Venezuela

05 décembre 2016 22:42; Act: 05.12.2016 22:47 Print

Fini, le gros billet qui vaut un bonbon

La Banque centrale du Venezuela va émettre des coupures de 500 et 5000 bolivars, a annoncé vendredi le président Nicolas Maduro. Car actuellement, la valeur de la plus grosse coupure s’élève à 100 bolivars, ce qui permet juste de s’acheter un... bonbon.

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Face au manque de liquidités et à l'inflation galopante, la banque centrale du Venezuela (BCV) va émettre des coupures de 500 et 5000 bolivars, a annoncé vendredi le président Nicolas Maduro.
Dans une allocution télévisée, Nicolas Maduro a ajouté que ces nouveaux billets seraient prochainement mis en circulation. Actuellement, les coupures de plus grande valeur s'élèvent à 100 bolivars, ce qui permet juste de s'acheter un bonbon.

Une inflation de 1660%

Depuis une semaine, les Vénézuéliens sont confrontés à un sévère manque de liquidités, ce qui génère de longues files d'attente devant les banques et les guichets automatiques. Ce phénomène coïncide avec une chute du bolivar -qui a connu au cours des trois derniers mois une dévaluation de 75% par rapport au dollar- et une inflation devenue incontrôlable. Elle devrait atteindre 475% cette année selon le FMI, puis exploser à 1660% en 2017.

Le Venezuela vit l'une des pires crises économiques de son histoire, asphyxié par la chute des cours du brut, source de 96% de ses devises. Selon le président, cette pénurie de billets est due à une «opération menée depuis (la ville colombienne) de Cucuta par la droite fasciste alliée aux mafias colombiennes, afin de laisser le pays sans argent».

«Attaque»

Nicolas Maduro a également affirmé vendredi que le Venezuela avait subi une «attaque» de son système de paiement électronique, afin de générer le chaos et de la violence dans les rues. Vendredi, plusieurs commerces de Caracas étaient effectivement bondés, victimes de cet arrêt du système de paiement. La société Credicard, qui selon Nicolas Maduro gère 50% de ces opérations, a attribué ces problèmes à une panne informatique.

Pour Henkel García, consultant en économie, le manque d'argent est lié au fait que le gouvernement n'a pas réussi à maintenir le rythme d'émission des billets, en raison d'une inflation plus forte qu'en 2015 (180,9%). «Pour acheter quelque chose qui valait 100 bolivars en 2008, il faut aujourd'hui 10'000 bolivars», selon M. Garcia.

(20 minutes/afp)