maurer n'a épargné aucun parti politique: «le monde politique a travaillé peu consciencieusement ces dernières années (...) Nous souffrons tous de ce mal, de gauche à droite». Il a critiqué le manque de consensus autour de bonnes solutions. «Tous partent en courant dans une direction. C'est comme si on décidait spontanément de gravir le Cervin en pyjama!»

Perte de compétitivité

Heinz Karrer a partagé cet avis. Il a déploré l'«immobilisme économique» et les «blocages» de la législature qui se termine, ainsi que l'absence de réformes importantes et de solutions réunissant une majorité. La perte de compétitivité de la Suisse, tombée au 38e rang dans ce domaine dans l'analyse de la Banque mondiale, en est «la conséquence logique».

«On peut bien sûr ignorer ce genre d'études, mais ce ne serait pas intelligent, car elles influencent les décisions des entreprises en matière d'investissements», a prévenu le président de la faîtière des grandes entreprises suisses.

Contre le protectionnisme

Heinz Karrer a aussi critiqué les tentations protectionnistes de la politique suisse. Il a déploré que le Conseil des Etats ait soutenu en juin une motion demandant qu'une autorité fédérale contrôle les rachats d'entreprises suisses par des fonds étrangers. La motion faisait écho aux reprises de sociétés helvétiques par des entreprises chinoises. Protéger l'économie suisse contre des rachats est une erreur, estime economiesuisse. Selon l'organisation, les investissements étrangers sont un facteur central du succès d'une économie ouverte et connectée sur le plan international. La Suisse fait, en outre, partie elle-même des pays réalisant le plus d'investissements directs à l'étranger.

Heinz Karrer a qualifié d'«infondée» la peur que la Chine puisse racheter des entreprises et des infrastructures déterminantes pour la sécurité de la Suisse. La Confédération dispose d'instruments efficaces pour les protéger, a-t-il déclaré. A la place de se montrer protectionniste, la Suisse ferait mieux de mettre en avant son ouverture internationale, garante de sa compétitivité.

Climat: pas d'excès

M. Karrer a aussi évoqué la politique climatique. Il a apporté son soutien à l'objectif de la Conférence de Paris, mais il a rejeté des «restrictions excessives» limitées à la Suisse. Les présidents de l'UDC Albert Rösti, du PLR Petra Gössi, du PDC Gerhard Pfister et le vice-président du PS Beat Jans étaient eux aussi invités à la Journée de l'économie. Ils ont débattu des défis économiques qui attendent la Suisse au cours de la prochaine législature.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Jimmy Erard le 06.09.2019 18:24 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Vendre nos libertés pour de l'argent

    Vendre notre indépendance pour faire du fric et embaucher des personnes à prix très réduits.

  • ATTENDRE le 06.09.2019 18:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    le Brexit

    Il faut surtout arrêter de croire nos politiques, et signer un papier sous la menace, ressemble à un suicide.

  • alain le 06.09.2019 18:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    attendons un peu encore

    ça sert à rien de signer quoi que ce soit avant de voir ce qui se passe avec le brexit

Les derniers commentaires

  • Niolu le 09.09.2019 10:41 Report dénoncer ce commentaire

    Bradage de la Suisse par Economiesuisse

    Je ne vois pas d'inconvénient à ce que des investisseurs étrangers rachètent des entreprises suisses. Mais à condition qu'ils ne puissent posséder que 49% du capital au maximum. La Suisse doit en garder le contrôle.

  • Patgva le 08.09.2019 17:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Inquiétudes

    Je doute fort que c'est accord soit très bénéfique pour la Suisse. Bon je peux (et j'espère) me tromper

    • William le 09.09.2019 10:07 Report dénoncer ce commentaire

      @Patgva

      Idem, il doit y avoir un bémol qui ne passe pas, mais l'économie à peur du vide doù l'empressement.

  • Prosper le 07.09.2019 20:15 Report dénoncer ce commentaire

    Prospérera bien qui prospérera le dernier

    La prospérité de qui? Vous et moi ?

  • oui le 07.09.2019 19:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    oui

    Ça y est, si même l'UDC trahit le peuple, plus rien n'empêchera la Suisse d'adhérer à l'UE... Je sais pas vous, mais à chaque ligne des arguments d'economiesuisse, je lis mensonge, mensonge, mensonge

    • Nana le 07.09.2019 20:33 Report dénoncer ce commentaire

      Le problème c'est pas gauche-droite

      vous avez raison dans le sens "mensonge, mensonge, mensonge", mais faut arrêter de prendre l'UDC comme sauveur de notre patrie. Il s'agit d'un parti d'extrême droite à la botte de l'économie, lequel se sert de tous ces problèmes mondiaux pour gagner des voix lors de votations, bien qu'il n'aient rien fait de concret. Bref, encore pire que les socialistes, gauche caviar issue des HES, naïve n'ayant jamais travaillé dans un restaurant ou dans la vente 12h par jour, genre bisounours qui pensent qu'on peut accueillir le reste de la planète dans la petite Suisse (au détriment des Suisses).

  • Nana le 07.09.2019 14:25 Report dénoncer ce commentaire

    Taux EUR/CHF, ou le pouvoir de l'argent

    L'UE est une Europe économique, pas sociale. Elle tend à l'esclavagisme des travailleurs des basses classes pour le profit des grands lobbies. Mais pouvons-nous résister en marge de cet énorme marché censé faire le poids face à la Chine, aux USA, etc.? Aucune idée. Mais le problème des frontaliers est bien plus complexe. Si les travailleurs suisses en ont marre et essayent de se protéger, ce nest pas par xénophobie, mais parce quil y a un réel problème de société. Techniquement, il sagit dun problème de valeur monétaire du CHF. En fait, le pouvoir d'achat de la classe moyenne suisse est presque le même en Allemagne, au Luxembourg ou en France (un exemple avait même été fait par la RTS il y a plus de 10 ans: au final, une fois toutes les factures payées, une infirmière de Lyon avait même 50CHF de plus en fin de mois quune infirmière de Genève!). Mais tant qu'un salaire suisse (même bradé) représentera environ 2-3 salaires européens EN RAISON DU TAUX DE CHANGE CHF/EUR, et bien les frontaliers afflueront et seront prêts à faire de 2 à 4h de trajets par jour. Et l'Euro est actuellement en train de dégringoler face au CHF, lequel se renforce comme monnaie refuge en raison de lincertitude économique et politique mondiale. Depuis quelques mois, c'est donc encore plus intéressant pour un frontalier, même avec un salaire d'à peine 4000CHF (voire moins), de le convertir en Euro. Ce qui va encore renforcer la tendance à la baisse des salaires en Suisse, pour le bonheur des grandes entreprises qui en profitent (ce nest le cas de beaucoup de petits indépendants). Mais comment niveler ces différences monétaires entre la Suisse et ses voisins européens, afin quelle soit moins attractive pour les frontaliers? Cest quasiment impossible, car il faudrait dévaluer le CHF au moins de moitié sur les marchés financiers, boursiers, etc. Preuve que nous sommes dirigés par largent, lequel est pourtant quelque chose de virtuel. Un bout de papier ou un chiffre dans une base de données informatique ne coûte pas grand-chose. Mais il ne faut surtout pas sortir la planche à billets pour aider les pauvres à arrondir les fins de mois! Ça causerait de linflation et ne serait pas lintérêt de la finance. Et ça cest un problème mondial. Bref, les pauvres toujours plus pauvres, et les riches toujours plus riches. Mais attention au prochain crash boursier. Beaucoup de spécialistes le sentent venir prochainement. Ce qui confirme quil faudrait un peu attendre avant de prendre des décisions à la hâte avec lUE.

    • Pavel Krontsisky le 07.09.2019 15:44 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Nana

      Parlez pour vous ! Sans ma Erasmus et un cumul de bourses de mon pays, beaucoup subventionné de l'UE, je aurais jamais pu à faire des telles études et apprendre avec autant de temps libre plusieurs langues. Sinon pas possible non plus de avoir mon poste de créatif dans le publicité pour 6 fois salaire minimal de mon pays. Merci la UE de offrir du rêve à les gens comme moi.

    • Rector le 07.09.2019 18:36 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Pavel Krontsisky

      Au frais de la princesse (nous les travailleurs), beuveries et j,en passe ,,,