Crise de la dette

16 décembre 2011 12:46; Act: 16.12.2011 12:53 Print

Fitch baisse la note du Credit Suisse

L'agence de notation financière américaine Fitch abaisse la note de sept grandes banques mondiales, dont Credit Suisse.

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Fitch a abaissé de deux crans la note à long terme de Credit Suisse et Barclays, qui passe de AA- à A. L'agence a réduit d'un cran la note de Bank of America, Deutsche Bank, Citigroup et de Goldman Sachs Group, qui se voient toutes désormais notées «A», ainsi que celle de BNP Paribas ramenée de AA- à A avec perspective stable.

Fitch a réaffirmé la note long terme de Société générale à A avec perspective stable. Sa note terme A est en outre maintenue sur UBS, JPMorgan Chase, Morgan Stanley.

Difficultés des marchés

«Les actions prises sont motivées par l'opinion de Fitch selon laquelle les modèles d'affaires des banques de courtage et universelles sont particulièrement sensibles aux difficultés accrues des marchés financiers», explique l'agence. «Ces difficultés résultent à la fois des développements économiques et d'une myriade de changements réglementaires.»

«Aussi bien gérés soient-ils, les aspects structurels de leur financement, de leurs bénéfices et de leur endettement prédisposent (ces établissements) à être vulnérables aux sentiments et à la confiance du marché, surtout durant les périodes de tension financière exogène», note Fitch. Ce dernier dit avoir tenu compte des mesures prises pour renforcer les capitaux et liquidités.

«Avec le temps, les conditions du marché vont probablement s'améliorer, mais Fitch prévoit que la volatilité reste au-dessus de la moyenne passée et que la croissance économique dans les pays développés restera modérée pour une longue période», commente l'agence.

Les changements réglementaires ont l'avantage de renforcer les niveaux de capitalisation et de limiter la prise de risque, mais ils ont aussi l'inconvénient de «limiter les potentiels de bénéfices et d'accroître les coûts», selon Fitch.

Fitch juge donc que les grandes banques vont donc devoir remodeler leur modèle de fonctionnement dans les deux ans à venir. Pour autant, elle souligne que ces très grandes banques sont «bien mieux placées pour faire face aux difficiles conditions du marché aujourd'hui qu'en 2008».

Les dégradations s'enchaînent

Les participants au marché ne sont pas surpris de l'intervention de Fitch, et certains estiment que l'impact sur le titre sera peu important. Vendredi vers 10h40 à la Bourse suisse, l'action reculait de 1,28% dans un marché plus ou moins à l'équilibre.

Pour la Banque cantonale de Lucerne, Fitch a tiré tous azimuts sur les grands de la branche. Mais la pression devrait plutôt venir de la Banque nationale suisse (BNS), qui a déclaré jeudi qu'à l'avenir les grandes banques vont devoir garder leurs bénéfices pour améliorer encore leurs fonds propres.

La décision de Fitch fait suite aux abaissements par Standard & Poor's de grandes banques américaines, y compris Bank of America, Goldman Sachs et Morgan Stanley, fin novembre. Standard and Poor's avait également baissé les notes de JPMorgan Chase, Citigroup et Wells Fargo, non mentionnées par Fitch.

UBS (A contre A ) et la britannique Barclays (A contre A auparavant) avaient aussi vu leur note dégradée, en application d'une nouvelle méthodologie donnant une plus grande importance à l'environnement macroéconomique.

En octobre, Fitch avait abaissé la note d'UBS d'un cran, de «A » à «A». Elle invoquait un «soutien décroissant de l'Etat», estimant qu'il n'y avait plus de raison pour que ce soutien soit perçu comme plus fort que pour son grand concurrent national, Credit Suisse, qui était alors noté «AA-«.

(ats)